La Belgique et le 1er Empire


 
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 Le carrefour des Quatre-Bras : objectif prioritaire ?

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Stephane
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MessageSujet: Le carrefour des Quatre-Bras : objectif prioritaire ?   Jeu 1 Sep 2005 - 2:11

Bonjour

D'après vous, le carrefour des Quatre-bras était-il un objectif prioritaire pour Napoléon au début de la campagne ?

Dans ses mémoires Napoléon reproche au Maréchal Ney de ne pas s'être emparé de la position plus tôt. Mais qu'en était-il exactement au début des hostilités.

Merci

Stéphane
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Frédéric
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MessageSujet: Re: Le carrefour des Quatre-Bras : objectif prioritaire ?   Jeu 1 Sep 2005 - 2:24

La question a déjà fait couler beaucoup d'encre et ne sera probablement jamais tranchée.

Une chose semble sure : Aucun ordre écrit le 15 juin 1815 ne mentionne les Quatre-Bras.

Néanmoins, étant donné que l'objectif de Napoléon pour cette campagne est d'atteindre Bruxelles et, étant donné qu'il fait d'abord effectué par son aile droite et son centre un crochet par Sombreffe, le carrefour des Quatre-Bras est un point de passage obligé pour ses troupes et devient donc un point stratégique de première importance.
Mais il semble bien que cette importance n'ait été révélée à Ney que le 16 au matin.
Et encore, personne ne pensait que les Alliés tiendraient la position.

Cordialement

Frédéric
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NapoleonFigurines
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MessageSujet: Re: Le carrefour des Quatre-Bras : objectif prioritaire ?   Sam 3 Sep 2005 - 3:55

Bonjour,

C'est vrai que cet objectif n'est pas signalé dans les divers ordres écrits ou peut-être qu'on ne l'a pas retrouvé tout simplement ou peut-être encore était-il que verbal. Mais une chose est sur comme vous le signalé à juste titre Frédéric, le carrefour des Quatre-Bras est un point de passage obligé pour l'armée Française.

Il est par conséquent un point stratégique de première importance, permettant d'empécher la liaison entre les Anglais et les prussiens. Tactiquement, il permettait aussi de s'ouvrir la route de Bruxelles et l'axe d'infiltation entre les deux armées adverses.

A mon humble avis, le maréchal Ney n'a pas fait preuve de toute la célérité qu'il fallait face à cet objectif de haute importance. Soit il ne l'a pas perçu et la, il s'agit d'une faute militaire grave. soit il n'a pas pu le prendre à temps.

Par contre, je pencherai plus pour la première solution, qu'en pensez-vous ?
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Corso
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MessageSujet: Re: Le carrefour des Quatre-Bras : objectif prioritaire ?   Sam 3 Sep 2005 - 6:17

Very Happy
Bonsoir,
C'est vrai cher Napfig,
que tout au long de cette campagne, Ney fera montre soit de beaucoup d'insouciance, soit d'un trop plein de confiance.
Etonnant paradoxe pour ce fougueux militaire.
Pourtant, ce n'était pas le premier combat que l'armée française livrait dans la région. L'objectif étant Bruxelles, c'était effectivement le point de passage obligé.

Corso
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Stephane
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MessageSujet: Re: Le carrefour des Quatre-Bras : objectif prioritaire ?   Sam 3 Sep 2005 - 7:48

Bonsoir

Citation :
A mon humble avis, le maréchal Ney n'a pas fait preuve de toute la célérité qu'il fallait face à cet objectif de haute importance. Soit il ne l'a pas perçu et la, il s'agit d'une faute militaire grave. soit il n'a pas pu le prendre à temps.

Effectivement, on est surpris après coup que Ney n'est pas été plus rapide. N'a-t-il pas suivi les ordres trop à la lettre :

Citation :
"Gosselies, 15 juin 1815, 11heures.
Monsieur le Maréchal,

J'ai l'honneur de rendre compte à Votre Excellence que, conformément aux ordres de l'Empereur, je me suis rendu cet après-midi sur gosselies pour en déloger l'ennemi avec la cavalerie du général Piré et l'infanterie du général Bachelu. La résistance de l'ennemi a été peu opiniâtre; on a échangé de part et d'autre 25 à 30 coups de canon; il s'est replié par Heppignies sur Fleurus.
Nous avons fait 5 à 6.000 prisonniers de Corps du général Ziethen.
Voici l'emplacement des troupes : Le général Lefèbvre-Desnoëttes avec les lanciers et les chasserus de la Garde, à Frasnes. Le général Bachelu, avec la 5ème division, à Mellet. Le général Foy, avec la 9ème division, à Gosselies. La cavalerie légère du général Piré, à Heppignies.
Je ne sais où se trouve le général en chef Reille. Le général comte d'Erlon me mande q'il est est à Jumet avec la plus grande partie de son Corps d'armée; je viens de lui transmettre les dispositions prescrites par la lettre de Votre Excellence en date de ce jour.
Je joins à ma lettre un rapport du général Lefèbvre-Desnoëttes.
Agréez..."

Après il y a cet entretien entre Ney et Napoléon la nuit du 15 au 16, mais rien n'a filtré hélas Shit

En tout cas le 16 au matin, le corps du maréchal Ney ne semble pas prêt de bouger...... Napoléon lui aurait-il signifier d'attendre ses ordres avec d'enclencher un quelconque mouvement ? Mais cela reste de la spéculation.

Stéphane
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MessageSujet: Re: Le carrefour des Quatre-Bras : objectif prioritaire ?   Sam 3 Sep 2005 - 10:01

Bonsoir,

Il était logique que les troupes du Maréchal Ney marche de concert avec celle de Napoléon disons à la même hauteur. L'Empereur aurait du s'apercevoir au vu des comptes rendus que Ney, progressait trop lentement et qu'il ne maitrisait pas cette position clef. Car si on se réfère au plan de napoléon, le premier corps devait déboucher bien contre les Prussiens. Afin que ce dernier progresse sans être inquièté sur son flanc gauche, il était impératif que Ney devait tenir les 4 bras.

Donc l'Empereur à commis une négligence grave en ne donnant pas des directives allant dans ce sens. C'est peut-être aussi la raison qui explique que le 1er Corps s'est épuisé en marches et contre-marches entre les deux ailes, sans finalement être utilisé par l'une ou par l'autre.
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Frédéric
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MessageSujet: Re: Le carrefour des Quatre-Bras : objectif prioritaire ?   Dim 4 Sep 2005 - 22:39

Citation :
Il était logique que les troupes du Maréchal Ney marche de concert avec celle de Napoléon disons à la même hauteur. L'Empereur aurait du s'apercevoir au vu des comptes rendus que Ney, progressait trop lentement et qu'il ne maitrisait pas cette position clef. Car si on se réfère au plan de napoléon, le premier corps devait déboucher bien contre les Prussiens. Afin que ce dernier progresse sans être inquièté sur son flanc gauche, il était impératif que Ney devait tenir les 4 bras
Je crois qu'il faut avant tout bien s'entendre sur ce dont nous parlons.
Ce que vous dites est en partie vrai pour le 16.
Mais il ne faut pas oublier que la problèmatique du carrefour telle que nous la connaissons s'étale sur deux jours.
Le 15, Ney rencontre Napoléon et reçoit des instructions. Lesquelles? C'est tout le sujet du débat.
A mon avis le rapport de Ney que Stéphane cite montre clairement que les seules instructions de Ney pour le 15 étaient de se diriger sur Gosselies et d'en déloger l'ennemi qui s'y trouvait. Ensuite de le suivre dans sa direction de retraite et, probablement, de s'éclairer dans les autres directions.
Il ne faut pas oublier que le rapport de Ney est écrit à "chaud" alors que l'on ne connait pas encore la suite des événements et que l'on ne sait pas qu'elle pourra être l'importance de ce careffour le jour d'après. C'est le rapport d'un militaire qui rend compte de sa mission à son supérieur.
Il se doit d'être le plus exact possible et n'a pas intérêt à raconter des sornettes sur les ordres qu'il a reçu ou non, puisque c'est facilement vérifiable par le supérieur qui les lui a, lui même, donnés.
Voici donc ce qui me fait penser que Ney n'a pas reçu l'ordre de s'emparer des Quatre-Bras mais, tout au plus, d'y envoyer une reconnaissance.

Pour le 16, il reçoit des ordres écrits très clairs et très précis de se positionner autours de Quatre-Bras et d'envoyer des divisions en avant pour s'éclairer.
Ces ordres, celui de Soult et de Napoléon, doivent probablement arriver à peu près simultanément. Soit vers 11h00.
A 13h00, les Hollandais commencent à constater des mouvements d'infanterie à la sortie de Frasnes en direction des Quatre-bras. Et vers 14h00 le combat commence réellement.

Soit en deux heures, Ney a lu les ordres, a du les comprendre, situer les localités dont on lui parle sur une carte, prendre ses propres dispositions, dicter son ordre à Heymes (en plusieurs exemplaires?) et le faire porter au différentes unités.
Celles ci se sont mise en route et sont arrivées à Frasnes. Si l'on tient compte des distances, de la vitesse de déplacment d'un messager et d'une division d'infanterie, on se rend compte qu'il n'y eut pas de temps de perdu.
Plusieurs éléments ce jour là nous montrent le Maréchal Ney plutôt impatient d'agir et pas vraiment effrayé par ce qu'il a devant lui.
Tout au plus Flahaut lui reproche t'il de ne pas avoir suffisament organisé son attaque.

On ne peut donc pas reprocher à Ney d'avoir progressé trop lentement. Par contre, il s'est trouvé confronté à un ennemi plus important que prévu et surtout qu'i n'a cessé de croitre en force alros que lui même se voyait dépouillé des troupes sur lesquelles il avait compté au début de la journée.

Cordialment

Frédéric
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Grouchy
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MessageSujet: Re: Le carrefour des Quatre-Bras : objectif prioritaire ?   Lun 5 Sep 2005 - 23:02

Bonjour,

J'ai largement dépassé le délai indiqué dans ma signature avant d'intervenir sur ce sujet. N'étant pas un grand connaisseur des détails de l'histoire militaire, j'ai hésité avant d'intervenir. Je ne peux toutefois m'empêcher de poser les bêtes questions suivantes :

A part pour essayer d'exonérer à toutes forces Napoléon d'une erreur stratégique qui semble grave a posteriori, quelles raisons sérieuses existe-t-il de penser qu'un ordre de cette importance aurait pu être donné sans être consigné par écrit ? Existe-t-il d'autres exemples d'ordres importants donnés de cette manière sans que l'on conserve une trace attestant de leur réalité ?

Grouchy.
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Frédéric
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MessageSujet: Re: Le carrefour des Quatre-Bras : objectif prioritaire ?   Lun 5 Sep 2005 - 23:41

Ce n'est pas tant le fait d'avoir "négligé" l'occupation du carrefour des Quatre Bras qui passe pour une erreur stratégique mais plutôt le fait d'avoir sousestimé la faculté des Alliés de se concentrer rapidement à une place relativement raprochée du point d'irruption des Français.

Au matin du 16, Napoléon imagine les Prussiens et les Anglo-Hollandais en retraite sur leurs bases et ne croit pas trop à une bataille de grande ampleur pour la journée.
Il semble persuadé que son plan initial a réussi et que les alliés sont surpris par son attaque et obligés de battre en retraite pour pouvoir tenter de se concentrer plus en arrière et loin du danger représenté par l'armée française.

En ce sens, il se trompe lourdement et ne s'en rendra compte qu'au fur et à mesure de la journée.

Si l'on se fie à ses lettres envoyées à Grouchy et Ney, dans son esprit, la rencontre avec les Prussiens est très hypothètique et leur forces ne devraient pas excéder 40.000 hommes. L'occupation des Quatre-Bras ne devrait pas présenter plus de problèmes.

Si l'on avait été un peu plus au courant de la situation réelle à l'Etat Major français, il est probable que les ordres auraient été très différents. Mais ça nous ne le saurons jamais.

Dans ses dictées de Sainte Hélène, Napoléon a prétendu avoir attiré l'armée prussienne dans un piège et que les événements du 16 étaient la conséquence d'un plan bien établi.
Les ordres dictés au cours de ces journées donnent à penser le contraire.

Cordialement

Frédéric
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Stephane
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MessageSujet: Re: Le carrefour des Quatre-Bras : objectif prioritaire ?   Mar 6 Sep 2005 - 19:02

Bonjour et bienvenu à vous Grouchy

Concernant l'ordre de la prise des Quatre-Bras, il est surprenant de voir que dans ceux envoyés par Soult et Napoléon à Ney le matin du 16 (vers 8 heures) il n'y ait aucune tournure de style mentionnant la ré-itération d'un ordre donné auparavant.

Citation :
Soult à Ney (un peu avant 8h) :

"Charleroi, le 16 juin 1815,

Monsieur le Maréchal, l'Empereur ordonne que vous mettiez en marche le 1er et 2ème corps d'armée, ainsi que le 3ème corps de cavalerie qui a été mis à votre disposition pour les diriger sur l'intersection des chemins di les Trois-Bras (route de Bruxelles), où vous leur ferez prendre position. Et vous porterez en même temps des reconnaissances aussi en avant que possible sur la route de Bruxelles et sur Nivelles, d'où probablement l'ennemi s'est retiré.
...

Citation :
Napoléon à Ney (porté par Flahaut vers 8 heures) :
...
Je vous appuierai avec la Garde qui sera à Fleurus, ou à Sombreffe, et je désirerai arriver à Bruxelles demain matin. Vous vous mettriez en marche ce soir même, si je prends mon parti d’assez bonne heure pour que vous puissiez en être informé de jour, pour faire ce soir trois ou quatre lieues et être demain, à 7 heures du matin à Bruxelles. Vous pouvez donc disposer vos troupes de la manière suivante : une division à deux lieues en avant de Quatre-Bras, s’il n’y a pas d’inconvénient ; six divisions autour des Quatre-Bras et une division à Marbais, afin que je puisse l’attirer à moi, à Sombreffe, si j’en avais besoin. Elle ne retarderait d’ailleurs pas votre marche ; le corps du comte de Valmy, qui a 3000 Cuirassiers d’élite, à l’intersection de la chaussée romaine et du chemin de Bruxelles, afin que je puisse l’attirer à moi, si j’en ai besoin. Aussitôt que mon parti sera pris, vous lui enverrez l’ordre de venir vous rejoindre.
...

Stéphane
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Grouchy
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MessageSujet: Re: Le carrefour des Quatre-Bras : objectif prioritaire ?   Mar 6 Sep 2005 - 20:23

Stephane a écrit:
Concernant l'ordre de la prise des Quatre-Bras, il est surprenant de voir que dans ceux envoyés par Soult et Napoléon à Ney le matin du 16 (vers 8 heures) il n'y ait aucune tournure de style mentionnant la ré-itération d'un ordre donné auparavant.
Il paraît donc logique de conclure que cet ordre n'avait jamais été donné auparavant.
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MessageSujet: Re: Le carrefour des Quatre-Bras : objectif prioritaire ?   Mar 6 Sep 2005 - 20:25

Votre constat est tout à fait pertinent mon cher Stéphane.

De plus le Duc d'Elchingen, fils du maréchal Ney, dans une lettre écrite à Jomini, lui faisait remarqué qu'il était bien étrange que l'on précise dans la lettre Soult de quel carrefour on parlait s'il en avait déjà été fait mention le veille.
Citation :
pour les diriger sur l'intersection des chemins di les Trois-Bras (route de Bruxelles),


Pourquoi, si le Maréchal Ney avait réellement annoncé bien connaitre ce carrefour, Soult croit il nécessaire de préciser que le carrefour en question se trouve sur la route de Bruxelles?
C'est donc qu'il pouvait y avoir confusion sur la direction que Ney allait prendre.

Cordialement

Frédéric
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Frédéric
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MessageSujet: Re: Le carrefour des Quatre-Bras : objectif prioritaire ?   Mar 6 Sep 2005 - 20:26

Grouchy a écrit:
Il paraît donc logique de conclure que cet ordre n'avait jamais été donné auparavant.

Bin oui Very Happy

Cordialement

Frédéric
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Stephane
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MessageSujet: Re: Le carrefour des Quatre-Bras : objectif prioritaire ?   Mar 6 Sep 2005 - 20:46

Bonjour

Voici un extrait d'une étude militaire du commandant Bourguet, parue dans le Moniteur Militaire en 1903.

Citation :
Le 15 juin 1815, l’armée française entre en Belgique en suivant le couloir qui conduit de Marchienne à Charleroi et s’avance sur la ligne de soudure des zones de cantonnement des deux armées ennemies. Napoléon a l’intention, non de continuer à s’engager plus avant dans cet étau, mais de frapper si possible, sans retard, l’armée prussienne, qu’il sait à la fois mieux concentrée et plus dangereuse.

De tout le jour, on n’a pas vu un seul Anglais. Les avant-postes prussiens se sont repliés sans grande résistance vers le Nord-Est, découvrant la route de Bruxelles. Napoléon en conclut que les Alliés, surpris, se retirent par des lignes de retraite divergentes sur Bruxelles, sur Liège ou sur Namur; ce qui lui permettra de les battre sans peine, isolément.

Mais il faut, avant tout, rendre leur séparation définitive. En conséquence, le 16 juin, aux premières heures du jour, à Charleroi, Napoléon ordonne à Ney de prendre, avec l’aile gauche, une position d’attente, au-delà des Quatre-Bras; et à Grouchy de se porter avec l’aile droite sur Sombreffe et Gembloux. Napoléon appuiera l’aile droite avec ses réserves et interviendra dans une bataille contre l’armée prussienne si celle-ci fait front. Dans le cas contraire, il rejoindra Ney et marchera alors rapidement sur Bruxelles.

Source : http://gustave.club.fr/prelude_waterloo.htm

On voit aussi ici décrit l'attitude de Napoléon qui croyant que les alliés se replient donne des ordres que le 16 au matin à Ney et Grouchy

Stéphane
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Frédéric
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MessageSujet: Re: Le carrefour des Quatre-Bras : objectif prioritaire ?   Mar 6 Sep 2005 - 21:54

A mon avis le Commandant Bourguet se trompe sur les intentions de Napoléon lorsqu'il dit :
Citation :
Napoléon a l’intention, non de continuer à s’engager plus avant dans cet étau, mais de frapper si possible, sans retard, l’armée prussienne, qu’il sait à la fois mieux concentrée et plus dangereuse.

Ses ordres à Ney et Grouchy ne montrent en aucun cas que Napoléon croit l'armée prussienne mieux concentrée et plus dangereuse.

Napoléon a l'intention de faire mouvement sur Sombreffe et de pousser jusque Gembloux. Il attaquera les Prussiens S'IL LES RENCONTRE et ne crois avoir en face de lui que 40.000 Prussiens.
En fait, rien n'est précisé sur ce que devra faire l'aile droite de l'armée française si les Prussiens se replient.
Mais quoi qu'il en soit de ce côté, Napoléon semble déterminé à effecuter sa marche sur Bruxelles. Et là aussi, il ne s'attend qu'à provoquer des "incidents" plutôt qu'une bataille de grande ampleur.

Il me semble que le mouvement de l'aile droite vers Sombreffe est un mouvement préparatoire à celui de l'aile gauche sur Namur. Napoléon sécurise son flanc droit et le protège d'une retour éventuel de Prussiens de ce côté pour pouvoir effectuer en toute sécurité sa marche vers Bruxelles, qui semble êtrele veritable objectif de la campagne de Belgique.
Napoléon semble attendre un gors résultat politique de la prise de Bruxelles.
Dans une de ses lettres, Wellington lui même estimait que la prise de Bruxelles pouvait se révéler très avantageux pour Napoléon.

Cordialement

Frédéric
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rodolphe
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MessageSujet: le carrefour des Quatre-Bras : objectif prioritaire ?   Sam 18 Mar 2006 - 3:00

BONJOUR à tous,

Si ma modeste contribution à ce forum peut êre utile, je vous transmets mes points de vue sur ce chapitre de la campagne:

Est-il bon de rappeler que les premières instructions « écrites » prescrivant l’occupation des Quatre-Bras datent du 16 juin dans la matinée ( ordres de Soult à Ney et plus directement par celui de Napoléon ; ceux-ci savent que Ney n’occupe pas les Quatre-Bras : une simple reconnaissance a été poussée sur les Quatre-Bras  le RAPPORT de Lefebvre ( envoyé expressément vers la route de Bruxelles en renfort du 1er hussards de Clary lancé en pointe dans la direction de Gosselies ) l’atteste et devrait suffire à s’en convaincre. La veille, très tard dans la soirée, Ney a écrit à Soult ( et donc à Napoléon ) pour rendre compte qu’il s’est bien porté sur Gosselies et qu’il occupe ce point conformément aux ordres reçus ; Reille en avait aussi auparavant reçu l’ordre direct de Napoléon avant l’arrivée de Ney ; Napoléon dirigeait toutes les opérations autant celles sur la route de Bruxelles que celles sur la route de Fleurus et, s’il avait cru crucial, ou plus simplement nécessaire, de s’emparer des Quatre-Bras en force ( comme il l’a fait pour Gosselies ), Reille et Ney n’auraient pas manqué de le lui indiquer et de lui expliquer pourquoi ils n’avaient pas occupé cette position supposée « stratégique » dans leurs rapports : le premier n’en parle pas ni n’évoque un quelconque empêchement de la part de Ney ; le second n’évoque aucune impossibilité et parle même d’une faible résistance sur Gosselies ce qui ne pouvait l’empêcher, s’il en avait reçu l’ordre formel et exprès de Napoléon, de pousser aussi loin qu’il aurait pu sur la route de Bruxelles ( poussant des patrouilles jusque sur Thyle et Sart-Dame-Avelines : page 405 du livre La Campagne de 1815 aux Pays-Bas ); pas plus que Reille et NEY, Lefebvre, cependant sous les ordres directs de Napoléon, ne croit guère utile d’écrire directement à Napoléon du résultat de la reconnaissance d’une fraction de sa cavalerie poussée sur Frasnes ( dont il n’a pu s’emparer seul ) avec une simple approche ( patrouille ) sur les Quatre-Bras. D’autre part, la division Bachelu et la cavalerie de Piré auraient pu se porter sur Frasnes ( un seul bataillon ira finalement soutenir la cavalerie de Lefebvre bien isolée vers Frasnes ou peut-être finalement trop « engagée » sur la route de Bruxelles ) plutôt que finalement se diriger vers Fleurus avant même de s’établir solidement sur Gosselies ; Ney ne dispose plus que de la seule cavalerie de Lefebvre que Napoléon veut éviter d’engager dans un combat qui pourrait se révéler sérieux. Finalement, les deux divisions les plus avancées de Reille pour poursuivre leur mouvement sur la route de Bruxelles s’en éloignent pour occuper respectivement Mellet et Heppignies, ces deux points étant bien en direction de Fleurus.

Wellington n’a pas cru lui-même nécessaire d’occuper dès le 14 le point des Quatre-Bras (se croyant d’abord non directement concerné par la menace pesant essentiellement sur Charleroi ) parce que ses dispositions « pour son armée » lui paraissaient suffisantes pour retarder toute progression vers Bruxelles en se déclarant prêt à subir, au besoin, le premier choc de l’offensive sur « Nivelles » ou, de ce point, venir au secours de Blücher sur Sombreffe si Napoléon marchait contre l’armée prussienne. Wellington et Blücher avaient convenu que la première des deux armées alliées qui serait attaquée accepterait de subir le premier choc et se concentrerait sur un point reconnu pour accepter la bataille en se bornant d’abord dans un rôle défensif ( ici ce sera le repli progressif de Zieten vers Fleurus, pour finalement s’établir sur Sombreffe, point de recul limite fixé, avant d’être renforcé par l’armée prussienne ) afin de donner le temps à la première d’achever ou compléter sa concentration et à la seconde de se hâter ( devant se porter au secours de l’autre ) dans sa propre concentration pour opérer une puissante diversion offensive contre l’armée française. ( lettre de Müffling à Blücher sur les intentions de Wellington, datée du 15 juin à 19 heures :

« Nous apprenons à l’instant que le général Zieten est attaqué. Le Duc de Wellington a ordonné que toutes les troupes se rassemblent et le prince d’Orange doit lui faire savoir si des colonnes sont dirigées sur Nivelles, car ou bien l’ennemi longe la Sambre pour se joindre aux colonnes qui viennent de Givet, ou bien il attaque il attaque près de Fleurus et alors il est probable qu’il attaquera également sur Nivelles. Dès que la lune se lèvera ( vers 21 heures ), la réserve se mettra en marche, et si l’ennemi n’attaque pas en même temps près de Nivelles, le duc sera demain avec toutes ses forces aux environs de cette ville pour vous soutenir ou, si l’ennemi vous avait déjà attaqué, pour lui tomber dans le flanc ou sur ses derrières, après entente préalable avec vous. Je crois que cette déclaration et cette action du duc vous satisferont J’espère que le 17 nous pourrons tirer les salves de la victoire. » (page 417 du livre La Campagne de 1815 aux Pays-Bas)

Wellington et Blücher étaient confiants dans leurs dispositions. D’ailleurs Wellington, même s’il a tergiversé avant de se mettre en mouvement sur un point ou un autre vers Charleroi, se portera directement sur la 1ère ligne de front possible, entrant dans leurs combinaisons communes, et envisagée entre Nivelles (« aux environs de cette ville » ) et Sombreffe en cas d’une attaque générale par Charleroi ; il aurait pu opter pour un point plus en arrière en se retranchant directement sur Mont-Saint-Jean ou Hal. Mais Wellington avait reçu l’assurance, dès le 14 juin, du renfort de l’armée prussienne et confirmée par une autre lettre du 15 juin ( écrite de Namur entre 7 et 8 heures du matin ):
« Au général Müffling.
L’ennemi a ouvert les hostilités ce matin à 4 heures 30 minutes et s’avance vivement par les deux rives de la Sambre…Le général Zieten a reçu l’ordre d’observer soigneusement l’ennemi et, si possible, de ne pas reculer au delà de Fleurus. L’armée se concentrera demain sur la position de Sombreffe, où le prince a l’intention d’accepter le combat. Les trois corps d’armée ont reçu cette nuit l’ordre de se concentrer aujourd’hui, le 2e vers Onoz et Mazy, le 3 à Namur, le 4e vers Hannut. Si c’est nécessaire, le 2e corps se portera aujourd’hui même à Sombreffe et le 3e à Onoz. Dans deux heures, la quartier général se transportera à Sombreffe, où je désire que vous me fassiez connaître le plus tôt possible l’endroit où le duc de Wellington compte concentrer ses forces et ce qu’il a résolu de faire. Il conviendrait de faire passer, dès maintenant, la ligne de relais par Genappe. ».

Blücher avait l’assurance d’être également soutenu par l’armée anglo-batave. En outre, Nivelles était un champ de bataille potentiel reconnu par Wellington susceptible de lui permettre de combattre à sa manière et en temps voulu ou finalement pour se porter vers Blücher. Même le 15, alors que l’attaque de Napoléon par Charleroi lui était connue ( offensive désormais bien probante vers Bruxelles et vers Sombreffe par Charleroi ) et, plus tard encore, alors que la résolution de Blücher de concentrer toute son armée sur Sombreffe (pour accepter la bataille ) lui était cependant confirmée, Wellington n’annonce aucune concentration même partielle de ses forces sur les Quatre-Bras pour soutenir au plus près et le plus rapidement possible d’abord Zieten, puis Blücher ; pour se rapprocher des Prussiens, il songe essentiellement à Nivelles tout en se garantissant la possibilité d’autres points de concentration ( tel que Mont Saint Jean ) ; en tout cas, il ne se presse pas de manœuvrer pour venir renforcer les Prussiens au plus vite sur Sombreffe ( qu’aurait fait Wellington si Blücher avait été contraint de concentrer son armée sur Gembloux ? ).

Pour se porter sur le front et se rapprocher de l’armée prussienne ( pour l’appuyer ou être soutenue par cette dernière), Wellington n’avait pas besoin d’attendre ni l’attaque sur Gosselies ( les avant-postes Prussiens ayant déjà été attaqués sur la Sambre) ni celle sur Frasnes ( cette fois contre des éléments avancés de l’armée anglo-batave ) ni plus encore la menace réelle pesant sur les Quatre-Bras ( annoncée par l’approche de la cavalerie de la Garde sous Lefebvre ) pour concentrer ses forces sur un point ou plusieurs points reconnus de manière à accepter de subir le premier choc d’une bataille générale ou pour une lutte secondaire et, en tout cas, pour se mettre en mesure d’intervenir en force vers Sombreffe ; sa riposte se bornera trop longtemps au choix délibéré de la position de Nivelles pour une concentration ( trop longtemps partielle ) de son armée  il néglige, voir même abandonne, donc sciemment les Quatre-Bras parce ce point n’est en fait, à ses yeux, que le point de rassemblement initial d’une de ses brigades ( malgré la nouvelle réitérée de l’attaque par Charleroi, l’ordre bien formel par la GQG anglo-batave devait la porter sur Nivelles ) en cas d’attaque par Charleroi tout comme il était naturel que Zieten se replie sur Sombreffe pour rallier son corps d’armée en passant par Gilly et Fleurus afin d’accepter finalement de subir le choc réel d’une véritable bataille avant que la masse principale ne l’ait rejoint; ce repli conjoint correspondait à la vision de l’objectif stratégique à atteindre : se réunir entre Nivelles et Sombreffe sur des points reconnus quitte à découvrir, tous deux, ainsi partiellement ( mais en apparence ) la route de Bruxelles-Charleroi car non seulement Napoléon ne pouvait envisager de foncer tête baissée sur Bruxelles avant d’avoir éliminé cette double menace directe sur ses flancs ( ce qui pouvait retarder ou gêner un tel mouvement en favorisant la concentration et la jonction des armées alliées ) mais aussi momentanément puisque les réserves anglaises devaient se porter sur Mont Saint Jean : Napoléon se laisserait-il prendre dans la nasse tendue par ses adversaires ? Si Wellington et Blücher restaient confiants sur la justesse de leurs combinaisons ( la supériorité de leurs forces réunies devant tôt ou tard leur permettre de battre une armée française bien trop inférieure en nombre ) pour ne pas précipiter leur concentration ni hâter leur réunion ( ils pouvaient cependant envisager un première jonction avec leurs premiers corps d’armée pouvant s’appuyer ainsi rapidement ), il est manifeste que Napoléon était persuadé de déjouer les manœuvres de ses adversaires ( en les prenant de court en débouchant sur le point de jonction ) et le plan de campagne qu’il a établi ( deux ailes et une réserve ; plan dévoilé à Ney seulement le 16 au matin ) témoigne de cette grande confiance malgré un rapport de forces apparaissant bien inquiétant et défavorable. Napoléon sous-estime manifestement la valeur réelle de ses adversaires : il est convaincu de pouvoir les manœuvrer et les battre successivement ( même partiellement réunis comme ils le seront effectivement le 16 juin ) en utilisant seulement les deux tiers de son armée alternativement ( une aile et la réserve ) pour assurer la défaite de l’un avant de songer à rejoindre le tiers restant en vue d’assurer la défaite de l’autre ; la réserve devant jouer le yoyo pour emporter finalement la décision ; même après la victoire de Ligny, qu’il croit suffisante pour avoir écarté les Prussiens de la prochaine lutte qu’il veut engager contre Wellington, Napoléon reste dans la même optique : ce sera la cause fondamentale de son erreur de jugement.

Au déploiement en éventail de l’armée française pour chercher à séparer ses adversaires et les combattre successivement, Blücher et Wellington voulaient lui opposer le débordement par la marche concentrique et combinée de toutes leurs forces pour l ‘écraser sous une supériorité
numérique.


(voit la suite si cela vous intéresse)

J'espère que les membres imminents de ce forum réagiront comme ils le font si bien sur d'autres forums.

Cordialement, Rodolphe.
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rodolphe
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MessageSujet: le carrefour des Quatre-Bras : objectif prioritaire ?   Sam 18 Mar 2006 - 3:04

Rebonjour à tous, voici la suite :

Le choix de Nivelles et de Sombreffe n’est pas anodin : de ces positions défensives ( en cas de bataille ) ou d’attente stratégique ( pour décider avec certitude de la direction offensive à prendre en se portant au secours de celui qui devra accepter de subir le premier choc de la bataille générale contre le gros ou toute l’armée française ) Wellington et Blücher se croient en mesure d’arrêter toute progression de Napoléon vers Bruxelles et de l’attendre sur l’un ou l’autre des deux champs de bataille choisis et reconnus par eux ( même avant d’être complètement concentrés ) mais avec l’assurance d’être tôt ou tard appuyé suffisamment ou complètement par son allié.

Le carrefour des Quatre-Bras avait-il été réellement choisi comme champ de bataille par Wellington ? Les dispositions réitérées pour une concentration de l’armée anglo-batave sur Nivelles ( dans un premier temps non seulement pour le gros du 1er corps d’armée mais aussi pour le gros de l’armée anglo-batave ( y compris les réserves devant s’arrêter d’abord sur Mont Saint Jean ) me laissent bien sceptiques sur l’intention bien déterminée de Wellington du choix des Quatre-Bras comme champ de bataille ; n’est-ce pas plutôt le point obligé de passage pour l’armée française dans le cas d’un projet de marche directe sur Bruxelles par Charleroi ? En prenant ce parti, Napoléon n’allait-il pas s’enfourner de lui-même dans une sorte de nasse ? Les généraux alliés pouvaient bien imaginer qu’il ferait de même en se portant sur Nivelles ou sur Sombreffe puisqu’il s’exposerait de lui-même à être attaqué en flanc ou sur ses arrières ? L’action d’une masse secondaire de Napoléon en couverture pouvait-elle empêcher l’une ou l’autre des deux ennemies à intervenir sur un des champs de bataille choisis et reconnus à l’avance pour accepter une bataille générale si son alliée était bien déterminée à venir à son secours dans un pays aussi ouvert que la Belgique ? Le fait réel est que les généraux alliés sont si confiants dans leurs dispositions où ils croient avoir contraint finalement Napoléon à se placer qu’ils en négligent à assurer la réunion de leurs armées ( par leurs mauvaises dispositions de réunion entre les Quatre-Bras et Sombreffe et avec des forces bien insuffisantes ) et ce dernier s’est ainsi trouvé ( par ses dispositions ) en mesure de leur infliger une sérieuse défaite, peut-être décisive, dès le 16 juin. :

- Blücher ne doute pas que Zieten, même livré à lui-même dans un premier temps contre des forces françaises cependant bien supérieures en nombre et sans même espérer le soutien immédiat du 1er corps anglo-batave devant se concentrer d’abord sur Nivelles ( selon les déclarations de Müffling lui-même ), sera en mesure de couvrir la concentration de l’armée prussienne sur Sombreffe et de lui permettre de l’achever face à une armée française déjà réunie, forte de 120 000 hommes ( renseignement confirmé par Bourmont ; un autre déserteur fixant même cette armée française à 150 000 hommes ), malgré la menace directe de Grouchy et de Vandamme ( déjà à proximité de Fleurus dès l’après-midi du 15), de Gérard ( par Châtelet ) et de Napoléon ( sur Charleroi ) mais aussi la menace non moins réelle de l’avant-garde de Reille du fait de l’occupation de Gosselies par cette colonne française libre de marcher vers Fleurus ( présence connue par le retrait de Steinmetz ) puis de la marche, bien réelle cette fois, des trois quarts des forces de Reille qui seront délibérément dirigées vers Fleurus et en mesure non seulement de le couper de Wellington vers Bruxelles et Nivelles ( Gneisenau a été si inquiet qu’il envisage d’établir une nouvelle ligne de liaison par Genappe tout comme Zieten a soumis l’idée d’abandonner la position de Sombreffe jugée vicieuse ) mais plus encore de le surprendre sur Sombreffe. La résolution de Wellington de porter finalement une fraction de son armée sur les Quatre-Bras ( information fournie par Müffling trop heureux d’annoncer à Blücher cette nouvelle donne, peut-être capitale, pour engager l’armée prussienne, s’il le fallait davantage, à accepter plus résolument la bataille sur Sombreffe) ne sera connue que bien plus tard.

Lettre du prince d’Orange, écrite après avoir quitté le bal donné à Bruxelles : « 15 juin 1815, lettre du général Constant m’annonçant que mes postes sont attaqués à Frasnes ; je la reçus à Bruxelles et en donnai de suite connaissance au duc de Wellington, qui ne voulut pas le croire »

- Dans un premier temps, Wellington ne croit pas devoir presser la concentration de toute son armée et se borne à une concentration partielle sur Nivelles parce qu’il la croit suffisante pour menacer et, peut-être, empêcher toute nouvelle progression de Napoléon vers Bruxelles sur une première ligne défensive ( avec Blücher sur Sombreffe et la réserve de l’armée anglo-batave devant se porter sur Mont Saint Jean) tout autant qu’il se croit en mesure de seconder l’armée prussienne ( ou d’être aidée par cette dernière ) sans imaginer la compromettre ( par la lenteur de ses mouvements de concentration sur un point précis ) et sans se compromettre lui-même dans un mouvement prématuré ( s’il devait se révéler faux ) ou dans une bataille inutile ( si l’offensive de Napoléon se révélait finalement seulement partielle et limitée sur Charleroi ). La préoccupation de Wellington reste essentiellement de se couvrir d’une offensive par Mons ( le glissement général de l’armée anglo-batave s’effectue d’abord dans cette direction : forces de cavalerie, 1er corps d’armée, réserves) tout en se mettant, de là, en mesure de manœuvrer vers Sombreffe ; l’idée d’une concentration (même partielle) sur les Quatre-Bras, qui le rapprocherait plus encore de l’armée prussienne, est donc bien loin d’être réelle : il se prépare plutôt à livrer bataille sur un champ de bataille bien reconnu par ses soins et le plus à même de lui offrir les meilleures garanties pour combattre l’armée française en temps voulu et à sa manière : assurer d’abord la concentration de son armée sur Nivelles ou Mont Saint Jean ( d’autres points éventuels éloignés de Charleroi ) et opter d’abord pour la défensive plutôt que précipiter une riposte offensive (en se portant trop vite au secours de Blücher sur Sombreffe)

- Finalement, puisque Blücher ne s’assure pas de disposer de toutes ses forces sur Sombreffe au plus vite ( Bülow sera absent parce que rien d’alarmant ne lui indiquait de hâter un tel mouvement ; on songera bien plus à avertir le corps de Kleist pour se préparer à prendre l’offensive plus à l’est puisque l’attaque de Napoléon en Belgique et par Charleroi ouvrait cette opportunité ; mais Gneisenau ne cherchait-il aussi préserver une ultime réserve, en cas d’échec ou plus simplement d’opérations futures dans cette nouvelle Europe à peine reconstituée, que l’assurance d’un appui de Wellington pouvait bien combler ) et tandis que Wellington semble assuré de concentrer son armée en temps opportun, Napoléon se trouvera dans les meilleures dispositions pour combattre ses deux adversaires qui ne lui opposeront finalement que de forces à peu près égales en nombre : les Prussiens, quoique actifs, pouvaient encore être surpris avant d’être concentrés ; le renfort de Wellington pouvait se trouver compromis si, depuis le départ de Steinmetz de Gosselies, une masse secondaire française importante parvenait à le fixer sur les Quatre-Bras. En tout cas, les troupes alliées seront finalement mal réunies et insuffisamment concentrées au risque d’être battues en détail si Napoléon, à défaut d’avoir porté directement Ney sur les Quatre-Bras au lieu de l’arrêter sur Gosselies puis de le pousser essentiellement vers Fleurus, ou d’avoir pu atteindre Fleurus ou Sombreffe avec Grouchy et Vandamme, avait pris le parti d’agir au plus vite sur ces points dès le 16 au matin en admettant qu’il pensait devoir le faire incontinent pour assurer la suite de son plan de campagne.

- Napoléon était en mesure de frapper vite et fort sur Fleurus et sur Sombreffe en empêchant la réunion, ou du moins espérer la gêner considérablement s’il ne parvenait pas à rejeter d’emblée Zieten vers la Meuse, de Wellington et de Blücher entre les Quatre-Bras et Sombreffe ou Nivelles et Sombreffe: deux corps d’armée de cavalerie sous Grouchy et le corps d’armée de Vandamme étaient déjà à portée immédiate de Sombreffe tandis que le gros des forces de Reille pouvaient les joindre rapidement en s’appuyant, au besoin, sur la route de Nivelles-Namur ; la Garde et le reste de la réserve de cavalerie ( sauf Kellermann ), réunies entre Charleroi et Fleurus, pouvaient les soutenir rapidement sans craindre un mouvement offensif de Wellington puisque d’Erlon, en marche, dès le 16 au matin, se porte sur Gosselies ( Kellermann étant aussi en route pour se rendre sur Gosselies ) et, pouvant pousser jusque sur Frasnes et les Quatre-Bras, pouvait couvrir le mouvement général sur Sombreffe en menaçant directement Wellington tout autant qu’il aurait ( si Reille avait à occuper les Quatre-Bras ) pu se diriger vers Marbais ; Lobau était également en mesure, selon les circonstances, de soutenir l’action vers les Quatre-Bras ou vers Fleurus plutôt que d’être réduit initialement au rôle d’observateur et de couvrir la réunion des convois sur Charleroi; Gérard pouvait se porter sur Sombreffe ou menaçait plus directement les renforts prussiens s’acheminant sur la route de Namur. Mais Napoléon, croyant avoir contraint ses adversaires plutôt à se replier qu’à prendre l’offensive dans cette journée du 16 et se croyant désormais maître de manœuvrer à sa guise sur la plaine de Fleurus, ou plus largement entre Sambre et Meuse pour empêcher la jonction de ses adversaires vers Bruxelles, s’ôtera lui-même le moyen de battre Zieten ou de surprendre Blücher avant d’être concentré en portant finalement Reille sur Frasnes et les Quatre-Bras : au lieu de le porter sur Fleurus ( objectif principal de l’offensive générale la veille ), il le détourne sur les Quatre-Bras dans l’objectif d’atteindre rapidement Bruxelles ( but stratégique prenant désormais une place prépondérante dans son plan de campagne ) ce qui l’amènera à retarder et à affaiblir le mouvement offensif initial de l’aile droite sur Sombreffe puisque Gérard, trop longtemps tenu éloigné près de Châtelet, et la Garde, maintenue trop longtemps en arrière et en repos près de Charleroi, ne permettront pas à Grouchy d’attaquer Zieten avant l’arrivée des renforts prussiens s’acheminant en toute tranquillisé pare la route de Namur complètement libre.

Que pouvait faire Ney dans la journée du 15 et du 16 ? Devait-il pendre l’initiative d’occuper les Quatre-Bras sans même connaître le plan de campagne de Napoléon ? Ce plan lui sera dévoilé seulement le 16 au matin dans une lettre que Napoléon lui adresse personnellement ; Soult ne donnera aucune information susceptible d‘éclairer au mieux Ney sur l’objectif stratégique à atteindre et sur la manière d’y parvenir : il se borne à lui prescrire l’occupation des Quatre-Bras dans l’attente d’ordres ultérieurs. Napoléon se méfie-t-il de Soult ? La direction des mouvements de Reille, la veille, donnaient plutôt l’intention d’une manœuvre vers Fleurus, c’est-à-dire contre les Prussiens qui continuent à s’établir et à se renforcer ( concentration confirmée par les renseignements matinaux de Girard encore en observation de ce côté ), plutôt qu’un mouvement direct sur Bruxelles ; et ceci est si réel que non seulement Ney, pour éviter une marche peut-être prématurée dans l’une ou l’autre direction, dit à Reille d’attendre les instructions de Napoléon ( la visite nocturne de Ney à Charleroi auprès de Napoléon, même en admettant qu’elle ait lieu, n’a donc guère donné plus d’éclaircissement sur les intention réelles de Napoléon ) afin d’entreprendre un mouvement dans la direction que Napoléon voudra bien indiquer finalement pour l’aile gauche. Pour opérer ce mouvement sur les Quatre-Bras, Reille se voit contraint de différer le mouvement pour éviter tout entremêlement dans les mouvements des troupes sur la route de Bruxelles car il lui faut communiquer cette nouvelle direction aux différentes divisions de son corps d’armée qui s’étaient détachées, dès la veille, de Gosselies et de la route de Bruxelles pour manœuvrer vers Fleurus à la suite des Prussiens s’étant repliés de ce côté ( ce qui avait amené Napoléon dans l’idée qu’il pouvait affirmer sans doute qu’il contrôlait la position de Fleurus - on ne parle pas ici du village de Fleurus ; il s’agit de la plaine historique de combats antérieurs ; Napoléon n’étudiait-il pas les événements lors d’autres campagnes militaires avant d’agir ), mais aussi prévenir d’Erlon afin qu’il se tienne prêt à le suivre pour ne pas provoquer une marche prématurée du 1rer corps d’armée dont la présence sur Gosselies n’aurait fait qu’ajouter à l’encombrement dans ce village déjà surchargé de troupes.

Le mouvement sur Fleurus a pu paraître à Reille plus opportun compte-tenu de la situation de son corps d’armée pour agir de ce côté plutôt que sur les Quatre-Bras paraissant d’ailleurs encore faiblement occupés par des éléments anglo-bataves, même quelque peu renforcés depuis le 15 au soir, et contre lesquels la seule division du 2e corps d’armée, déjà en poste sur Gosselies, et au besoin avec le soutien de tout le 1er corps d’armée, pourrait se révéler peut-être suffisante pour les rejeter. Napoléon n’annonçait-il pas qu’il s’attendait dans sa lettre à une simple échauffourée sur les Quatre-Bras ? Puisque Napoléon ne l’appelait pas à une action combinée avec Grouchy sur Fleurus ( tout au plus une fraction de l’aile gauche faisant partie du 1er corps d’armée dont l’appui restait cependant éventuel et limité ), puisque Ney lui confirmera le mouvement des 2e et 1er corps d’armée sur les Quatre-Bras, mais aussi parce que, si Napoléon en avait décidé ainsi, l’esprit d’initiative n’était pas toléré ( on ne désobéit pas à l’Empereur ), Ney pas plus que Reille et d’Erlon n’étaient enclins à désobéir. D’ailleurs dans les dispositions du jour pour l’armée dont la finalité était d’atteindre Bruxelles au plus vite, le mouvement sur les Quatre-Bras revêtait dans l’immédiat pour toute l’aile gauche une importance non moins stratégique dans le plan de campagne de Napoléon pour s’éclairer vers Bruxelles et Nivelles, mais aussi vers Wavre et Gembloux ( avec les forces devant se porter sur MARBAIS ) que le mouvement de toute l’aile droite sur Sombreffe avant de songer à se diriger sur Gembloux .

Dans la nuit du 15 au 16, Ney a joint à son rapport la lettre de Lefebvre. Un rapport n’est-il pas le compte-rendu des opérations effectuées et des faits constatés par rapport aux ordres prescrits ? Dans son rapport, Ney n’a jamais parlé du point des Quatre-Bras. Seul Lefebvre parle d’occuper cette position très tôt le lendemain mais encore ne l’envisage-t-il qu’avec une simple reconnaissance et tout autant qu’elle puisse le faire sans aucun risque : aucun appui d’infanterie de Reille n’est même sollicité pour réaliser cette opération.

cordialement, Rodolphe
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rodolphe
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MessageSujet: le carrefour des Quatre-Bras : objectif prioritaire ?   Sam 18 Mar 2006 - 3:09

Bonjour à tous,

voici une suite :

Dans la nuit du 15 au 16, Ney a joint à son rapport la lettre de Lefebvre. Un rapport n’est-il pas le compte-rendu des opérations effectuées et des faits constatés par rapport aux ordres prescrits ? Dans son rapport, Ney n’a jamais parlé du point des Quatre-Bras. Seul Lefebvre parle d’occuper cette position très tôt le lendemain mais encore ne l’envisage-t-il qu’avec une simple reconnaissance et tout autant qu’elle puisse le faire sans aucun risque : aucun appui d’infanterie de Reille n’est même sollicité pour réaliser cette opération.

Si la position des Quatre-Bras avait constitué une position clé dans le dispositif de bataille de Napoléon en vue de livrer une prochaine bataille dans la position de Fleurus ou pour marcher directement « tête baisée » sur Bruxelles, Lefebvre, lancé en pointe à la tête de troupes d’élite de la cavalerie de la Garde, n’aurait pas hésité, dès le 15 au soir, à tenter de s’emparer des Quatre-Bras coûte que coûte contre un faible contingent de l’armée anglo-batave dans l’attente des renforts que Napoléon ou Ney n’auraient pas manqué de leur envoyer afin de soutenir complètement cette opération ; au lieu de cela, le gros des forces de Reille est dirigé vers Fleurus tandis qu’une seule division s’arrête sur Gosselies et Lefebvre, qui doit ménager ses forces, ne s’aventure que jusque sur les Quatre-Bras ( point supposé essentiel dans les opérations du 15 ) sans artillerie au risque d’être battu en détail contre des forces peut-être très supérieures et, finalement, sans autre soutien qu’un seul bataillon de la division Bachelu ; cette même division Bachelu se rabat à l’est, vers Fleurus, pour s’établir sur Mellet et se garder d’un éventuel retour offensif des Prussiens au lieu de poursuivre sa marche sur la route de Bruxelles afin d’atteindre, en poussant plus au nord, plus sûrement les Quatre-Bras qui se révéleront finalement faiblement occupés. Pour mieux s’assurer le contrôle de la position de Fleurus, Piré, sur Heppignies, Girard, sur Wangenies, et Jérôme, sur Ransart, seront poussées vers ce point : l’objectif essentiel de Napoléon dans cette journée devient évident : après avoir débouché directement par la Sambre contre les points contrôlés par l’armée prussienne, il vise désormais le champ de bataille historique commandant l’entre Sambre et Meuse et probable où les Prussiens pouvaient accepter la bataille et où Zieten s’est finalement replié naturellement. A l’issue de cette journée, Napoléon, par ses propres déclarations, affirme contrôler cette position et dès lors en mesure de contraindre Blücher soit à retraiter soit à se compromettre dans une mauvaise situation ; à défaut d’un succès décisif par une bataille tactique sur Fleurus, une victoire stratégique « encore toute relative », quitte même à la chercher vers Gembloux, semblait devoir lui assurer le succès annoncé d’une marche sur Bruxelles ; seule l’opportunité d’une bataille prochaine pouvait conduire Napoléon à orienter ses forces principales ( aile + la réserve ) dans une direction ou une autre. Sa faute stratégique initiale dans les mouvements du 16 juin provient de ce qu’il croyait pouvoir imposer sa volonté à ses adversaires en pensant contrôler complètement toute tentative de réunion vers la plaine de Fleurus soit en les battant en détail en pleine manœuvre soit avant d’être concentrés.

La faiblesse apparente de cette fraction détachée de l’armée anglo-batave ne pouvait pas constituer un obstacle insurmontable pour Lefebvre ; un seul bataillon d’infanterie a même été sollicité pour soutenir Lefebvre et ce dernier s’arrêtera finalement sur Frasnes. Lefebvre aurait pu être appuyé par plus de troupes d’infanterie au besoin ; la marche n’était pas impossible puisque le gros des divisions de Reille se portera tardivement vers Fleurus au lieu de Frasnes ou les Quatre-Bras. En outre, Lefebvre, sur l’aveu même de ce général, croit que les Nassauviens sont susceptibles d’abandonner d’eux-mêmes la position : pourquoi donc se précipiter sur un objectif que Napoléon n’a guère indiqué dans ses instructions écrites du 15 à Reille, avant l’arrivée de Ney, ni supposées données oralement à Ney, dans sa brève entrevue avec Napoléon dans l’après-midi du 15, et que Soult ne mentionne pas plus dans ses dernières instructions du 15 concernant le mouvement pour l’aile gauche sur la route de Bruxelles ( d’Erlon peut se porter sur Gosselies tout en continuant à se garder jusque sur la Sambre ) ni dans ses premiers ordres de mouvement pour l’aile gauche ( d’Erlon doit réunir toutes ses forces sur Gosselies alors que Kellermann reçoit celui de s’y porter également ) ; aucune préoccupation , aucun reproche, aucun ordre réitéré ne permettent de croire que l’occupation des Quatre-Bras était dans les intentions les plus profondes de Napoléon dès le 15 ou le 16 au matin. Seule la dépêche de Soult, écrite entre 8 et 9 heures, le 16 juin, prescrit l’occupation des Quatre-Bras ( en fait, il est écrit les Trois-Bras ; dénomination exacte de ce point à l’époque sur la carte de Ferraris ) et cette occupation est affirmée par une lettre de Napoléon, écrite directement à l’intention de Ney, qui veut compléter la dépêche de Soult pour mieux préciser sa pensée concernant les opérations de l’aile gauche : Napoléon reconnaît ainsi implicitement lui-même qu’il dévoile enfin son plan de campagne à Ney, le but à atteindre et l’importance de la marche prescrite sur les Quatre-Bras dans les opérations pour l’aile gauche qui se révèle être un mouvement purement d’attente stratégique avant d’être résolument offensif sur Bruxelles dès que les mouvements des Prussiens se préciseront plus nettement ; il n’est rien prévu d’autre qu’une échauffourée sur les Quatre-Bras si les Anglo-bataves résistent : rien ne semblait devoir presser l’occupation des Quatre-Bras et prévoir une prochaine bataille sur ce point.

S’il est encore besoin de dire que cette position revêt si peu d’importance dans les opérations de la journée du 15 pour Napoléon, il est encore à souligner que Lefebvre se borne à référer de sa simple opération d’exploration au seul maréchal Ney ; Lefebvre est cependant sous les ordres directs de Napoléon ; Ney semble l’instigateur de cette reconnaissance de la Garde sur Frasnes que Lefebvre, en se croyant peu menacé, poussera jusque sur les Quatre-Bras pour tenter de se faire une opinion sur les intentions réelles de ses adversaires directs, de se faire une idée de la situation sur la route de Bruxelles, mais surtout connaître la force et la nationalité de ces adversaires pour se faire une idée de la situation de ce côté et pour parer à toute éventualité sur cette même route. Un tel renseignement était cependant susceptible de mieux éclairer la vision de Napoléon sur la situation générale : allait-il devoir, le 16, combattre les seuls Prussiens ou des simultanément les Prussiens et les Anglo-bataves tentant de se réunir ou de se couvrir mutuellement ?

Citation : « Rapport de Lefebvre-Desnouettes à Ney

Frasnes, le 15 juin, 9 heures du soir.
MONSEIGNEUR, en arrivant à Frasnes suivant vos ordres, nous l’avons trouvé occupé par un régiment de Nassau infanterie, d’environ 1500 hommes et 8 pièces d’artillerie….ils sont sortis du village ;…le général Colbert a même été à une portée du fusil de Quatre-Bras sur la grande route…cette troupe que nous avons trouvée à Frasnes ne s’est pas portée ce matin en avant et ne s’est pas battue à Gosselies : elle est sous les ordres de lord Wellington et semble se retirer vers Nivelles…Aucune des troupes qui se sont battues ce matin à Gosselies n’ont passé par ici ; elles ont marché sur Fleurus. Les paysans ne peuvent pas me donner de renseignements sur un grand rassemblement de troupes dans ces environs…on dit que l’armée belge est dans les environs de Mons et que le quartier-général du jeune prince Frédéric d’Orange est à Brenne le Comte…Nous avons eu une dizaine d’hommes de tués ou blessés. Demain, à la pointe du jour, j’enverrai aux Quatre-Bras une reconnaissance qui l’occupera, s’il est possible, car je pense que les troupes de Nassau sont parties. Mon artillerie ne m’ayant pas rejoint, je lui ai donné l’ordre de bivouaquer avec la division Bachelu ; elle me rejoindra demain matin. Je n’écris pas à l’Empereur, n’ayant pas de choses plus importantes à lui dire que ce que je dis à V.E.

Dans l’après-midi du 15, Reille a reçu l’ordre d’attaquer et d’occuper Gosselies ( tout en s‘éclairant fortement vers Fleurus ) non seulement parce que la présence d’une forte brigade d’infanterie prussienne ( Steinmetz ) est signalée sur ce point ( par le 1er Hussards de Clary envoyé en avant-garde et en reconnaissance jusque sur la route de Bruxelles par la traverse menant de Charleroi à cette route ) mais aussi parce que, de là, cette force prussienne pouvait constituer une menace réelle dans le mouvement offensif vers Fleurus et dans l’attaque combinée ( réitérée par Napoléon ) de Vandamme et de Grouchy sur Gilly ; Reille pouvait également porter tout ou partie de ses forces directement vers Fleurus ( voir carte ) pour les soutenir au besoin. En fait, ce mouvement est conforme aux dispositions initiales de Napoléon prescrivant aux différentes têtes de colonnes de l’armée de se couvrir continuellement et de s’appuyer mutuellement dans la progression ( se tenir à la même hauteur : Vandamme s’arrêtera finalement à Wainage et dans les bois de Fleurus ; la cavalerie de Grouchy - Pajol et Exelmans - à Lambusart et Campinaire ; Reille arrêtera ses forces là elles se trouveront finalement portées ). Napoléon parle de position lorsqu’il parle de Fleurus car il sait que la plaine de Fleurus est propice à toute armée voulant livrer bataille.

Cordialement, Rodolphe.
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MessageSujet: le carrefour des Quatre-Bras ; onjectif prioritaire ?   Sam 18 Mar 2006 - 3:11

Bonjour à tous,
une autre suite :

L’arrivée de Ney sur Gosselies ne changera rien aux événements impulsés par la seule volonté de Napoléon concernant les opérations de l’aile gauche. Napoléon dirige tout et qu’importe l‘heure à laquelle Ney rejoindra la tête de colonne de Reille : l’impulsion de l’aile gauche est portée sur Gosselies parce que les Prussiens s’y trouvent et on ne pouvait déterminer le temps qu’il faudrait pour en déloger les Prussiens. C’est d’ailleurs Ney qui, arrivé avant Reille et suivi par la cavalerie légère de la Garde, engagera d’emblée la division de cavalerie Piré ( avant-garde de Reille sur la route Charleroi-Bruxelles et seule troupe de la ligne immédiatement disponible ) à combattre la brigade Steinmetz ; il aurait pu faire appuyer cette cavalerie par Lefebvre, mais il ne peut songer à engager cette dernière dans un combat sérieux. Quel crédit peut-on accorder à l’occupation des Quatre-Bras si Ney ne peut même pas employer une cavalerie d’élite sur Gosselies alors qu’il faut d‘abord s’assurer de cette dernière position avant même de songer à poursuivre plus loin ? Les Prussiens n’évacueront seulement Gosselies que lorsque les premiers bataillons de la division Bachelu prendront part à la lutte qui se limitera finalement à une canonnade: le général prussien jugeant hasardeux de poursuivre le combat puisque les forces françaises, se renforçant sans cesse, le menaçaient de lui couper sa retraite vers Fleurus.

La cavalerie de Piré poursuit Steinmetz jusque sur Heppignies ; l’infanterie de Bachelu suit le mouvement et se portera finalement sur Mellet : Ney devait se garder de tout retour offensif des Prussiens par son flanc. La division Girard suivra plus tard la même direction pour se porter sur Wangenies tandis que la division Jérôme s’établira sur Ransart. Il résulte de tous ces mouvements de l’aile gauche que l’idée finale est de diriger vers Fleurus le plus de forces de Reille ; seule la division Foy restera disponible pour occuper Gosselies.

D’Erlon , marchant sur Gosselies, peut rejoindre et renforcer Foy : il prendra le parti de s’arrêter à portée de ce point en établissant sa tête de colonne près de Jumet ; cette résolution est indépendante de la volonté de Ney puisque que d’Erlon dit lui-même dans son rapport qu’il n’a pas voulu porter plus loin son corps d’armée. Ney a-t’il manqué d’autorité ou d’Erlon a-t’il agi de sa propre initiative ? Il ne faut pas oublier que l’intervention de d’Erlon sur Gosselies, selon les ordres mêmes de Napoléon, était conditionnelle et seulement éventuelle : l’occupation de Gosselies étant assurée, la coopération du 1er corps d’armée devenait d’elle-même inutile d’autant plus que Lefebvre, tardivement arrivé jusque sur les Quatre-Bras, ne signalera que peu de troupes ennemies au-delà de Gosselies. D’Erlon adressera son rapport d’abord à Soult ce qui peut amener à l’idée que d’Erlon n’a pas été informé qu’il est placé sous les ordres directs de Ney qui, lui-même venu d’une autre direction et mis à la hâte à la tête de la colonne de gauche, n’a ni état-major pour l’informer de la situation précise de l’aile gauche ou de lui prescrire sans tarder et de la manière la plus certaine les intentions réelles de Napoléon en direction de Bruxelles : il n’en sait pas plus que ce Napoléon a prescrit à Reille et d’Erlon, c’est-à-dire occuper Gosselies et faire coopérer les deux corps d’armée au besoin pour se faire ; une fois cette opération assurée, attendre de nouveaux ordres pour agir. Le gros des forces de Reille sera finalement dirigé vers Fleurus et non sur Frasnes et les Quatre-Bras tandis que d’Erlon, voyant Gosselies occupé par la seule division Foy et ce qu’il croit être le corps d’armée de Reille et, en conséquence de ce simple constat, dans l’attente d’un nouvel ordre de Napoléon pour se remettre en route dans la direction que Napoléon jugerait la plus utile, fera bivouaquer ses troupes là où elles se trouvent en veillant, selon les ordres initiaux de Napoléon reprenant leur place, à se garder fortement vers Mons et jusqu’à la Sambre. Peut-on reprocher raisonnablement à Ney et à d’Erlon d’avoir obéi scrupuleusement aux ordres de Napoléon ?

La préoccupation de Napoléon pour s’éclairer fortement sur la route de Bruxelles et vers Mons (vis-à-vis des Anglo-bataves dans ces directions) et de manœuvrer en masse vers Fleurus ( vis-à-vis des Prussiens sur Gosselies par la route de Bruxelles et sur Gilly par la route plus directe de Fleurus ) témoignent de sa volonté de contrôler les accès vers la plaine de Fleurus pour marcher, avec le maximum de forces, à la rencontre de l’armée prussienne. En débouchant par Charleroi, Napoléon savait dans quelle situation il risquait de se trouver et contre quels événements il aurait peut-être à faire face : l’attaque par Charleroi devait déterminer la bataille ou la retraite de l’armée prussienne ; dès le 14, et encore le 15, il s’attendait à livrer bataille : « Demain 15, je me porterai sur Charleroi, où est l’armée prussienne ; ce qui donnera lieu à une bataille ou à la retraite de l’ennemi » n° 22050, Correspondance…. « Beaumont, 15 juin 1815, trois heures du matin. « Mon Frère , l'ennemi faisant des mouvements pour nous attaquer, je marche à sa rencontre. Les hostilités vont donc commencer aujourd'hui… n° 22054, Correspondance ).

Dans cette hypothèse, Napoléon voulait porter autant de troupes et le plus vite qu’il le pourrait sur l’autre rive de la Sambre : le franchissement de la Sambre, par plusieurs passages, devait lui donner les moyens de trouver l’espace nécessaire au déploiement de son armée pour accepter une bataille probable. Le contrôle d’une zone de terrain partant de Marchiennes-au-Pont jusqu’à Gosselies et passant par Mellet jusqu’au Châtelet avec Charleroi en son centre, c’est-à-dire dans une semi-circonférence, devait lui permettre de ne pas être surpris et, tout en maintenant ses forces bien réunies, de concentrer le maximum de forces sur le point où l’ennemi pouvait se révéler immédiatement le plus dangereux ou d’être en mesure de tomber sur l’armée adverse qui serait la plus rapprochée. En faisant d’emblée l’aile gauche très forte, Napoléon cherche à se couvrir vis-à-vis de l’armée anglo-batave et également à se trouver en mesure de se rabattre vers Fleurus ; ne semblant pas directement menacé par les Anglo-bataves ( demeurant bien passifs ) et les Prussiens se montrant les plus combatifs, Napoléon a tourné naturellement le gros des forces contre les Prussiens puisque ces derniers constituaient finalement non seulement la menace la plus sérieuse mais aussi la plus proche sur Charleroi. Napoléon ne mentionne jamais le carrefour des Quatre-Bras qu’il aurait fallu occuper coûte que coûte, mais il parle seulement de Gosselies ( toute l’aile gauche devant s’y porter si nécessaire après que la cavalerie de Clary se soit heurté aux troupes prussiennes de Steinmetz pour s’éclairer sur la route de Bruxelles ) et de la position de Fleurus ( où Grouchy et Vandamme s’approchent en devant livrer combat sur Gilly ). Est-il encore nécessaire de souligner que, une fois la position de Gosselies occupée, les ¾ des forces de Reille se dirigent vers Fleurus plutôt que sur les Quatre-Bras ? C’est donc l’objectif stratégique essentiel ( de la manœuvre par Charleroi ) dans cette journée du 15 et vers lequel, après s’être assuré de Gosselies, doivent tendre les efforts principaux de Reille. Napoléon veut contrôler la plaine de Fleurus non seulement avec la colonne du centre mais aussi avec la colonne de l’aile gauche.

Extraits du bulletin de l’armée, le 15 JUIN au soir : « L'ennemi occupait la gauche de la position de Fleurus. A cinq heures après midi, l'Empereur ordonna l'attaque. La position fut tournée et enlevée » et « Pendant ce temps, le général Reille passait la Sambre à Marchienne-eau-Pont, pour se porter sur Gosselies avec les divisions du Prince Jérôme et du général Bachelu, attaquait l'ennemi, lui faisait 250 prisonniers et le poursuivait sur la route de Bruxelles. » mais surtout ce qui détermine, après en avoir assuré le moyen, le but final à atteindre « Nous devînmes ainsi maîtres de toute la position de Fleurus. A huit heures du soir, l'Empereur rentra à son quartier général Charleroi. ».

Napoléon n’occupe pas la position de Fleurus, mais il l’enveloppe et se trouve en mesure de l’attaquer dans les meilleures conditions pour surprendre toute concentration de l’armée prussienne sur ce point et empêcher toute jonction avec les des Anglo-bataves pouvant venir de Mons et de Bruxelles : Bachelu et Piré sont à portée de la route de Nivelles-Namur et Foy se trouve à Gosselies ; Vandamme et Grouchy sur Campinaire et Lodelinsart ; Girard sur Wangenies et Jérôme sur Ransart ; Gérard est en mesure d’atteindre Fleurus par Châtelet. Napoléon ne se déclare-t-il pas lui-même satisfait du résultat des opération de la journée du 15 ?

Cependant, si Napoléon avait appris que Wellington était à Bruxelles et Blücher à Namur et que toutes les opérations de la journée pouvaient l’amener à l’idée que ses adversaires avaient été surpris, il restait prudent car ils avaient pu ordonner des mouvements offensifs préparatoires vers Charleroi ; ils étaient peut-être simplement en retard de concentration : une marche de nuit pouvait peut-être tout réparer .

« 22055.—AU PRINCE JOSEPH , PRÉSIDENT DU CONSEIL DES MINISTRES , A PARIS.
Charleroi, 15 juin 1815, neuf heures du soir.
Monseigneur, il est neuf heures du soir, L'Empereur, qui est à cheval depuis trois heures du matin, rentre accablé de fatigue. Il se jette sur son lit pour s'y reposer quelques heures. Il doit remonter à cheval à minuit. Sa Majesté ne pouvant écrire à Votre Altesse me charge de lui mander ce qui suit:
" L'armée a forcé la Sambre près Charleroi et placé des avant-gardes à moitié chemin de Charleroi à Namur et de Charleroi à Bruxelles. Nous avons fait 1,500 prisonniers et enlevé six pièces de canon. Quatre régiments prussiens ont été écrasés. L'Empereur a perdu peu de monde. Mais il a fait une perte qui lui est très sensible: c'est son aide de camp, le général Letort , qui a été tué sur le plateau de Fleurus en commandant une charge de cavalerie. L'enthousiasme des habitants de Charleroi et de tous les pays que nous traversons ne peut se décrire. Ce sont les mêmes sentiments qu'en Bourgogne.

L'Empereur désire , Monseigneur , que vous fassiez part de ces nouvelles aux ministres, et que vous voyiez l'usage qu'il convient d'en faire.
Il est possible qu'il y ait demain une affaire très importante.
Le premier secrétaire du cabinet ,
Baron Fain.


Napoléon pouvait croire qu’il était donc en mesure de surprendre les mouvements de concentration ou de réunion de Wellington et de Blücher s’il tentaient de le faire vers Fleurus : le repli de Zieten sur Fleurus pouvait préluder tout aussi bien une retraite qu’une concentration de forces plus importantes de l’armée prussienne ou une réunion des premiers corps d’armée ennemis avant une concentration générale du gros ou de toutes les forces alliées. Napoléon apparaît néanmoins confiant : il ne jugera pas utile qu’on mette un soin particulier à le réveiller en pleine nuit comme il semble l’avoir envisagée… s’il ne savait pas au juste quelles étaient les intentions réelles de ses deux adversaires et quelles forces ils seraient en mesure de lui opposer dès demain dans le cas où ils voudraient faire front, il se préparait à subir le choc d’un combat plus sérieux que celui fourni par la faible résistance des Prussiens et le manque d’opposition des Anglo-bataves dans cette journée du 15. Mais Napoléon ne redoutait pas cette confrontation : il l’attendait et s’y était préparée ; si Napoléon est épuisé et s’est couché de bonne heure, sa sortie nocturne ( pas plus que la visite de Ney ) ne sera effectuée. Les renseignements recueillis durant la nuit l’éclaireront mieux sur les intentions de ses adversaires et détermineront la conduite à suivre : si Napoléon avait la ferme intention d’occuper les Quatre-Bras dans la nuit ou, à défaut de le faire, dès le lendemain matin, les informations de Ney sur la situation précise de l’aile gauche auraient du faire une obligation pour Soult de réveiller Napoléon ou à ce dernier de prendre les dispositions pour assurer cette opération dès l’aube ; dans la soirée, la seule préoccupation de Napoléon concernant l’aile gauche est l’ordre adressé pour d’Erlon : rallier les forces du 1er corps d’armée sur la rive gauche de la Sambre pour les porter sur Gosselies ; cet ordre ne presse d’ailleurs pas un tel mouvement car il n’est pas question d’une marche de nuit ; aucun ordre n’est adressé à Ney ou Reille pour se porter sur Frasnes ou les Quatre-Bras..

Napoléon semble tranquille sur l’issue heureuse des prochains événements. Napoléon veut la bataille près de Charleroi et se donne les moyens de l’accepter en occupant Gosselies, en s’assurant les débouchés par Charleroi, en se trouvant à portée de surprendre toute concentration de l’armée prussienne sur Fleurus ( venant de Namur, par la route de Namur, et de Liège, par la chaussée romaine ) mais aussi de marcher vers Namur ( en passant par la position intermédiaire de Gembloux au besoin ) tout autant que vers Mons ou sur Bruxelles contre l’armée anglo-batave : il est prêt à toutes les éventualités. Dans l’immédiat, il y aura ou non bataille près de Charleroi, soit parce qu’ils oseront lui faire front dans des conditions dangereuses pour opérer leur jonction, soit ils se replieront pour les éviter. Dans le premier cas, il est en mesure se surprendre ses adversaires avant d’être concentrés et réunis; dans le second cas, il est bien décidé à développer sa manœuvre sur le point de jonction des armées ennemies pour accentuer leur séparation et les combattre successivement : en tout cas, Napoléon ne redoute aucunement la supériorité numérique des forces ennemies qu’il juge toute relative par la qualité même de leurs troupes et la valeur des généraux alliés qu’il sous-estime: 125 000 Français de bonnes troupes seraient en mesure de battre 95 000 Anglo-bataves et 120 000 Prussiens qu’ils soient ou non réunis car, en s’attardant trop longtemps près de Charleroi ou ne prenant pas le parti de manœuvrer de très bonne heure pour les obliger à changer leurs plans, c’est ce qui peut lui arriver : ses adversaires se trouveraient en mesure d’opérer impunément des mouvements pour se réunir. Il est cependant en mesure de le faire contre Zieten avec Vandamme, Grouchy et Reille ; Napoléon peut leur imposer sa volonté stratégique en gardant l’offensive. Son plan de campagne dévoilera cette certitude : il est tant convaincu de battre ses adversaires qu’il est déterminé, si la bataille ne peur avoir lieu près de Charleroi, à diviser son armée en trois masses distinctes, avec deux ailes capables, le croyait-il ainsi, d’agir contre l’une et l’autre des deux armées ennemies tandis que les réserves, tenues au centre, devaient être susceptibles de manœuvrer pour porter tout le poids de ses forces selon les mouvements des Prussiens et des Anglo-bataves : les 45 000 hommes de Ney ou de Grouchy étaient donc censés être en mesure de combattre séparément et respectivement 95 000 Anglo-bataves et 120 000 Prussiens jusqu’à l’arrivée du renfort des 35 000 hommes des réserves devant apporter la décision d’un côté ou de l’autre; nonobstant les pertes à prévoir, 80 000 hommes bien réunis étaient donc censés en mesure de battre des forces bien supérieures quels que soient les champs de bataille.
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rodolphe
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MessageSujet: Le carrefour des Quatre-Bras : objectif prioritaire ?   Sam 18 Mar 2006 - 3:12

BONJOUR à tous,
encore la suite :

Dans un premier temps, Napoléon espérait combattre ses adversaires entre Gosselies et la plaine de Fleurus parce qu’il se croyait en mesure de livrer bataille dans les dispositions qu’il estimait acceptables. Mais Napoléon était-il en mesure de réussir dans cette entreprise ?

Wellington et Blücher ne le croyaient pas ; ils étaient convaincus du contraire : ils avaient confiance dans leurs dispositions et, ils étaient si persuadés de contrer une offensive de Napoléon en Belgique, qu’ils se porteront tous deux à sa rencontre : le premier attaqué devant se borner à subir premier choc d’un combat sérieux ou d’une bataille en se tenant dans une position défensive pendant que l’autre viendrait tôt ou tard l’appuyer offensivement pour assurer la victoire attendue ; la présence de Napoléon à la tête d’une armée n’inspirait ni la crainte ni la peur de subir un échec.

Le repli ( bien intentionnel ) et la concentration ( bien concertée avec Blücher ) du corps de Zieten sur Fleurus pouvait amener à la livrer sur un point éloigné de la Sambre ; les colonnes françaises avaient d’ailleurs la possibilité ( nombreux ponts et disposant de nombreux équipages de pont ) de franchir la Sambre en plusieurs endroits pour surprendre les différents détachements ennemis. Napoléon en était bien conscient et il avait prévu et multiplié les moyens de franchissement pour éviter l’encombrement des colonnes par un seul pont ( celui de Charleroi ). Il ne fera rien pour pénétrer en Belgique sur un plus large front ce qui devait l’amener à multiplier les points d’attaque et donc à diviser ses forces au risque d’être battues en détail dans un pays truffé d’ennemis et de rencontrer des forces ennemies peut-être par trop supérieures ; pour espérer surprendre ses adversaires au début de cette campagne , il lui fallait tenir toutes ses forces réunies en combinant puissance et vitesse pour lui permettre de se déployer ensuite sur une même ligne de bataille entre les armées ennemies. Ses adversaires étaient eux-mêmes persuadés qu’il fallait se réunir pour espérer vaincre Napoléon cherchera en vain le combat contre les troupes prussiennes de Zieten ; pour ce faire, il les poursuivra jusqu’à Gosselies et Fleurus.

Gosselies occupé par Foy ( ou une autre division qu’importe ) avec d’Erlon étiré jusqu’à la Sambre suffisaient à Napoléon pour le garantir contre une attaque en flanc d’une fraction non négligeable de l’armée anglo-batave pouvant venir de Mons et Nivelles ( le 1er corps d’armée étant proche de Charleroi et de Zieten). Napoléon peut désormais porter l’effort principal de l’aile gauche vers Fleurus où la tête de la colonne centrale ne parvient pas à accrocher. Dans la soirée, Zieten se fixant sur Fleurus, Napoléon se trouve enfin en mesure de l’attaquer avec la masse principale des corps d’armée constituant l’avant-garde de la colonne de gauche ( Reille sans compter Lefebvre en pointe sur Frasnes ) et centrale ( Vandamme, Pajol et Exelmans avec la Jeune Garde à proximité ) à défaut de la colonne de droite ( Gérard ) encore très éloignée.

Les dispositions de l’aile gauche se prêtaient à déborder Zieten ; Napoléon en décidera autrement : certes la nuit approchait mais l’ennemi avait pu aussi opérer, même partiellement, d’autres mouvements pour se renforcer et se réunir sur ce point. Il convenait de ne pas agir à l’aveuglette et de rester prudent vis-à-vis des Anglo-bataves et des Prussiens ( les renseignements des espions, les informations recueillies auprès des habitants et les lettres saisies dans les postes ennemis, les interrogatoires des prisonniers ne semblent pas avoir été suffisants pour lui donner une approche réaliste de la situation ; l’exploration par la cavalerie et l’attitude de l’ennemi pouvaient mieux l’éclairer et éliminer quelques hypothèses ).

Par ses dispositions du 15, Napoléon se trouvera en mesure d’attaquer Fleurus dès le 16 de très bon matin. D’Erlon, depuis le franchissement de la Sambre, avait plutôt pour mission première de couvrir la « gauche » de Reille jusqu’à Gosselies (en s’éclairant fortement vers Mons et Binche ) et de flanquer ainsi la masse principale de l’Armée du Nord que de se réunir coûte que coûte à Reille sur Gosselies où son action n’était qu’éventuelle et secondaire; Lefebvre, sur Frasnes, joue autant le rôle d’avant-garde que de flanqueur pour Reille. Les troupes de Reille couvrent ainsi tous les débouchés pouvant mener de Fleurus sur la route de Bruxelles et coupe ainsi les lignes de communications vers Mons, Nivelles et, étant à proximité de la chaussée romaine, celle vers Bruxelles au point que Gneisenau veut en ouvrir une nouvelle par Genappe ; Reille est autant en mesure de se concentrer sur Gosselies en cas de besoin que de se porter rapidement sur la route de Nivelles-Namur ou de joindre les forces françaises à proximité de Fleurus. Ney ( Reille plus particulièrement ) peut penser légitimement qu’une offensive générale se prépare contre l’armée prussienne ; d’ailleurs Napoléon n’a pas dévoilé son plan de campagne : ses maréchaux et ses lieutenants-généraux l’ignorent encore ( Napoléon craint-il les trahisons et les défections ? Les quelques désertions d’avant campagne peuvent cependant l’amener à se montrer prudent.

L’armée anglo-batave paraissant passive et ne rencontrant pas d’obstacle sérieux sur la route de Bruxelles, l’attention de la masse principale de Reille s’est donc particulièrement portée vers Fleurus. Bien affaibli sur la route de Bruxelles, Ney devait cependant songer à s’éclairer sur son front pour éviter aussi toute surprise de ce côté ; ne disposant plus de cavalerie ( Piré est à la poursuite de Steinmetz ), Ney se résoudra à envoyer la cavalerie de Lefebvre en reconnaissance sur la route de Bruxelles afin d’explorer le terrain aussi loin que possible devant lui au risque de l’engager dans un combat d’avant-garde. En s’engageant plus en avant que ne l’avait prescrit Napoléon ( occuper Gosselies ), Ney ne prenait-il pas plutôt le risque de provoquer une réaction de l’armée anglo-batave jusque-là bien inactive ? En tous cas, Ney portera naturellement une avant-garde en avant de Gosselies pour couvrir Foy et flanquer le gros des forces de Reille finalement dirigées vers Fleurus.

Le 15 au soir, la division Foy, en marche depuis le matin, arrivera très tardivement sur Gosselies ( le corps de Reille est très étiré et son arrière-garde est, encore vers 16 heures, sur Marchiennes ; la tête de colonne de d’Erlon ne pourra franchir la Sambre que vers 16 heures 30 ) ; la division Jérôme, pouvant la joindre, sera finalement portée sur Ransart. Lefebvre sera envoyé sur Frasnes d’où, après un bref combat avec un bataillon de Bachelu en soutien, il poussera une simple reconnaissance jusque près des Quatre-Bras. Le rapport de Lefebvre témoigne que c’est Ney qui a pris l’initiative de porter une avant-garde sur Frasnes et Lefebvre l’adresse naturellement à Ney. Quel crédit peut-on dès lors accorder à la conviction que l’ordre formel d’occuper les Quatre-Bras avait été donné à Ney dès le 15 ( privé des ¾ du corps de Reille mais aussi faute d’un soutien affirmé sur Gosselies de d’Erlon devant se garder toujours fortement vis-à-vis des Anglo-bataves).

Il faut également rappeler que Ney (accompagné seulement par la cavalerie de Lefebvre Desnoëttes assurant par là sa protection ), était dépourvu de tout état-major au moment de prendre le commandement des forces de Reille et de d’Erlon.

Il faut encore rappeler que l’infanterie de Reille n’avait pas encore attaqué et assuré l’occupation de Gosselies ; que Ney, avant de songer à tout nouveau bond en avant, ne disposait que de cavalerie ( celle de Piré, celle de Clary déjà bien malmenée, et celle de Lefebvre ne disposant pas de son artillerie dans l’immédiat et ne devant pas être engagée dans un combat sérieux). La brigade Steinmetz, très forte, n’était pas à négliger. Ney, avant d’engager toute action d’importance, avait autant besoin d’infanterie que de faire un état non seulement de la situation mais aussi des positions des troupes de la colonne de gauche pour mieux assurer l’attaque contre Gosselies et la couverture du mouvement de Grouchy engagé vers Fleurus par Gilly. Ney ne pouvait également envisager de progresser plus en avant sur la route de Bruxelles qu’après avoir culbuté les Prussiens de Gosselies ; il devait surtout veiller à les rejeter vers l’est et non les repousser par le nord au risque de prolonger un combat d’arrière-garde sur la route de Bruxelles et de hâter leur réunion probable avec des troupes anglo-bataves dont l’aile gauche ignorait où elles se trouvaient, par où elles pourraient déboucher, quelles forces elles pouvaient disposer et quelles étaient leurs intentions réelles : pour tenter de le savoir, il fallait explorer le terrain et s’éclairer dans toutes les directions d’ailleurs bien limitées par les ordres de Napoléon . Reille et d’Erlon n’avaient-ils pas reçu pour instructions des plus formelles de se tenir militairement dans les directions de Mons, de Binche et de Nivelles ? Après les Prussiens, Ney aurait vraisemblablement à combattre les Anglo-bataves, peut-être même les deux simultanément. Napoléon en savait peut-être plus, mais il agissait selon les événements et d’après ce que ses avant-gardes lui rapportaient sur la présence de masses ennemies sur tous les points où il croyait nécessaire de les diriger, puis de les faire soutenir au besoin pour culbuter l’ennemi partout où il estimait nécessaire afin de ne pas devoir stopper la progression de l’armée en la poussant aussi loin qu’il le déciderait. Dans l’immédiat, l’Armée du Nord doit se porter et occuper simultanément Gosselies et Gilly. Gosselies étant l’objectif immédiat à occuper, Ney attaquera cette position : Ney, disposant de Piré, n’attendra d’ailleurs pas l’arrivée des premiers bataillons de Bachelu pour engager la lutte contre Steimentz qui, craignant une offensive de plus grande ampleur et d’être coupé de sa ligne de retraite vers Fleurus, évacuera Gosselies au moment où les premiers bataillons de Bachelu s’engageaient. L’évacuation de Gosselies découvrira la route de Bruxelles plus vite encore que n’aurait pu l’espérer Napoléon ; la progression aura pu se poursuivre. Cependant l’arrêt de la colonne de Reille obéit à la volonté de Napoléon ( s’emparer de Gosselies et y attendre de nouvelle instructions ) parce qu’il faut couvrir le mouvement de Vandamme et Grouchy sur Gilly ( en attendre le résultat ). Ne pouvant s’engager plus en avant sans l’accord formel de Napoléon , Ney ne se montrera pas pour autant inactif : le danger se révélant bien plus réel vers Fleurus, Piré est chargé de la poursuite de Steinmetz jusque sur Heppignies avec en soutien la division Bachelu sur Mellet pour se garder d’un retour offensif des Prussiens tandis que la cavalerie de Lefebvre part en avant-garde sur la route de Bruxelles pour s’éclairer vis-à-vis des Anglo-bataves jusque sur Frasnes ( en poussant même une reconnaissance sur les Quatre-Bras et la route de Nivelles), puis la division Girard sera envoyée sur Wangenies toujours dans le but de se couvrir vis-à-vis des Prussiens pendant que la division Jérôme sera portée sur Ransart. Ney se montre-t-il passif ?

Il ne faut pas oublier que la cavalerie de Lefebvre a néanmoins été poussée sur Frasnes ( avec un bataillon d’infanterie en appui ) et partiellement jusque près des Quatre-Bras. C’était encore la moindre des choses pour Ney de porter une avant-garde pour s’éclairer devant lui et se couvrir aussi loin que possible devant Gosselies pour éviter toute surprise : il sait les Prussiens sur sa droite et il découvre une fraction de l’armée anglo-batave sur Frasnes et les Quatre-Bras ( couvrant ainsi directement la route de Bruxelles ) et, peut-être, va-t-il en découvrir d’autres dans les directions de Binche, Mons, Nivelles, Bruxelles ; il est entouré des forces de deux armées et il convient désormais de se montrer prudent d’autant plus que Napoléon porte bien davantage son attention vers Fleurus. Ney ne manquera pas d’envoyer son rapport à Napoléon ( joignant même celui de Lefebvre pour lui donner une meilleure idée de la situation ) pour relater les faits avérés sur l’aile gauche.
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MessageSujet: Le carrefour des Quatre-Bras : objectif prioritaire ?   Sam 18 Mar 2006 - 3:14

rebonjour à tous,
encore une suite:

Il faut aussi rappeler que le rapport de Lefebvre, dans la nuit du 15, est adressé à Ney et non à Napoléon ce qui peut amener à l’idée que c’est sur l’initiative de Ney, ne disposant plus de cavalerie, que la reconnaissance ait été poussée jusque sur les Quatre-Bras ; à moins de croire ,d’une manière bien osée, que cette cavalerie d’élite ( et bien reconnaissable ) ait été poussée en flèche, dans une intention bien arrêtée de Napoléon, pour servir d’épouvantail vis-à-vis de l’armée anglo-batave car là où se trouve la Garde devait se trouver Napoléon. Il faut souligner ici que le rapport de Lefebvre fera état que la position des Quatre-Bras est faiblement occupée et qu’il suppose surtout que l’armée belge est sur Mons, le Prince d’Orange sur Braine-le-Comte, et que la retraite semble s’opérer vers Nivelles. Les informations de Lefebvre et le fait que Ney n’a rencontré finalement que peu d ‘éléments anglo-bataves sur la route de Bruxelles amèneront Napoléon dans l’idée que l’armée anglo-batave ( Wellington est supposé encore à Bruxelles ) a bien été surprise et que sa passivité, bien réelle à l’ouest et au nord de Charleroi, préfigure qu’elle n’est pas en mesure de soutenir rapidement les Prussiens, qu’ils soient concentrés ou non, vers Fleurus : les démonstrations militaires sur la frontière du Nord semblent avoir produit l’effet recherché en attirant leur intention de ce côté.


Citation :
Rapport du Maréchal Ney au Major-général

« Gosselies, 15 juin 1815, 11 heures du soir.

Monsieur le Maréchal, j’ai l’honneur de rendre compte à V.E. que, conformément aux ordres de l’Empereur, je me suis rendu cet après-midi sur Gosselies, pour en déloger l’ennemi, avec la cavalerie du général Piré et l’infanterie du général Bachelu. La résistance de l’ennemi a été peu opiniâtre ; on a échangé de part et d’autre 25 à 30 coups de canon ; il s’est replié sur Fleurus.
Nous avons fait5 à 600 prisonniers du corps du général Zieten.
Voici l’emplacement des troupes : Le général Lefebvre-Desnouëttes avec les lanciers et les chasseurs de la Garde, à Frasnes. Le général Bachelu, avec la 5e division, à Mellet. Le général Foy, avec la 9e division, à Gosselies. La cavalerie légère du général Piré, à Heppignies.
Je ne sais pas où se trouve le général en chef Reille. Le général comte d’Erlon me mande qu’il est à Jumet avec la plus grande partie de son corps d’armée : je viens de lui transmettre les dispositions prescrites par la lettre de V.E. en date du jour.
Je joins à ma lettre un rapport du général Lefebvre-Desnouëttes.
Agréez, Monsieur le Maréchal, l’assurance de ma haute considération.
Ney. »

De ce rapport, il apparaît ici que Ney ignore où se trouve Reille ( cependant à Gosselies dans une autre bâtisse) tout comme les divisions Girard et Jérôme dont il ne parle pas ( une autre direction leur a-t-elle été donnée directement par Napoléon ? ) ; il sait d’Erlon avec le gros de ses forces près de Jumet et ne manque pas de lui transmettre l’ordre de se porter sur Gosselies dès que possible ; mais il fait déjà nuit et d’Erlon est très étiré en arrière jusqu’à la Sambre : d’Erlon, dès qu’il en a reçu l’ordre, a marché sur ce point afin d’être en mesure de soutenir l’action de Reille ; mais Gosselies a été facilement occupé au point que les ¾ des forces de Reille ont pu être dirigées vers Fleurus ; l’action du 1er corps d’armée, d’abord éventuelle, est devenue inutile et c’est pourquoi, après s’être rapproché le plus possible pour déterminer ce qu’il devait entreprendre sur Gosselies, il a arrêté ses forces là elles se trouvaient en se conformant au mieux aux ordres initiaux reçus.

Ney a toujours été en pointe de la colonne afin de diriger la lutte : s’est-il montré inactif ? aurait-il du se montrer plus hardi que les ordres de Napoléon l’invitaient à le faire en lui désobéissant ouvertement ? Aurait-il du empêcher le mouvement de Piré sur Heppignies et de Bachelu sur Mellet ? Aurait-il attendre la division Foy sur Gosselies et la porter seule sur Frasnes, puis sur les Quatre-Bras en pleine nuit, en n’assurant pas l’occupation de Gosselies alors que les divisions Girard et Jérôme s’en éloignaient pour se porter respectivement sur Wangenies et Ransart alors que la tête de colonne du corps d’armée de d’Erlon était encore trop en arrière ? Reille n’est-il pas d’ailleurs provisoirement introuvable ? Toutes ces deux divisions ont été détournées de leur objectif initial qui devait être Gosselies. Gosselies a été occupé facilement et rapidement, c’est un fait avéré; les Prussiens auraient pu opposer une longue résistance comme ils auraient pu le faire sur Gilly et un temps aussi précieux aurait sans doute été perdu pour prendre les dispositions d’attaque susceptibles de leur faire lâcher prise. Les Prussiens n’ont pas opposé une réelle opposition, ce qui a permis une progression sans obstacles sérieux sur la route de Bruxelles et de Fleurus, mais les Prussiens restaient dangereux et menaçants françaises ; ainsi il convenait de les suivre, de les observer, de se mettre en mesure de les contenir ou de les repousser en se gardant de tout retour offensif . Ney devait occuper la position de Gosselies pour laquelle Napoléon avait été prêt à employer deux corps d’armée au besoin ; Napoléon voulait cette position et Ney se devait de la conserver. Il est aussi à souligner que Napoléon continue à diriger encore les opérations de l’aile gauche ( la division Jérôme marchera sur Ransart pour soutenir Girard envoyé sur Wangenies ) et ceci est d’autant plus exact que Ney semble ignorer où elles se trouvent comme en témoigne son rapport des opérations tandis que d’Erlon et Reille rendront compte directement de leurs opérations à Soult et donc à Napoléon ; Kellermann aurait du suivre la marche de Ney, mais il n’a pas encore franchi la Sambre et reste sous les ordres directs de Napoléon tandis que Grouchy est chargé de mener la marche vers Fleurus.

Sans Reille, sans état-major, sans cavalerie, sans l’appui de d’Erlon trop en arrière, Ney, parti en pointe pour reconnaître le terrain et ses adversaires directs sur la route de Bruxelles, est revenu tardivement de Frasnes pour établir définitivement son Q-G à Gosselies, y recueillir tous les renseignements transmis par des divisionnaires bien dispersés, faire bivouaquer la division Foy qui reste immédiatement le seule disponible pour occuper Gosselies, et enfin informer Soult ( donc rendre compte à Napoléon ) des événements et des opérations sur l’aile gauche. Si Napoléon devait juger Ney bien trop timoré et peu avancé sur la route de Bruxelles, il lui appartenait de lui transmettre sans tarder de nouveaux ordres pour le porter au plus vite le plus en avant possible et de lui indiquer que la disposition générale de ses divisions n’était pas conforme à ce qu’il avait attendu de son lieutenant ( et par là Reille et d’Erlon ) ; la division Bachelu avait été en mesure de se porter sur les Quatre-Bras plutôt que sur Mellet. En tout cas, le rapport de Ney est daté de Gosselies où il déclare avoir établi son quartier-général et s’être conformé aux ordres donnés ; les premiers ordres du lendemain stipuleront à Ney de réunir ses forces sur ce même point et nul autre endroit. Le compte-rendu de d’Erlon et le dernier ordre de Soult dans la soirée confirment le rapport de Ney et les dernières dispositions de Napoléon :

Citation :
Rapport de d’Erlon à Soult
« Jumay, le 15 juin 1815.
Monseigneur, conformément à l’ordre de V.E., en date de ce jour, 3 heures du soir, je m’étais dirigé sur Gosselies. J’y ai trouvé le 2e corps établi. En conséquence, j’ai placé ma 4e division en arrière de ce village, et ma 2e en avant de Jumay, la brigade de cavalerie se trouve en ce dernier endroit. La 3e division est restée à Marchienne et la 1ère à Thuin, mon autre brigade de cavalerie est à Solre et Bienne-sous-Thuin, ce qui est disséminer beaucoup mes troupes ; je prie V.E.de vouloir bien me faire savoir si je dois rappeler celles que j’ai laissées en arrière…
J’attends l’ordre de demain par l’officier qui aura l’honneur de remettre cette lettre à V.E….

Comte d’Erlon. »

On constate que la lettre de d’Erlon rendant compte de son mouvement est adressée à Soult et donc à Napoléon. Soult lui répondra :

« Monsieur le comte, l’intention de l’Empereur est que vous ralliez votre corps d’armée sur la rive gauche de la Sambre, pour joindre le 2e corps à Gosselies d’après les ordres que vous donnera à ce sujet M. le prince de la Moskowa, ainsi vous rappellerez les troupes que vous avez laissées à Thuin, à Solre et environ ; vous devez cependant avoir toujours de nombreux partis sur votre gauche pour éclairer la route de Mons.
Le maréchal d’empire, major-général
Duc de Dalmatie.

Dans l’après-midi et dans la soirée du 15, le mouvement de d’Erlon sur Gosselies a été rendu inutile par l’occupation rapide de ce village par Ney avec la cavalerie de Piré et les premiers bataillons de Bachelu. Ne recevant pas l’ordre de pousser plus en avant, Ney ne reste pas inactif : il couvre et appuie le mouvement de Grouchy s’opérant vers Fleurus ; Napoléon accentue cette couverture en prenant Girard ( vers 20 heures ) et Jérôme. Pourquoi ne pas pousser ces dernières divisions sur les Quatre-Bras ( avec Foy ) alors qu’il peut déjà disposer de Bachelu et Piré ? D’Erlon ne recevra que trop tardivement l’ordre de rallier finalement ses forces sur Gosselies pour être exécuté d’autant qu’il devait toujours se garder fortement sur sa gauche : la nuit étant tombée et les troupes de son corps d’armée étant très disséminées, le mouvement s’effectuera cependant très tôt le lendemain matin pour, en fait, joindre Reille arrêté sur Gosselies ; la marche sur les Quatre-Bras n’est pas ordonnée : Soult demandera à Ney, par une demande de renseignements et ce seulement le lendemain, si cet ordre était en cours d’exécution et ce qui se passait devant lui ; ce sera ni plus ni moins l’opération tardive conçue le 15 qu’il fallait achever ou compléter. Les renseignements recueillis dans la nuit ou le lendemain matin détermineront la prochaine conduite à suivre et l’axe de direction à donner pour la progression de l’Armée du Nord : tout dépend de la promptitude de réaction de ses adversaires ; Napoléon s’estime en mesure de riposter contre l’un et l’autre de ses adversaires et d’adapter ses opérations.

Napoléon sait ( dès le 15 et encore le 16 au matin ) que Ney n’occupe pas les Quatre-Bras ; il ne lui fera aucun reproche ni dans la soirée ( par Soult ) ni le lendemain ( par une première dépêche de Soult adressé à Ney sur Gosselies ). En fait, après s’être assuré du franchissement de la Sambre, Napoléon poursuit un but et deux objectifs à la fois : se porter le plus en avant possible sur la route de Bruxelles et celle de Fleurus pour permettre à son armée de se déployer pour accepter une bataille probable près de Charleroi ; s’établir sur Gosselies et Fleurus, points qui lui paraissant vitaux à atteindre dans ses opérations en cours, parce que de Gosselies il peut se croire en mesure d’arrêter tout ce qui pourrait venir de Bruxelles et de Mons et par le contrôle de Fleurus tout ce qui pourrait venir de Namur, c’est-à-dire les empêcher de se réunir ou du moins gêner suffisamment cette réunion pour les culbuter dans une zone de bataille que Napoléon a sans doute reconnue pour accepter une bataille qu’il s’attendait à livrer et qu’il a annoncé dès le 14 juin ; Napoléon n’a pas hésité à s’avancer dans un pays truffé d’ennemis et sur la ligne de jonction des deux armées, au risque d’être pris en tenaille, parce qu’il est convaincu de débuter la campagne par un premier succès, pouvant se révéler aussi décisif, contre les troupes anglo-bataves ou prussiennes qu’elles résistent ou se replient..


Ainsi, la disposition des divisions de Reille, dans la soirée du 15, couvre manifestement tous les débouchés pouvant conduire de Gosselies vers Fleurus (Girard à Wangenies et Jérôme à Ransart en soutien direct ), mais contrôle aussi la chaussée romaine ( Bachelu à Mellet avec Piré sur Heppignies en soutien direct ) , tandis que Foy est dans Gosselies avec une division de d’Erlon à proximité tiennent la route de Bruxelles et celle de Mons pour empêcher les troupes anglo-bataves de se porte au secours des Prussiens, mais il est aussi en mesure de se jeter sur la route de Nivelles-Namur ( à portée ) tout comme plus en avant vers Genappe sur la chaussée de Bruxelles-Charleroi avec une avant-garde ( Lefebvre avec un bataillon de Bachelu) sur Frasnes le gardant d’une menace des Anglo-bataves ( les directions de Mons et de Nivelles sont étroitement surveillées par d’Erlon ) ; Ney doit se garder partout tandis que Grouchy ( donc Napoléon ) se porte droit sur Fleurus sans se soucier de ses arrières ( soutenu directement par Napoléon ) et d’une attaque en flanc ( couvert très fortement par Reille ; mais aussi par Gérard au besoin par Châtelet ) .
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rodolphe
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MessageSujet: le carrzfour des Quatre-Bras : objectif prioritaire ?   Sam 18 Mar 2006 - 3:24

Rebonjour à tous,
la suite :

Le 16, au matin, Soult adresse ses instructions sur Gosselies où il pense trouver Ney ( pas sur Frasnes et encore moins sur les Quatre-Bras ). Plus encore, par un courrier personnel, adressé également sur Gosselies, Napoléon dévoile enfin au général en chef de son aile gauche son plan de campagne et lui précise ce qu’il attend de lui : marcher sur Bruxelles dès qu’il aura pris ce parti après avoir marché sur Sombreffe et s’être éclairé fortement jusque sur Gembloux; cette même aile, pourtant encore en mesure de venir appuyer rapidement Grouchy sur Fleurus et Sombreffe - alors même que Grouchy et Girard signalent l’arrivée de nouvelles masses prussiennes par la route de Namur - et que Napoléon ne s’attend qu’à un bref combat contre l’armée anglo-batave, se voit assigner l’ordre le plus formel de s’éloigner de Grouchy en se rabattant sur les Quatre-Bras : l’action de Ney doit principalement et massivement s’exercer en direction de Bruxelles.

Napoléon s’est estimé légitimement satisfait des opérations de la journée malgré les retards de la colonne centrale : le peu de résistance des Prussiens et la passivité des Anglo-bataves tout comme le passage rapide de la Sambre ( les avant-postes prussiens ont vite lâché pied et les ponts sont resté intacts ), quoiqu’on en dise, ont permis un bond en avant non négligeable et des plus avantageux pour les opérations prochaines de Napoléon. Après avoir supposé la possibilité d’une bataille dès son débouché par Charleroi contre les Prussiens ( les premiers menacés puis attaqués ), l’hypothèse d’une bataille sur Fleurus était plausible. Il se trouvait dans les meilleures conditions pour le faire : non seulement il pouvait tomber massivement sur Fleurus contre Zieten mais aussi surprendre l’armée prussienne en pleine concentration sur ce point qui était réellement coupée des premiers renforts anglo-bataves ( Perponcher sur les Quatre-Bras ) qui, bien insuffisants pour venir en aide aux Prussiens, étaient eux-mêmes directement menacés ( Lefebvre sur Frasnes ; Foy sur Gosselies ; Bachelu et Piré à proximité de la route Nivelles-Namur ) pour songer à se réunir coûte que coûte à Blücher sans même l’espoir d’être soutenue tôt ou tard par l’armée anglo-batave ( ordre de Wellington de se porter sur Nivelles ). D’Erlon était en mesure de renforcer Foy et le couvrait vis-à-vis de Mons ; Gérard était en mesure de tourner Zieten et de menacer la route de Namur. Dans de telles conditions, Blücher oserait-il se porter à sa rencontre ? Napoléon occupait Gosselies et touchait la plaine de Fleurus ( champ de bataille historique commandant l’entre Sambre et Meuse et la route de Bruxelles ) ; il est déjà menaçant. Les dispositions pour l’aile gauche seront maintenues jusqu’au lendemain matin, ce qui peut naturellement amener à l’idée que Napoléon se préparait à un tel choc en portant le maximum de forces de ce côté ; mais il semble y avoir renoncé dès lors qu’il prendra le parti de porter toute l’aile gauche dans la direction de Bruxelles ( sans compter Lobau maintenu près de Charleroi ): les troupes de Ney devant se réunir sur les Quatre-Bras, dans le but d’atteindre Bruxelles au plus vite, s’éloigneront de Fleurus en rendant plus hypothétique leur action sur Fleurus ; il semble cependant vouloir rester prudent parce qu’il envisage la coopération d’une fraction de l’aile gauche sur Sombreffe mais les dispositions prises dans l’éventualité d’une telle action se révéleront défectueuses parce qu’elles portaient en elles le risque de la rendre trop tardive ( c’est une fraction de d’Erlon, encore très éloigné, qui doit se porter sur Marbais alors que la division Bachelu et la division de cavalerie Piré sont à proximité de ce point ; en outre, Kellermann n’a pas encore franchi la Sambre ), voire impossible parce qu’elle est conditionnelle ( Ney peut l’appeler à lui s’il en ressent la nécessité ). D’ailleurs Napoléon se privera lui-même de ce renfort potentiel dès qu’il donnera l’ordre le plus formel à Ney de réunir toutes les forces de l’aile gauche sur les Quatre-Bras pour culbuter et détruire, et ce même avant que Reille n’ait été réellement attaqué, tout ce que Wellington pourrait présenter de forces de ce côté. Napoléon ne redoute-t’il pas une menace des Anglo-bataves en laissant une aile gauche aussi forte que l’aile droite ? En tout cas, il se veut prudent.

L’inactivité trompeuse de l’armée prussienne ( paraissant se borner à occuper Sombreffe ), malgré les renseignements de Grouchy et de Girard, détermine Napoléon à modifier son axe de progression : rien ne semble devoir s’opposer à une manœuvre entre les deux armées ennemies ( en poussant Grouchy jusque sur Gembloux si besoin ) et à les tenir éloignées par une manœuvre par lignes intérieures vers Bruxelles ; au pis aller, dès le 16 vers 8 et 9 heures du matin, prévoit-il une échauffourée sur les Quatre-Bras ( faiblement occupée par les Nassauviens ) et un combat d’arrière-garde sur Sombreffe, voire même jusque sur Gembloux, contre 40 000 Prussiens tout au plus.

Mais Napoléon s’abuse sur les intentions réelles de Wellington et de Blücher : ils marchent à sa rencontre. Quoiqu’il en soit, Napoléon se croit en mesure de contenir une armée pour combattre l’autre ( la réserve devant décider de la bataille ) ; mais il aura surtout une occasion inespérée de combattre des adversaires en nombre inférieur ,mal concentrés et mal réunis ( Wellington ne pourra aligner difficilement que 35 000 hommes et Blücher 83 000 hommes contre les 125 000 de Napoléon ); il se devait de ne pas la manquer.

MAIS SURTOUT, il ne faut pas négliger que le franchissement de la Sambre s’est trouvé facilité par la non destruction des ponts et finalement par plusieurs points de passage au lieu d’un seul : celui de Charleroi où la plupart des troupes devaient initialement converger. La courte opposition des Prussiens pour empêcher les têtes de colonnes de l’Armée du Nord de traverser la Sambre permettra une progression rapide sur la route de Bruxelles ( autant par Marchienne que par Charleroi ) ainsi que vers Fleurus. La colonne de gauche se portant même bien plus en avant que la colonne du centre mais cette première sera freinée ( en attente de nouveaux ordres de Napoléon avant même l’arrivée de Ney ), pour finalement stopper son bond en avant sur Gosselies, avec le souci constant de couvrir le mouvement sur Gilly et vers Fleurus (tête de colonne divisions Piré et Bachelu ) où les Prussiens, seuls réels opposants, semblaient se replier en force. Tous les retards du matin étaient compensés par la rapidité de la progression ; cette accélération brutale a non seulement permis le déploiement rapide des troupes entre Frasnes, Gosselies, Marchienne, Fleurus, Charleroi et Châtelet mais lui offre d’emblée l’occasion d’occuper le secteur stratégique et historique d’autres batailles ( Napoléon ne manquait pas d’analyser les campagnes précédentes ) qui, commandant l’entre Sambre et Meuse, devait lui donner des avantages sérieux pour viser la prise de Bruxelles et empêcher ses adversaires de s’y concentrer et de s’y réunir sans danger. Dans la soirée du 15, Napoléon, qui avait envisagé de livrer bataille vers Fleurus, était satisfait du succès des événements : les Anglais paraissaient avoir été surpris et se retiraient vers Nivelles tandis que les Prussiens semblaient se replier vers le nord-est en direction de Namur et de Liège par Fleurus ; mais il se veut encore prudent car ses adversaires, d’abord surpris, se devaient de réagir tôt ou tard.

Il est clair que Napoléon ne veut pas avancer à l’aveuglette sur Namur ou Bruxelles car sa position stratégique entre les deux armées ennemies l’expose, par son débouché de Charleroi, à être attaqué de front et par ses flancs ( avant de l’être par ses arrières s’il prend le parti de marcher contre l’une ou l’autre des deux armées selon les circonstances et l’opportunité de les combattre séparément ou successivement ) ; toutes les hypothèses ont du être calculées, et il adaptera son dispositif aux événements et aux mouvements connus ou, à défaut, supposés de ses adversaires : ces hypothèses s’éliminant ou s’élimineront d’elles-mêmes au fur et à mesure de sa connaissance sur les mouvements ennemis pour être en mesure de les surprendre plutôt que s’aventurer dans une position où il risque lui-même d’être surpris en pleine manœuvre. Napoléon a déclaré avoir une profonde connaissance des dispositions des troupes adverses, mais il est évident qu’il n’a pas choisi de marcher résolument dans une direction ou l’autre, presque automatiquement, parce qu’il était conscient que Wellington et Blücher n’étaient pas restés inertes ( qu’ils se replient ou marchent à sa rencontre ) et que les dispositions des troupes ennemies avaient bien pu se modifier. Il se devait de rester prudent tout en demeurant déterminé à conserver l’offensive pour les obliger à perdre un temps précieux d’abord à assurer la concentration de leurs forces respectives ou de manœuvrer de manière à éviter une première bataille sans être concentrées avant de songer à se réunir ; cette attitude était le moyen d’espérer à les manœuvrer pour les amener à livrer bataille séparément ou mal réunies.

Napoléon connaît la présence et la proximité du 1er corps anglo-batave ( vers Nivelles et Mons ) et du 1er corps prussien ( près de Charleroi et Fleurus ) et la surprise pouvait bien se révéler moins totale que prévue. D’ailleurs, ayant appris, dès le 14 par Grouchy, que l’offensive générale par Charleroi était annoncée depuis quelques jours et ayant appris d’autre part ( ce renseignement se révélera faux ) le rassemblement d’une masse de 5 à 6 000 Prussiens près de Jamioulx, il avait pu craindre que ses adversaires avaient bien pu ( peut-être seulement les premiers corps d’armée ennemis ) entamer des mouvements préparatoires pour s’opposer au franchissement de la Sambre (ce ne sera pas le cas et l’espoir d’une surprise bien réelle semblait devoir s’affirmer ) ou livrer une bataille près de Fleurus s’ils n’avaient pu s’y opposer ( Napoléon l’avait envisagée comme probable ), mais il ne doutait pas que la masse même des forces françaises bien réunies devant pénétrer en Belgique par un point général devait lui permettre de culbuter toute résistance et se déployer en bataille vers Fleurus.

cordialement, Rodolphe.
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MessageSujet: le carrefour des Quatre-Bras : objectif prioritaire ?   Sam 18 Mar 2006 - 3:25

Rebonjour à tous,
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Napoléon s’est déclaré satisfait du résultat de la journée du 15 ; il n’en reste pas moins vrai qu’il reste prudent, encore dans la soirée du 15, pour se préparer à livrer une bataille le 16 qu’il annonce encore comme probable en maintenant, jusque tard dans la matinée du 16, les dispositions prises dès la soirée du 15 afin de rester en mesure de concentrer très rapidement son armée dans la zone d’une bataille s’il le jugeait encore nécessaire

22055.—AU PRINCE JOSEPH , PRÉSIDENT DU CONSEIL DES MINISTRES , A PARIS.
Charleroi, 15 juin 1815, neuf heures du soir.
Monseigneur, il est neuf heures du soir, L'Empereur, qui est à cheval depuis trois heures du matin, rentre accablé de fatigue. Il se jette sur son lit pour s'y reposer quelques heures. Il doit remonter à cheval à minuit. Sa Majesté ne pouvant écrire à Votre Altesse me charge de lui mander ce qui suit:
" L'armée a forcé la Sambre près Charleroi et placé des avant-gardes à moitié chemin de Charleroi à Namur et de Charleroi à Bruxelles. Nous avons fait 1,500 prisonniers et enlevé six pièces de canon. Quatre régiments prussiens ont été écrasés. L'Empereur a perdu peu de monde. Mais il a fait une perte qui lui est très sensible: c'est son aide de camp, le général Letort , qui a été tué sur le plateau de Fleurus en commandant une charge de cavalerie. L'enthousiasme des habitants de Charleroi et de tous les pays que nous traversons ne peut se décrire. Ce sont les mêmes sentiments qu'en Bourgogne.

L'Empereur désire , Monseigneur , que vous fassiez part de ces nouvelles aux ministres, et que vous voyiez l'usage qu'il convient d'en faire.
Il est possible qu'il y ait demain une affaire très importante.
Le premier secrétaire du cabinet ,
Baron Fain.

On peut dès lors mieux comprendre une certaine circonspection dans la nuit du 15 au 16 : il veut se garder partout à la fois et tient ses forces bien réunies.

La matinée du 16 juin démontre ce qu’il croit être la situation de l’ennemi : il se croit en mesure non seulement d’empêcher les mâchoires de l’étau de se refermer brutalement sur lui, ( maintien d’une forte aile à gauche et à droite de son dispositif ) mais aussi de les écarter bien davantage ( progression sur Sombreffe et ce jusque sur Gembloux ; bond en avant sur Bruxelles) de manière à tenir ses adversaires éloignés l’un de l’autre en ouvrant l’espace nécessaire ( qu’il juge cependant d’abord suffisant puisqu’il ne se presse pas de manœuvrer ) pour manœuvrer entre eux par lignes intérieures. Napoléon se croit désormais en mesure de parer à toutes les éventualités ( il ne se trompera pas ; mais la concentration de son armée, au moment de livrer la bataille contre Blücher, sera totalement manquée parce qu’il se laissera lui-même surprendre par la concentration de l’armée prussienne ).

Le choc d’une bataille prévue pour le 15 n’ayant pas eu lieu lui avait seulement permis d’éliminer une des hypothèses sur lesquelles il avait forgé son plan de campagne. En laissant l’aile gauche aussi forte que l’aile droite, il semble cependant que Napoléon n’a pas une idée aussi claire de la situation qu’il le laisse paraître dans les lettres qu’il adresse à Ney et à Grouchy, notamment en ce qui concerne les mouvements et les intentions des Prussiens car s’il ne estime pas immédiatement menaçants il ne peut détermine s’ils feront ou non front, ainsi juge-t-il nécessaire de s’éclairer en poussant jusqu’à Gembloux avant de prendre le parti de porter Ney sur Bruxelles : la marche contre l’armée anglo-batave est d’abord subordonnée à ce que feront les Prussiens. Le repli de Zieten, par le nors-est, d’abord sur Fleurus, puis sur Sombreffe, l’avait amené à l’idée que les Prussiens cherchaient plutôt à éviter une bataille décisive qu’à la hâter et qu’une démonstration de forces plus appuyée, que celle de la veille, suffirait peut-être à les déterminer à la retraite ou à une concentration sur un point plus éloigné : Grouchy devait cette fois disposer de 45 000 hommes sur Sombreffe et Napoléon était prêt à se porter sur Gembloux pour chercher cette bataille. Napoléon paraît en être certain, mais en retenant Girard et en prévoyant une coopération d’une fraction de l’aile gauche sur Sombreffe, et en réservant l’emploi de la Garde sur ce point et de ce côté, il faut bien admettre qu’il prévoyait une lutte peut-être plus sérieuse d’autant que le parti de marcher sur Bruxelles ne peut être envisagé d’être pris que fort tard . En tout cas, Ney ne devait pas contribuer davantage à apporter son aide sur Sombreffe et il pouvait même disposer de toutes ses forces s’il le jugeait nécessaire de son côté : l’initiative d’en décider autrement lui était laissée.


Napoléon s’illusionne sur les intentions de ses adversaires, mais il reste et se croit en mesure de repousser et de culbuter tout ce que l’ennemi pourrait présenter de masses contre lui . Il est loin d’imaginer que Wellington et Blücher se porteront à sa rencontre pour combiner leurs attaques et reprendre l’initiative de l’offensive. Si Napoléon avait cru nécessaire d’occuper les Quatre-Bras, qu’il sait faiblement défendue grâce au rapport de Ney, il n’aurait pas hésité à porter, par une marche de nuit, la divisions Foy ( même très fatiguée ) sur ce point et ordonner à d’Erlon de prendre la place de Reille sur Gosselies ; il n’en a rien fait parce que cette position ne revêt pas pour lui une importance primordiale dans son dispositif car le contrôle stratégique de la route de Bruxelles et de la chaussée romaine, entre Gosselies et Fleurus, lui est assurée ( plus encore avec d’Erlon devant se réunir à Reille sur Gosselies ) et il peut couper les lignes de communication entre les armées prussienne et anglo-batave ; il ne croit plus que les Prussiens et les Anglo-bataves puissent envisager une réunion de leurs forces par la route de Namur-Nivelles alors qu’il s’en trouve à proximité ( tout au plus une « échauffourée » sur les Quatre-Bras et « L’AFFAIRE TRES IMPORTANTE » contre les Prussiens est réduite à la possibilité d’un combat d’arrière-garde sur Sombreffe - contre 40 000 Prussiens - jusque sur Gembloux : pas de bataille générale prévue d’un côté ou de l’autre ). Les Prussiens et les Anglo-bataves resteront cependant en mesure de se lier plus au nord par Genappe ( une division de Reille sur Genappe « s’il n’y a pas d’inconvénients » et une autre sur Marbais dans le but, en autres, de gêner cette ligne en s’éclairant fortement vers « Wavre » et « Namur ») : ce sera d’ailleurs, depuis la veille, le souci de Gneisenau.

DANS LA MATINEE DU 16, Napoléon, sous-estimant la valeur des renseignements matinaux, ne se presse pas à donner des ordres : les informations de Grouchy et de Girard faisant état de l’arrivée successive de forces prussiennes venant par la route de Namur ne changeront rien à sa vision de la situation. La seule instruction visant un mouvement de l’aile gauche, donnée par Soult avant 8 heures, sera adressée à Ney pour lui demander si d’Erlon opère sa marche sur Gosselies pour joindre Reille ; il n’est nullement question de marcher ou de rappeler un ordre de marche sur les Quatre-Bras que Reille ou NEY auraient du opérer dès la veille ou très tôt dans la matinée du 16. Napoléon sait Reille autour de Gosselies avec une avant-garde sur Frasnes et la position des Quatre-Bras est supposée très faiblement occupée, voire même peut-être inoccupée Pourquoi n’a-t’il pas dès lors prescrit à Ney de s’en emparer sans coup férir pendant que d’Erlon se serrait sur Reille. Le seul souci matinal de Napoléon ( par Soult ) est la réunion des forces de d’Erlon à celles de Reille sur Gosselies et d’ordonner directement à Kellermann de porter sa cavalerie dans leur direction. En attendant un ordre de mouvement, Reille doit rassembler ses forces sur Gosselies ( Bachelu sur Mellet ; Girard et Piré respectivement sur Wangenies et Heppignies ; Jérôme sur Ransart ) pour se conformer aux premiers ordres de Napoléon ( la marche de Vandamme et de Gérard sur Sombreffe libérant complètement l’aile gauche, exceptions de Girard finalement retenu et la fraction d’Erlon - 1 div d’Inf + 1 div de Cav - devant se porter sur Marbais ) et Ney décide de se porter en reconnaissance sur Frasnes pour s’informer et informer Napoléon ( comme il le lui demande et rien de plus ) de ce qui se passe devant lui. Rien ne semblait devoir empêcher un nouveau bond en avant de Reille, sur la route de Bruxelles, si ne n’est l’attente réelle d’un ordre exprès et formel de Napoléon.

Il est manifeste que Napoléon ne s’attend plus à une bataille ; il l’avait plutôt prévu, dès le 14, pour le 15 : « Demain 15, je me porterai sur Charleroi, où est l’armée prussienne ; ce qui donnera lieu à une bataille ou à la retraite de l’ennemi… » n°20055, Correspondance.
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MessageSujet: le carrefour des Quatre-Bras : objectif prioritaire ?   Sam 18 Mar 2006 - 3:27

Rebonjour à tous,
encore la suite:

Napoléon s’était préparé au choc d’une bataille en pénétrant par Charleroi ; il veillait à tenir constamment son armée bien réunie tout en multipliant les moyens de franchissement de la Sambre ( les ponts et les équipages de pont ) de manière à porter au plus vite le plus de troupes ( ( Reille par Marchienne ; Pajol, Vandamme et Exelmans par Charleroi ; Gérard par Châtelet ) qu’il pourrait sur l’autre rive en permettant le déploiement de son armée dans l’espace qu’il jugeait nécessaire de contrôler pour accepter la bataille : en débouchant de Charleroi, il ne tarde pas à envoyer de fortes masses sur la route de Bruxelles et sur la route de Fleurus dans le but non seulement de s’éclairer dans ces directions pour culbuter tout ce qui se trouve sur leur chemin mais aussi pour s’emparer de Gosselies et de Fleurus. Espérait-il renouveler l’événement de 1793 qui avait permis à Jourdan de repousser les masses autrichiennes et anglaises qui, tentant de se réunir pour le repousser, avaient été finalement battues et s’ouvrir ainsi la route de Bruxelles ? Avant de débuter une campagne, Napoléon prenait un soin particulier à analyser les campagnes antérieures.

Citations :

« J’ai l’habitude de penser trois ou quatre mois à l’avance à ce que je vais faire, et je calcule sur le pire … ». « A la guerre, rien ne s’obtient que par calcul … ». « Si je prends tant de précautions, c’est que mon habitude est de ne rien donner au hasard ». « C’est avec des plans sûrs et fortement conçus que l’on réussit à la guerre ».

Napoléon n’ayant rien ordonné de tel, Ney ne pouvait donc prendre l’initiative de marcher sur Frasnes et les Quatre-Bras avant d’en avoir reçu l’ordre et ceci d’autant plus que de Gosselies il pouvait tout aussi bien être amené à se porter contre les Anglo-bataves ( en masses ou plus partiellement ), encore signalés sur les Quatre-Bras, que se diriger vers Fleurus où les Prussiens ( selon Girard ) se renforcent. Ney saura ce que Napoléon attend de lui et s’exécutera avec d’autant plus d’empressement que le plan de campagne lui est enfin dévoilé ; il n’hésitera ( malgré Reille et d’Erlon bien circonspects ) à exécuter les ordres de Napoléon avant même d’assurer la réunion préalable des force de l’aile gauche sur Gosselies. Mais quelque peu à la décharge de Reille, est-il utile de rappeler que Reille, informé de l’arrivée croissante de forces prussiennes par la route de Namur, a retardé son mouvement parce que la disposition de ses troupes ( se gardant fortement vers Fleurus ) le prédisposait à agir plus rapidement pour soutenir Grouchy plutôt que la marche d’une fraction, pour Marbais, du corps d’armée de d’Erlon encore en marche et en arrière ? La division Girard ( sur Wangenies ) et la division Piré ( à Heppignies ), à portée immédiate et cela avant même que Napoléon se rende bien compte de la situation réelle devant Grouchy, pouvaient bien remplir ce but et la remplaçaient favorablement ; et à défaut de Girard ( si Napoléon l’a finalement retenue autrement ), la division Bachelu pouvait le faire tout aussi bien. Est-il indispensable de rappeler que Reille devait d’abord rallier sur Gosselies ses forces éparpillées sur plusieurs points ? Est-il utile de prétendre que les dispositions de Ney s’en trouveront ainsi retardées parce que Napoléon provoquera lui-même ainsi une perte du temps pour les mettre en marche ( rassemblement sur Gosselies ) pour les porter finalement sur Frasnes et les Quatre-Bras ? Piré et Bachelu ( plus proches ) rejoindront directement et rapidement Ney sur Frasnes et le rassemblement sur Gosselies concerne les divisions Foy et Jérôme. Faut-il rappeler que d’Erlon a reçu l’ordre direct ( par Reille ) de suivre le mouvement du 2e corps d’armée mais qu’il, lui aussi, arrêtera sa marche parce que la présence d’une masse anglo-batave lui sera signalée par sa gauche et qu’il convenait, avant de poursuivre le mouvement sur Gosselies, de s’assurer de sa force et de son mouvement pour ne pas risquer d’être surprise par une attaque en flanc et de risquer les parcs et les convois laissés en arrière ? Une fois de plus, Ney lui réitérera l’ordre de gagner Gosselies et de marcher sur Frasnes pour l’amener au plus vite sur les Quatre-Bras. Les initiatives des lieutenants-généraux de l’aile gauche démontrent qu’ils aient loin de partager la confiance de Ney ( et celle de Napoléon ) et que, se sachant entouré d’ennemis, ils se tenaient sur leurs gardes ; Reille et d’Erlon ont combattu en Espagne et ils ont pu craindre que les troupes anglaises ne se découvrent qu’au dernier moment alors que l’arrivée d nouvelles masses prussiennes est signalée ( par Girard ) vers Fleurus ?

Reprocher à NEY une quelconque incapacité ou l’accuser d’inactivité me paraît osée : il attendait tout simplement des instructions formelles de Napoléon pour agir dans la direction qui conviendrait précisément au mieux à la stratégie conçue par son commandement en chef, c’est-à-dire inévitablement Napoléon. Ney n’agit pas encore en corps détaché de l’Armée du Nord ; Napoléon dirige tout d’une main de maître en tenant encore son armée « réunie ».

Ney agira dès qu’il en recevra l’ordre exprès : dès réception de l’ordre personnel et direct de Napoléon porté par Flahaut, et avant même celui transmis par Soult, il prendra ses mesures pour se conformer aux dispositions bien définies pour l’action de l’aile gauche ; enfin le mouvement de l’aile gauche et plus précisément sur les Quatre-Bras devient véridique et formel. On ne peut donc pas dire que Ney n’a rien fait de conforme pour se soumettre à la volonté impériale.

Est-il nécessaire de rappeler que Ney n’attendra pas aussi la réunion de toutes les forces de l’aile gauche sur Gosselies pour se porter sur les Quatre-Bras ? C’est justement ce que Napoléon, par un courrier le lendemain de la connaissance et du résultat des combats sur les Quatre-Bras, lui reprochera de n’avoir pas fait le 16 et qu’il eût été préférable de prendre l’offensive qu’à cette condition ( au lieu de laisser d’Erlon en corps détaché ) pour s’assurer la victoire contre Wellington ; lui-même ne lui affirme-t’il pas péremptoirement avoir réussi contre Blücher qu’en s’assurant d’abord de la réunion des corps d’armée de l’aile droite pour engager la bataille ; ce reproche souligne en fait une faute parce qu’elle lui semble la cause du faux mouvement de d’Erlon alors que Ney déclare qu’il provient d’un malentendu de la part de d’Erlon.

En tout cas, Ney confirme et presse le mouvement sur les Quatre-Bras : c’est l’ordre de Napoléon et il ne se discute pas ; l’intention manifeste de Napoléon est d’atteindre Bruxelles au plus vite et le mouvement initial sur les Quatre-Bras s’annonçait d’abord comme peu dangereux ; il n’en sera plus de même lorsque Napoléon prescrira formellement à Ney de réunir toutes les forces de l’aile gauche sur les Quatre-Bras pour, de cette manière, culbuter et détruire tout ce qui pourrait venir de Bruxelles : force est de constater que Napoléon admet que Wellington marche donc à la rencontre de Ney et la bataille est désormais envisagée ; les troupes anglo-bataves se sont renforcées depuis la veille et Reille qu’un renfort de 20 000 hommes serait attendu venant de Bruxelles ( voir étude de Alain Arcq disponible à la Bibliothèque Royale de Bruxelles) ; mais Napoléon est ( et restera ) convaincu que les forces de l’aile gauche « bien réunies » parviendront non seulement à les repousser mais aussi à les détruire

Et en supposant que Ney eût occupé les Quatre-Bras dès la soirée du 15 ou dans la matinée du 16, rien n’empêchait Wellington d’attaquer simultanément Ney en flanc, par la route de Nivelles, et de front, par la route de Bruxelles, avant même que toutes les forces de l’aile gauche ne soient réunies ( l’obligeant à un combat de rencontre par paquets successifs ) et cela sans empêcher Wellington d’ouvrir de nouvelles communications avec Blücher par Genappe au besoin ( s’il s’était donné les moyens de le faire ) plutôt que de s’obstiner à le faire ( en fait par souci de couvrir la route de Bruxelles et la concentration partielle d’autres forces sur Nivelles ) par la route Nivelles-Namur ; en portant Ney sur les Quatre-Bras, Napoléon prenait ce risque et, en lui prescrivant de réunir toutes les forces de l’aile gauche sur les Quatre-Bras, il croyait avoir le temps de le faire et non le placer dans l’impossibilité d’agir sur Bruxelles ( l’ordre de 14 heures le donne à pencher dans ce sens puisqu’il parle de venir lui-même seconder les opérations de l’aile gauche et donc qu’il ne renonce pas à son projet ) avec tout ou partie de ses forces ( Reille, d’Erlon, Kellermann devant être complètement réunis ) sur un autre champ de bataille. Il fallait des circonstances des plus favorables pour que Ney, engagé lui-même en pleine bataille, puisse coopérer à une autre bataille. Et cette opportunité aurait du être rendue possible à cause du retard de d’Erlon le rendant finalement disponible pour manœuvrer contre Blücher ; mais Napoléon, dans l’incertitude où il mettait Ney en lui prescrivant d’abord de la manière la plus formelle de réunir toutes les forces de l’aile gauche sur les Quatre-Bras contre les forces anglo-bataves, puis d’agir vigoureusement contre Wellington en vue d’intervenir sur un autre champ de bataille, et cela à l’heure même où la situation de Ney ne lui permet ni de culbuter Wellington ni de le contenir sans un appui de d’Erlon : Wellington s’est suffisamment renforcé jusqu’à prendre l’offensive à son compte à un moment crucial d’événements contraires aux opérations de Ney ; Que pouvait faire Ney ? L’initiative de l’offensive à outrance se révélait encore plus pressante pour lui et d’autant plus que les dernières intentions écrites de Napoléon devaient l’amener à combattre sur deux fronts simultanément ; pour réussir et maintenir l’offensive contre Wellington, Ney a besoin de d’Erlon.

Quoiqu’informé de la présence de 20 000 Ango-Bataves ( par Janin, sous chef d’état-major du 6e corps, en observation sur les Quatre-Bras ), Napoléon ne fera rien pour assurer un succès de son lieutenant ( non pas en lui retirant directement ou non d’Erlon ) mais plus simplement en lui ordonnant de poursuivre la lutte contre Wellington dans une attitude restant complètement offensive. Sachant déjà Reille réduit à trois divisions d’infanterie ( Girard étant retenu contre Blücher ), Napoléon visait toujours la défaite de Wellington ( qui avait pu cependant se renforcer encore depuis le départ de Janin comme l’avait fait Blücher sur Sombreffe ) et il aurait du se résoudre à ne lui demander l’appui que d’une fraction de l’aile gauche ( la droite de Blücher pouvant être enveloppé et d’Erlon n’ayant pas manifestement encore dépassé Frasnes vers 15 heures lors du passage de Janin par ce point avant de rejoindre Lobau près de Charleroi ) à détacher sur Marbais, ce qui n’était que l’exécution du dispositif initial et susceptible d’être opéré en cas de besoin sur Sombreffe ( sans prendre ainsi le risque de trop affaiblir Ney sur les Quatre-Bras ) , d’appeler à lui aussi Lefebvre-Desnouëttes ( tenu inutilement en réserve ), peut-être même Kellermann ; mais surtout il aurait du mieux employer Lobau ( complètement disponible ), soit en appui direct de Ney ( à la place de d’Erlon ), soit opérer le mouvement enveloppant contre Blücher ( à la place de d’Erlon ) et indiquer à Ney, s’il ne pouvait faire mieux, à se borner de contenir Wellington sur les Quatre-Bras de manière à contrôler la route Nivelles-Namur et couvrir le mouvement enveloppant à faire opérer par une fraction de l’aile gauche ( si possible ) ou par Lobau et Lefebvre ( bien disponibles ), peut-être même ensemble. L’action essentielle de la journée pour la masse principale se révélant désormais et nécessairement se porter contre Blücher ; un succès contre Wellington devant être secondaire. Cependant, il semble bien, d’après les intentions à tirer des instructions de Napoléon du 17 concernant les opérations de Ney sur les Quatre-Bras, que Napoléon n’avait pas renoncé à assurer la défaite simultanée des Prussiens et des Anglo-bataves en reprochant à Ney de n’avoir pas réuni d’Erlon à Reille en le rendant inutile.

Mais Napoléon était-il en mesure d’assurer une défaite décisive de l’armée prussienne ? Blücher se serait-il laissé surprendre alors qu’il surveillait étroitement la chaussée de Nivelles par où, à défaut que Wellington puisse intervenir sur Sombreffe en passant par Gosselies, l’armée anglo-batave pouvait en envoyer des renforts, sinon même encore en le faisant par Genappe ? Même battu et désorganisé, Blücher n’aurait-il pas repris la lutte en ralliant ses débris au Corps intact de Bülow ? Blücher n’est pas Gneisenau ! ! ! !

Enfin, il ne faut pas négliger le fait que Wellington n’a initialement attaché que peu d’importance à la position des Quatre-Bras : il visait plutôt à accepter la bataille sur Waterloo ou Nivelles, ce qui lui donnait le temps de rassembler ses propres forces, loin du point de pénétration choisi par Napoléon, et, en se bornant à un rôle purement défensif, d’attendre les renforts prussiens desquels il avait espéré une attitude purement offensive. Le choix de Blücher d’accepter la bataille générale sur la position défensive de Sombreffe contraindra Wellington à se porter contre Napoléon et le rôle offensif était désormais dévolu au général en chef anglais; Wellington s’est finalement résolu à faire glisser une partie de ses forces sur les Quatre-Bras pour soutenir directement Blücher ; cependant il ne se pressera ni pour se rapprocher de son allié et ni aussi puissamment qu’il était cependant en mesure de le faire ( du moins Blücher avait pu l’espérer ). En acceptant de livrer une bataille rangée sur Sombreffe plutôt qu’un combat d’arrière-garde susceptible d’assurer la concentration et la réunion de toutes leurs forces en retardant la progression de l’armée française vers Bruxelles, Blücher prenait le risque d’être surpris avant d’achever la concentration de son armée mais il incitait plutôt son allié à se montrer circonspect et réticent à lui venir en aide sur un terrain qui le poussait contre Napoléon et surtout plus à l’est que prévu ( Nivelles ) ; Wellington s’est finalement contraint ( sous les sollicitations de Müffling et la demande réitérée de Blücher sur ce qu’il comptait faire ) de glisser une fraction de l’armée anglo-batave sur les Quatre-Bras ( point défensif et de rassemblement pour une division ) qui n’était pas véritablement choisi pour accepter une bataille défensive mais devait finalement être le point de départ du rôle purement offensif que lui dévoyait désormais l’armée prussienne. La circonspection de Wellington et la précipitation de Blücher auraient pu permettre à Napoléon de commencer la campagne par un premier succès, peut-être décisif, mais en tout cas presque inattendu en face de deux armées mal réunies.
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rodolphe
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MessageSujet: le carrefour des Quatre-Bras : objectif prioritaire ?   Sam 18 Mar 2006 - 3:29

Rebonjour à tous,
la suite :

Le choix de Blücher de livrer une bataille générale aussi proche de son armée surprendra Napoléon dans ses préparatifs de marche sur Bruxelles au point de le fixer complètement près de Charleroi et de l’obliger à changer finalement de nouveau d’axe de direction dans cette journée du 16 : se rabattre contre l’armée prussienne avec la masse principale de l’Armée du Nord ; cette action se révélera trop tardive pour être pleinement efficace à cause d’une mauvaise appréciation initiale de la situation. La supériorité numérique de leurs forces ainsi préservée leur permettra d’envisager une nouvelle réunion de leurs forces avec une meilleure combinaison de leurs opérations..

Les dispositions de Napoléon dans cette journée du 16 témoignent que son objectif premier vise la prise de Bruxelles et non à se porter d’abord à la rencontre de l’armée prussienne pour contraindre Blücher à la bataille, puis, une fois battu et rejeté vers la Meuse ou le Rhin, de se rabattre contre Wellington. Le 15 juin, l’aile gauche est très forte et se porte sur la route de Bruxelles mais elle menace fortement Fleurus au point d’envelopper Zieten ( Zieten demandera à Blücher de se retirer plus loin : refus catégorique quitte à se sacrifier pour permettre l’arrivée des autres corps d’armée et une coopération de l’armée anglo-batave ). Le 16, au matin, ne croyant plus à la possibilité d’une bataille générale sur Fleurus, il veut marcher sur Bruxelles dès l’après-midi ou dans la soirée pour l’atteindre au plus vite ; il se porte sur Sombreffe parce que Zieten s’y trouve encore, mais il croit si peu à un engagement très sérieux qu’il ne presse pas le mouvement de l’aile droite et ne songe pas à engager en soutien direct ni la Garde ( en réserve sur Fleurus ), ni à Lobau ( porté sur la route de Bruxelles près de Charleroi ), et qu’une coopération de l’aile gauche ne devient plus que partielle, très conditionnelle et limitée sur Sombreffe. Jusqu’à 14 heures, il envisage même de soutenir l’action de Ney sur les Quatre-Bras pour précipiter les opérations sur Bruxelles car il pense en finir rapidement avec les Prussiens dans le cas où ils feraient front.

Si Napoléon avait eu pour but premier de battre d’abord l’armée prussienne avant de songer à atteindre Bruxelles ( mouvement par lequel il se promet les plus grandes conséquences vis-à-vis de l’armée anglo-batave ), il n’aurait pas hésité à marcher d’emblée avec le maximum de forces contre Zieten en profitant de son isolement, peut-être seulement provisoire, pour le battre en détail et ceci d’autant plus dès lors que Grouchy et Girard lui annoncent l’arrivée de nouvelles masses venant par la route de Namur, les forces de Reille étaient pourtant les plus à même de soutenir l’action de Vandamme et de d’envelopper Zieten ; elles reçurent l’ordre de se porter sur les Quatre-Bras retardant ainsi l’attaque contre Zieten et facilitant ainsi la concentration e l’armée prussienne sur Sombreffe. Si Napoléon avait eu la ferme résolution de livrer bataille d’abord contre Zieten et Blücher, les forces confiées à l’aile gauche ( avec Lobau en appui ) étaient alors trop fortes ou, s’il pensait (comme on peut le croire ) que Grouchy serait suffisant pour battre Zieten, il convenait encore de ne pas retarder la marche des corps d’armée de Vandamme et de Gérard sur Sombreffe ( ce dernier était bien placé en position pour tourner Zieten par l’est tout comme Girard par le nord ) ou sur Gembloux ( en repoussant Zieten dans cette direction ) pour contenir Blücher jusqu’à l’arrivée de la Garde ( si besoin ) si la bataille était inévitable pour assurer sa défaite ; le mouvement sur Bruxelles ne pouvait d’ailleurs espérer réussir qu’à la condition de repousser Blücher vers la Meuse afin de l’éloigner de Wellington jusqu’à ce que la Garde puisse rejoindre Ney. En confiant le tiers de son armée à Ney, Napoléon vise Wellington à se montrer prudent et à se replier pour couvrir Bruxelles ; les renseignements de la veille et le peu d’Anglo-bataves sur la route de Bruxelles ( on croit l’armée belge sur Mons ) ont conduit Napoléon à se croire en mesure de surprendre l’armée anglo-batave, supposée en pleine retraite et dispersée à l’ouest de la route de Bruxelles, et de la couper d’Ostende, Mons, etc. ( l’armée belge, supposée à Mons, de Bruxelles ; l’armée anglaise, le gros des réserves étant sur Bruxelles, de Mons et d’Ostende) par ce mouvement de l’aile gauche sur Bruxelles qu’il veut aussi prompt et brusque que possible ; en confiant un autre tiers à Grouchy, Napoléon se croit en mesure de repousser Zieten et de le battre s’il résiste, et de contenir Blücher et battre ce dernier au besoin avec la Garde en appui ; il tient de nombreuses réserves pour appuyer l’une ou l’autre aile selon les circonstances ce que devrait lui permettre son plan de campagne par lignes intérieures en tenant le couloir de manœuvre qu’il se croit en mesure de maintenir entre les deux armées ennemies par son débouché de Charleroi et le déploiement de ses forces jusque sur Gembloux et Bruxelles. Il pensait bien réussir en faisant l’aile droite aussi forte que l’aile gauche susceptible de contenir l’une des deux armées avec une réserve supposée lui assurer la défaite de celle-ci ; il est clair que le débouché par Charleroi visait plutôt à inciter ses adversaires à se replier vers leurs points de concentration supposés divergents ( les Prussiens vers Gembloux et Namur ; les Anglo-Bataves vers Bruxelles et Nivelles ) et se créer ainsi l’espace nécessaire pour manœuvrer entre eux qu’à les pousser à se réunir près de la zone stratégique entre Gosselies et Gilly qu’il contrôlait, puis sur les Quatre-Bras et Sombreffe qu’il convoitait. Mais si Napoléon a pu surprendre ses adversaires avant d’être réunis après s’être placé avantageusement pour espérer les séparer, il aurait fallu poursuivre le mouvement en enfonçant le coin devant tenir éloignés les deux mâchoire de l’étau qui risquait de se refermer en tardant trop à avancer alors que les dispositions du plan de campagne et le mouvement annoncé sur Bruxelles laissaient présumer une manœuvre aussi puissante que rapide en menaçant de couper l’armée belge, supposée à Mons, des réserves de Bruxelles et celles-ci de l’armée belge . Napoléon manquera l’occasion inespérée de battre ses adversaires même réunis, ce qu’il voulait éviter et redouter, parce que non seulement il s’abusait sur leurs mais surtout parce que Wellington et Blücher, trop confiants dans la justesse de leurs combinaisons, allaient s’exposer d’eux-mêmes à accepter la bataille dans des conditions telles qu’ils se prêteront à être battus en détail avec des forces insuffisantes, mal concentrées et mal réunies ; et si cependant on peut admettre que les forces alliées étaient en mesure de se ressaisir pour livrer une nouvelle bataille par la seule supériorité numérique de toutes leurs forces réunies, il reste que Wellington n’était disposé à accepter une bataille rangée que sur un champ de bataille de son choix et qu’avec un appui puissant et rapide de son allié prussien duquel il s’est toujours efforcé d’en demander un rapprochement constant pour s‘assurer de son secours ( quitte à sacrifier la Belgique aux vexations d’alliés prussiens se comportant comme des troupes d’occupation et aux réquisitions des plus ruineuses ).


En supposant même que Napoléon ait admis l’hypothèse la plus défavorable par laquelle Wellington et Blücher seraient parvenus à se réunir et à disposer de toutes leurs forces, Napoléon ne se croyait-il pas néanmoins en mesure de les combattre simultanément, soit les 95 000 Anglo-bataves ( en portant Ney sur Bruxelles avec 45 000 hommes ou le laissant seul sur les Quatre-Bras ) venant de Bruxelles et de Mons, soit les 120 000 Prussiens ( en livrant bataille sur Sombreffe ou vers Gembloux) ? En tardant, dans la journée du 16, à manœuvrer contre l’une ou l’autre des deux armées adverses pour les séparer afin d’agir comme il l’avait stipulé à Ney, Napoléon prenait le risque de leur donner le temps nécessaire pour venir à sa rencontre, de se concentrer et de se réunir. Si Napoléon ne croyait plus à la possibilité d’une bataille près de Charleroi car il n’envisage plus qu’une « échauffourée sur les Quatre-Bras » et un « combat contre 40 000 Prussiens tout au plus sur Sombreffe », il n’en reste pas moins vrai qu’il est loin d’en être sûr ; la concentration de l’armée prussienne l’a surpris avant d’être lui-même complètement concentré et la concentration partielle de Wellington sur les Quatre-Bras l’empêchera de manœuvrer comme il pensait pouvoir le faire contre Blücher. Napoléon avait cru imposer sa volonté stratégique à ses adversaires pour surprendre leurs mouvements : il sera lui-même amené à se battre sur le champ de bataille choisi par Blücher et s’exposera à être tourné par Wellington ; c’est le plan prévu par Wellington et Blücher. Le plan de campagne qu’il a établi avec l’espoir de mener à bien ses opérations en Belgique contre deux armées lui semble devoir parer à toutes les éventualités ; et puisqu’il ne se presse pas pour vérifier ce qu’il croit être de la situation, il faut admettre qu’il ne doute pas de ses chances pour se risquer à livrer la bataille simultanément sur deux fronts dans un espace aussi restreint qu’entre Gosselies et Fleurus, ou les Quatre-Bras et Sombreffe, et qu’il pense pouvoir manœuvrer avec ses réserves pour soutenir l’une ou l’autre aile selon les événements. Napoléon est convaincu de battre avec seulement 125 000 hommes de bonnes troupes les 95 000 Anglo-bataves et 120 000 Prussiens qu’il juge médiocres; d’ailleurs n’estime-t-il pas sa seule présence à la tête de l’armée à 100 000 homes de plus ?

Qu'en pensez-vous ? J'espère des réactions à ce long résumé de mes pensées.
Cordialement, Rodolphe.
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