Stephane Rang: Administrateur

Nombre de messages: 51 Date d'inscription: 18/05/2005
 | Sujet: Hougoumont : les témoignages Lun 6 Fév 2006 - 16:37 | |
| Le plan de Napoléon nous est parvenu grâce à l'ordre de 11h00, le 18 juin qui fût envoyé à tous les commandant de corps. Le voici : | Citation: | "A CHAQUE COMMANDANT DE CORPS D'ARMÉE, 18 juin 1815, onze heures du matin. Une fois que toute l'armée sera rangée en bataille, à peu près à une heure après midi, au moment où l'Empereur en donnera l'ordre au maréchal Ney , l'attaque commencera pour s'emparer du village de Mont-Saint-Jean , où est l'intersection des routes, A cet effet, la batterie de 12 du 2e corps et celle du 6e se réuniront à celle du 1er corps. Ces vingt-quatre bouches à feu tireront sur les troupes de Mont-Saint-Jean , et le comte d'Erlon commencera l'attaque , en portant en avant sa division de gauche et la soutenant, suivant les circonstances , par les divisions du 1e, corps, Le 2e corps s'avancera à mesure pour garder la hauteur du comte d'Erlon Les compagnies de sapeurs du 1er corps seront prêtes pour se barricader sur-le-champ à Mont-Saint-Jean." |
Le chef de Bataillon Jolyet qui commandait le 1er bataillon du 1er régiment léger raconte ce qu'il a vu.
| Citation: | "Vers 11h00, notre régiment se remit en marche et arriva sur un grand plateau, à gauche, où il y avait déjà une grande quantité de troupes toutes en colonne. (...) A peine arrivé sur le plateau, nous eûmes l'ordre de nous porter en avant et de nous déployer à gauche de la 5ème division (1ère division de notre corps). Avant d'arriver sur le terrain, ma compagnie de voltiguers fut envoyée pour fouiller le petit bois d'Hougoumont sur lequel s'appuyait la gauche de l'armée. Je déployai le reste de mon bataillon à gauche du 69ème(?) qui formait la gauche de la 5ème division.(...) Après divers mouvements, je fus envoyé vers 1 heure après-midi pour soutenir les tirailleurs du bois d'Hougoumont. Au débouché du bois il y avait une maison que les Anglais avaient crénelée. Plusieurs fois nos tirailleurs, malgré l'ordre qu'ils avaient de se borner à empêcher l'ennemi de déboucher sur notre gauche, voulurent emporter cette maison qui les gênait. Chaque fois ils étaient repoussés et rétrogradaient en deçà du bois; alors je m'efforcais de les soutenir et de les ramener à leur place: car j'avais été bien prévenu que c'était sur nous que devait pivoter l'armée et par conséquent qu'il fallait à tout prix conserver notre position" |
Le capitaine Robinaux du 2ème de ligne (2ème brigade de la division Jérôme) donne sa version des faits :
| Citation: | "Le corps dont je faisais partie (le 2ème) se dirigea sur la ferme d'Hougoumont, crénelée et défendue par les Anglais ; elle est située sur une petite hauteur qui domine la plaine sur tous les points, et au pied de cette ferme il y a un grand bois de taillis assez mal plantés, au-dessous duquel nous étions en colonne serrée ; nous formions l'extrême gauche de l'armée. Le comte Reille, qui commandait en chef le 2ème corps, vint nous donner l'ordre d'enlever la position occupée par les Anglais et de prendre la ferme pour point d'appui et de nous maintenir dans cette position pendant la bataille, sans perdre ni gagner du terrain. Aussitôt la charge fut ordonnée et nous montâmes en masse, la baïonnette croisée sur l'ennemi, qui fit une ferme résistance. Le combat fut opiniâtre de part et d'autre et la fusillade la plus meurtrière se poursuivit avec une égale ardeur ; une demi-heure suffit aux français pour enlever cette position formidable ; si nous eussions fait un grand nombre de prisonniers, tandis que sur le centre et la droite de l'armée la canonnade la plus vive et la fusillade la mieux soutenue se faisaient entendre ; nous tenions toujours ferme cette position importante." |
Bourdon de Vatry, aide de camp de Jérôme raconte ceci :
| Citation: | | "La bataille de Waterloo commença le 18 vers 11h00 du matin. Les premiers coups de feu furent tirés par la division Jérôme, sur la gauche, à la ferme de Hougoumont. Nos fantassins se déployèrent bravement en tirailleurs. Vers midi, le bois d'Hougoumont fut pris, repris et finit par rester aux soldats du prince. (...)Vers 4 heures du soir, le général Drouot vint dire au prince Jérôme, de la part de l'Empereur, qu'il fallait à tout prix tenir à Hougoumont, afin de faciliter un mouvement décisif que Ney allait tenter sur le centre de l'ennemi, mouvement qui est blâmé dans la relation de Sainte Hélène." |
Une lettre, hélas annonyme mais parue à la fin du mois de juin 1815 dans le journal de Rouen raconte ceci sur les combats de Hougoumont:
| Citation: | | "Le chef de l'année française avait ordonné au général Guilleminot, commandant son extrême gauche, de s'appuyer à un petit bois en avant de la forêt de Soignes : lorsque nous fîmes fouiller ce bois par les tirailleurs, on découvrit bientôt que 25 bataillons anglais, avec 6000 chevaux et 80 pièces de canon étaient cachés derrière le rideau que formaient les bois et les collines ; cette force débordait notre gauche, et pouvait à chaque moment l'envelopper. Malgré toute la prudence qu'on mit à exécuter cette disposition, le corps formant notre extrême gauche ne put éviter son sort, et se vit sur la fin de la journée enveloppé ou dispersé par les forces infiniment supérieures qui l'écrasèrent et qui ne cessèrent toute la nuit d'en poursuivre les débris." |
Stéphane |
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