La Belgique et le 1er Empire


 
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 Grouchy pouvait-il éviter la défaite de Napoloén à Waterloo?

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rodolphe
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MessageSujet: Grouchy pouvait-il éviter la défaite de Napoloén à Waterloo?   Dim 2 Avr 2006 - 8:40

Bonjour à tous,

Je ne ferai pas de commentaires, je les garde pour moi dans l'immédiat :


Extraits du livre de Charras ; sur les possibilités des mouvements de Grouchy dans la journée du 18 juin vers Mont Saint Jean :

Nous venons de dire les opérations du maréchal Grouchy dans la funeste journée du 18 juin.

De Sainte-Hélène, Napoléon, on 1’a vu, les a signalées comme la cause décisive da désastre de Waterloo ; et presque tous les écrivains française, certains écrivains étrangers ont partagé son opinion.

Cette opinion est erronée. Elle est basée sur une confusion complète de temps sur des faits supposés, des inexactitudes de tout genre.

Grouchy l’a combattue énergiquement ; mais il n’a pas toujours été bien exact ni bien sincère.

Nous avons rétabli la vérité sur la journée du 17 juin.

Au dire même de Gérard, un des critiques les plus opiniâtres et les plus rigoureux du maréchal, la marche de Saint-Amand et de Ligny sur Gembloux fut aussi prompte que les circonstances le permettaient. Cependant, il était nuit quand les troupes de Vandamme et de Gérard y parvinrent, n’ayant parcouru que trois lieues et demie et trois lieues.

Grouchy les fit bivouaquer là pour leur donner quelque repos et, surtout, pour attendrie les renseignements que devaient lui transmettre les détachements de dragons portés, par son ordre, sur Sart-lez-Walhain et Perwez. Alors, en effet, il était dans une complète incertitude sur la direction prise par la masse de l’armée prussienne : il ne savait si elle se retirait sur Wavre ou sur Liège. Cela résulte clairement de la dépêche, qu’à dix heures du soir, il expédia à Napoléon (1), et des deux lettres que, peu après, il adressa à Vandamme (2).

A deux heures du matin, le lendemain, Grouchy était encore dans l’incertitude. Les reconnaissances envoyées sur Sart-lez-Walhain et Perwez ne lui avaient rien appris. Il écrivit à Napoléon et lui annonça qu’il était décidé à marcher sur le premier de ces points.

Ce fut le premier fait de la journée du 18.

On ignore le texte de cette dépêche, datée de Gembloux, à deux heures du matin ; mais l’esprit en est suffisamment connu par un passage de la réponse tardive qu’y fit Napoléon : Grouchy n’indiquait pas sur quel point, dans quelle direction, il marcherait, une fois arrivé à Sart-lez-Valhain. Napoléon conclut, néanmoins, du mouvement sur ce village, à la marche du maréchal sur Corbais ou sur Wavre ; et il l’approuva (3). Mais cette conclusion était aventurée ; les événements seuls la firent juste. Si Grouchy eût été décidé, en effet, à gagner Corbais ou Wavre, il aurait dit explicitement qu’il s’y porterait ; et il se serait porté par le chemin direct, et non en faisant, par Sart-lez-Walhain, un détour qui allongeait sa route d’une lieue.

La direction de Gembloux à ce village est intermédiaire au chemin direct de Gembloux à Wavre et à la voie romaine qui conduit vers Liège. Voilà, sans aucun douter pourquoi Grouchy marcha sur Sart-lez-Walhain. Il espérait recevoir, avant l’arrivée, ou en v arrivant, des informations qui lui apprendraient, enfin, par où se retirait la masse de l’armée prussienne ; et il différait, jusqu’au moment où des renseignements précis1ui parviendraient, le soin de décider s’il prolongerait son mouvement au delà de Sart-lez-Walhain et, d’en déterminer la direction nouvelle, s’il le prolongeait. Voilà pourquoi encore il se borna à prévenir Napoléon qu’il se porterait sur ce village.

Réduit à de vagues nouvelles, irrésolu, il prit un moyen terme.

Cette irrésolution fut cause du retard de la mise en marche de ses troupes, retard qui a été l’objet de vives et justes critiques.

Vandamme ne partit de Gembloux qu’à sept heures, au lieu d’en partir à sis, ainsi que le lui avait ordonné Grouchy. Cela est vrai. Mais cet ordre même reculait beaucoup trop le moment du départ. Grouchy aurait du faire comme Bülow, lever ses bivouacs dès la pointe du jour, dés trois heures du matin.

Le mouvement sur Sart-lez-Walhain a été fortement blâmé. Grouchy, a-t-on dit, aurait du marcher, non sur ce point, mais sur Mousty. A Gembloux, où l’avait envoyé Napoléon, il était déjà trop éloigné de la ligne d’opérations de celui-ci, et il s’en éloignait davantage en se portant sur Sart-lez-Walhain. De plus, si les Prussiens étaient à Wavre, ce mouvement le conduisait à aller les y attaquer de front, tandis qu’en gagnant Mousty, il pouvait manœuvrer, tout de suite, par la rive gauche de la Dyle et éviter cette grande difficulté.

Grouchy a cru répondre victorieusement à la critique, en alléguant ses instructions et son incertitude sur la direction prise par B1ùcher.

Il avait reçu de Napoléon 1’ordre de poursuivre les Prussiens ; et cet ordre n’était nullement subordonné à la condition de se tenir toujours en mesure de coopérer promptement avec l’armée qui suivait les Anglo-Hollandais par la chaussée de Charleroi à Bruxelles. Cette coopération même ne devenait-elle pas impossible, si les Prussiens se retiraient sur Liège ? D’ailleurs, Napoléon paraissait en avoir si peu besoin qu’il ne faisait seulement pas connaître à son lieutenant sa position dans la nuit du 17 au 18.

Grouchy, ignorant la direction de la retraite des Prussiens, devait craindre d’ouvrir la voie à un retour offensif sur la ligne d’opérations de notre armée, s’il se portait à Wavre avant d’avoir acquis la certitude que Blücher ne s’était pas retiré vers Liège. Telle a été, en résumé, la défense de Grouchy. Elle est mal fondée.

Ses instructions étaient incomp1ètes, trop vagues ; Napoléon aurait dû lui prescrire nettement de manœuvrer de manière à ne pas cesser de se trouver en rapport d’opérations avec lui, à même de lui venir en aide au besoin : cela est vrai. Napoléon eut grand tort de ne pas faire connaître au maréchal sa position dans la nuit du 17 au 18, et même de ne pas lui indiquer ses projets pour le lendemain ; cela est encore vrai.

Un retour offensif de Blücher sur la ligne d’opérations de notre armée n’était nullement impossible ; il n’y a pas à le contester.

Mais tout cela ne saurait justifier Grouchy d’avoir marché sur Sart-lez-Walhain et non sur Mousty.

Ne pouvant trouver ni dans ses instructions, ni dans des renseignements certains ce qu’il avait à faire, il devait tirer sa résolution des circonstances. En pareil cas, l’hésitation n’est pas permise : il faut baser ses opérations sur la supposition que son adversaire agira pour atteindre le résultat le plus favorable à ses intérêts et conformément au caractère qu’on lui connaît. Il n’y a pas d’autre règle de conduite, rationnelle. L’art du général serait bien vulgaire , si l’on n’avait jamais à opérer que sur des ordres parfaits, des données certaines.

Or, tout l’indiquait, la manœuvre la plus avantageuse pour Blücher était celle qui devait le rapprocher le plus vite possible de Wellington. Depuis l’ouverture des hostilités, les deux généraux alliés avaient manœuvré pour opérer cette réunion ; ce n’était évidemment pas après la défaite de l’une des leurs armées qu’ils pouvaient vouloir y renoncer ; l’activité, l’énergie, l’audace bien connues de Blücher, la ténacité aussi connue de Wellington suffisaient pour garantir qu’ils n’y renonceraient pas facilement.

(suite à demain )
Cordialement, Rodolphe.
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Stephane
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MessageSujet: Re: Grouchy pouvait-il éviter la défaite de Napoloén à Waterloo?   Mer 12 Avr 2006 - 8:41

Bonsoir

Grouchy dont s'était le premier haut-commandement a suivi à la lettre les ordres de Napoléon, à savoir de poursuivre les restes de l'armée prussienne qui avait combattu à Ligny.... avec un jour de retard !!!

De peur de mal faire à mon avis, il en est resté à ces ordres précis (quoique sa visibilité de l'ensemble des troupes prussiennes était bien faible) et c'est pour cela qui rejeta l'idée de se porter sur le champ de bataille de Waterloo le 18 juib malgré les avis contraires de ses lieutenants. Mais avait-il vraiment les moyens matériels de se rendre sur le champs de bataille à temps ? Hélas on n'aura jamais la réponse au risque de partir dans les dérives de la spéculation.

Il ne faudrait pas aussi masquer l'après 18 juin, où on a vu Grouchy ramener son corps d'armée en France de manière remarquable face aux troupes alliées lancées à sa poursuite.

Stéphane
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rodolphe
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MessageSujet: Grouchy pouvait-il éviter la défaite de Napoléon à Waterloo   Mer 12 Avr 2006 - 10:57

Bonsoir STEPHANE,

Je vous rejoins dans votre appréciation et dans votre conclusion.

Je poursuis ci-dessous le texte de Charras et avec quelques réflexions personnelles (trop longues sans doute):

Or, tout l’indiquait, la manœuvre la plus avantageuse pour Blücher était celle qui devait le rapprocher le plus vite possible de Wellington. Depuis l’ouverture des hostilités, les deux généraux alliés avaient manœuvré pour opérer cette réunion ; ce n’était évidemment pas après la défaite de l’une des leurs armées qu’ils pouvaient vouloir y renoncer ; l’activité, l’énergie, l’audace bien connues de Blücher, la ténacité aussi connue de Wellington suffisaient pour garantir qu’ils n’y renonceraient pas facilement.

[note du rédacteur de cette copie du livre de Charras : pour se donner les meilleures chances de défendre la Belgique et remporter un succès contre Napoléon, il n’est pas douteux que l’intérêt le plus avantageux pour les deux généraux alliés étaient de se réunir pour combattre ensemble et c’est ce qu’ils ont déjà tenté de faire le 16 mais en prenant des risques mal calculés ; après l’échec subi par Blücher sur Ligny et l’insuccès de Wellington sur les Quatre-Bras pour le joindre, Napoléon n’est-il pas persuadé qu’il a empêché cette réunion en supposant désormais les Prussiens hors jeu pour plusieurs jours ? Le 17, il a cru les Prussiens fuyant au plus vite vers la Meuse pour se dérober à une nouvelle bataille et donc incapables de constituer une menace puissante dans les prochains jours vers Bruxelles ; il a cru dès lors que les Anglo-Bataves livrés à eux-mêmes chercheraient désormais, et peut-être plus encore qu’auparavant, à esquiver la bataille : la retraite précipitée des deux armées adverses a-t-elle abusé Napoléon ? Ces deux armées ont certes et sans doute manqué leur réunion dès le 16 par la route Nivelles-Namur mais ne pouvaient-elles pas encore, le 17, la réussir par cette même voie d’autant plus qu’elles l’occupaient encore solidement dans la matinée ? Malgré les lourdes pertes subies, ne pouvaient-elles pas les remplacer rapidement par l’arrivée attendue de puissants renforts, ou, si besoin était, de la faire un peu plus en arrière en passant par Genappe par Tilly, Gentinnes, Mellery, Sombreffe et la chaussée romaine ? Il est remarquable que Napoléon ait perdu un temps précieux à poursuivre l’armée de Blücher et à se rabattre contre l’armée anglo-batave pour joindre Ney en tenant ses forces sous les armes toute une nuit et dans la matinée du 17. Le départ finalement bien constaté de l’armée prussienne du champ de bataille de la veille amènera Napoléon à prendre la décision de donner du repos à ses troupes et à les ravitailler : la journée étant même juger nécessaire pour terminer ces opérations et compléter le mouvement sur les Quatre-Bras par Ney qui était peut-être dangereusement isolé entre Wellington, sur les Quatre-Bras, et Blücher, encore près de Sombreffe. Avant le départ bien constaté des Prussiens, et supposés en retraite vers la Meuse, Napoléon était-il si sûr d’avoir remporté un succès décisif contre Blücher ? Napoléon ne restait-il pas sur ses gardes ? Napoléon savait-il que le 4e corps d’armée prussien n’avait pas participé à la bataille de Ligny et qu’il était en marche sur ce point ?

Finalement, assuré de la retraite des Prussiens, et cette retraite devant commander celle de l’armée anglo-batave, il détache un fort corps à la poursuite de Blücher susceptible en mesure de s’opposer à un retour offensif des Prussiens mais en dirigeant d’abord Grouchy vers Namur et Maastricht, et non sur Wavre, puis sur Gembloux position intermédiaire dans ces différentes directions, il l’éloigne de l’armée principale devant finalement se porter sur les Quatre-Bras et le maintiendra encore trop éloigné en prenant le risque qu’il ne se porte vers Liège par Perwès en croyant poursuivre la masse principale des Prussiens dans cette direction excentrique de Bruxelles, puis continuant dans cette même circonstance en le dirigeant même sur Wavre par la route la plus directe et, du même coup, de la position de Mont Saint Jean.] [En conséquence de quoi, une quelconque intervention prochaine d’un corps d’armée prussien, encore moins de plusieurs, ne peut entrer dans ses calculs à court terme pour la bataille qui devait bientôt l’opposer à Wellington jusqu’à la découverte de l’approche de Bülow. D’ailleurs,
dans cette matinée du 18, Napoléon croyait-il que Wellington accepterait de livrer une bataille générale avec la forêt de Soignes à dos ? Initialement, ordre avait été donné, très tôt, à d’Erlon de continuer le mouvement sur Bruxelles dans l’intention d’engager la poursuite de l’armée anglo-batave et c’est au retour de la reconnaissance de d’Erlon que Napoléon comprendra que Wellington s’était bien établie sur Mont-Saint-Jean pour livrer bataille. Les Prussiens pouvaient-ils intervenir avec tout ou partie de leurs forces ?

Napoléon sait cependant, par un rapport de Grouchy, que le IVe corps d’armée sous Bülow, venant de liège par la voie romaine, est intact et peut représenter un danger réel non seulement pour le détachement isolé sous Grouchy, dans son mouvement sur Gembloux puis sur Wavre par Sart-lez-Walhain, mais aussi peut-être prochain pour l’armée principale vers Mont Saint Jean si ce corps d’armée prussien avait réussi à devancer Grouchy d’une marche, en mettant à profit son mouvement trop tardif vers la Meuse et sur Gembloux ou même seulement une fois arrivé sur ce point, soit encore en manœuvrant directement pour joindre Wellington par le flanc non gardé de Napoléon, soit en passant au besoin par Wavre où il sait cependant que d’autres colonnes se sont dirigées, notamment la colonne qu’il aura lui-même signalée à Grouchy se déplaçant cependant directement en flanc de l’armée principale française et considérée comme forte. Grouchy est empreint de l’idée impériale : les Prussiens ne sont pas en mesure de revenir au secours de Wellington dans l’immédiat et cherchent encore à se rallier en s’éloignant de leurs poursuivants ; la masse principale des Prussiens se rendra-t-elle vers Bruxelles ou vers Liège ? La retraite des colonnes prussiennes sur plusieurs directions n’est-elle pas un indice des plus vraisemblables pouvant témoigner de la dispersion réelle de l’armée prussienne et de son incapacité à accepter une nouvelle bataille générale avec ses propres forces ? Et dans ce cas, s’exposerait–elle, mal réunie, à reprendre la lutte en venant même partiellement au secours de Wellington avec Grouchy sur leurs traces ? Les Prussiens, pourtant à proximité et avec le renfort de Bülow, n’avaient-ils pas abandonné cette possibilité le 17 alors que Wellington avait continué manifestement à se concentrer en masse sur les Quatre-Bras ? Grouchy ne sait d’ailleurs pas où se trouve Napoléon qu’il peut croire sur les Quatre-Bras et peut seulement le supposer en marche vers Bruxelles car tel avait été l’objectif visé par Napoléon dans son plan de campagne dès qu’il aurait rejoint Ney sur les Quatre-Bras après avoir ou non livré une grande bataille contre Wellington. Grouchy, dans son rapport, avait sollicité de nouvelles instructions pour se conformer au mieux à la situation de l’armée principale ; Napoléon n’a pas cru devoir lui répondre rapidement, lui signaler sa nouvelle position et ses intentions ; que pouvait conclure Grouchy : poursuivre les Prussiens en suivant les traces de leur masse principale qu’il croyait, une fois arrivé sur Gembloux, soit en retraite vers Liège par Perwez soit vers Bruxelles par Wavre ; Grouchy se croyait en mesure de reprendre un contact plus étroit avec les Prussiens dans l’une ou l’autre de ces directions, il était déterminé à suivre l’une ou l’autre de ces directions en maintenant ses corps d’armée bien réunis, comme lui avait prescrit formellement de le faire Napoléon, l’une le rapprochant de Bruxelles, l’autre l’éloignant, mais en croyant toujours être en mesure de couvrir Napoléon d’un retour offensif des Prussiens parce qu’il pouvait le croire, faute de nouvelles de Napoléon et parce que Napoléon retiendra les courriers de Grouchy, plus en arrière qu’il ne l’était en réalité ; Grouchy, restant dans l’ignorance des intentions et des opérations de Napoléon, optera finalement pour une marche prudente sur Wavre en passant par un détour par Sart lez Walhain ; sa marche tardive sur Sart-lez-Walhain, puis plus résolue sur Wavre, s’effectue toujours sur une seule colonne et cette disposition peut peut-être trouver une explication sur l’étirement de ses forces du 18 parce qu’il peut redouter un retour offensif des Prussiens, apparemment dispersés mais menaçants sur les différentes directions de retraite supposées, sur la ligne d’opérations de l’armée principale, peut-être encore sur les Quatre-Bras ou déjà en marche vers Bruxelles, qu’il lui faut couvrir au maximum de ses possibilités et qu’il ne peut que mal couvrir en s’exposant dangereusement lui-même à être attaqué, au milieu de l’ennemi, par plusieurs directions sur plusieurs points de sa propre ligne d’opérations.

Napoléon, situé bien plus au Nord et sur le point de livrer bataille contre Wellington devant Waterloo, ne l’attirant pas à lui, ni l’appelant vers Mont-Saint-Jean, pourquoi Grouchy, ignorant complètement sa présence et sa situation réelle devant Mont-Saint-Jean, aurait-il pris l’initiative de manœuvrer, du moins dans de telles conditions et moins encore, dans l’immédiat, sur Mousty ? De plus, Grouchy, attendant des nouvelles de Napoléon après les avoir sollicitées dans son premier rapport, devait conserver logiquement la ligne de communications avec l’armée principale passant par Gembloux, Sombreffe et les Quatre-Bras où devait se trouver, après l’avoir quitté à Ligny, le quartier impérial et que seul Napoléon pouvait modifier s’il en décidait ainsi ou en avait ressenti un besoin urgent. Aucun indice ne peut amener Grouchy vers Mont Saint Jean par Wavre et encore moins directement par Mousty ; seul le bruit d’une canonnade, peut-être d’ailleurs pouvait-il s’agir du bruit d’un combat d’avant-garde de Napoléon contre une arrière-garde de Wellington en retraite vers Bruxelles, mais qui, devenant de plus en plus intense, ne laissera plus de doute sur l’engagement d’une bataille générale en cours dans laquelle Grouchy n’avait été appelé à se porter ni à intervenir avec tout ou partie de ses forces ; Grouchy continuera donc sa marche vers Wavre pour attaquer les Prussiens qui auraient pu s’y arrêter pour lui livrer bataille ou avant de continuer vers Bruxelles où Napoléon lui ordonnera justement, par des ordres très tardifs dans la journée du 18, de se porter le plus vite possible par le chemin le plus direct, c’est-à-dire par Corbais tout en espérant qu’il ne soit pas porté par Perwès et donc à l’est. Mais le problème reste de savoir si Grouchy, en anticipant une désobéissance aux ordres successifs de mouvement sur Wavre, voire même très inspiré pour une raison qu’il ne pouvait pas encore imaginer, eût la possibilité d’arriver en temps utile pour renforcer Napoléon. Je crois que Charras, en dehors de mon intermède tout personnel et encore assez confus dans l’immédiateté, nous donne la clé ; d’autres auteurs militaires aussi avec d’autres arguments : voir Grouard par exemple]


S’ils y parvenaient, Napoléon se trouverait exposé à être écrasé sous le poids des deux armées.

Cette catastrophe, le plus grand de tous les malheurs, Grouchy devait, avant tout, se mettre en position de la détourner, dans la mesure de ses forces. De là, pour lui, l’impérieuse obligation d’entrer, le plus promptement possible, en rapport d’opérations avec Napoléon ; et de là aussi la nécessité de marcher sur Mousty.

[note du rédacteur de cette copie du livre de Charras : on verra, par la suite, que Napoléon, malgré la marche concentrique et la présence de nombreuses et fortes colonnes prussiennes sur sa droite, indiquera Wavre pour se faire et où Grouchy devra se porter le plus rapidement possible ; Napoléon n’a ni attiré ni appelé à lui tout ou partie des forces confiées à Grouchy lesquelles devaient être toujours tenues réunies. Grouchy exécute les ordres reçus comme on le verra. La guerre d’inspiration et toute initiative sont interdites par Napoléon ; seul Napoléon sait ce qu’il doit et faut faire.].

Mon cher Stephane, je poursuis par un autre post.
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rodolphe
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MessageSujet: Grouchy pouvait-il éviter la défaite de Napoléonà Waterloo   Mer 12 Avr 2006 - 11:10

suite :

De ce point, en effet, mieux que tout autre, il serait également à portée ou d’atténuer les conséquences de la réunion des Prussiens et des Anglo-Hollandais, si elle était déjà opérée, ou de la gêner, si elle ne l’était pas encore.

En ligne droite, Mousty est à moins de trois lieues de la chaussée de Bruxelles, et à moins de deux lieues de Wavre.

En y arrivant, ou peu après y être arrivé, on recevrait, sans doute, des nouvelles de Napoléon et de l’armée prussienne, par les éclaireurs ; et ces nouvelles détermineraient la direction ultérieure du mouvement.

Si les Prussiens étaient réunis déjà aux Anglo-Hollandais, on appuierait immédiatement sur Napoléon ;

S’ils étaient encore à Wavre, on marcherait à eux par la rive gauche de la Dyle, en tournant leur position ;

S’ils étaient partis de Wavre et encore en mouvement sur le plateau, engagés dans les défilés du ruisseau de Lasne, on irait les attaquer pendant cette marche de flanc ;

Si, de Wavre, ils s’étaient repliés sur Bruxelles, ce qui indiquerait que Wellington n’aurait pas voulu défendre les abords de la forêt de Soignes, on les suivrait dans cette direction en gagnant Wavre et y prenant leurs traces.

Enfin, s’ils n‘avaient pas paru sur ce dernier point ; si, le laissant à leur gauche, ils avaient marché directement vers Louvain par la chaussée qui conduit de Namur à cette dernière ville, on se porterait sur Wavre et, de là, par un demi à droite, sur leur flanc et sur leurs derrières.

En se dirigeant vers Mousty, Grouchy se serait donc mis à même, on le voit, de diminuer, dans la mesure de ses forces, les formidables conséquences de la manœuvre la plus probable, de la manœuvre presque certaine de son adversaire : celle qui avait dû ou devait réunir bientôt les deux armées alliées.
[note du rédacteur de cette note : mais, avant de se porter sur Sart-à-Walhain, puis dirigeant Vandamme sur Wavre, il ne faut pas oublier que Grouchy ignorait où se trouvait Napoléon ; il pouvait le croire plus en arrière et peut-être encore sur les Quatre-Bras. Napoléon n’a pas cru nécessaire de lui préciser ni sa position ni ses intentions alors qu’il se trouvait sur la route de Bruxelles précisément devant Mont-Saint-Jean et Wellington en sachant, durant toute une nuit, la présence, ou du moins la présomption, de fortes colonnes prussiennes sur Wavre par le rapport de Grouchy et par ses propres informations. Que pouvait faire de plus, dans sa situation, Grouchy ? Les informations recueillies par Grouchy témoignaient une retraite probable vers Liège par Perwez ou vers Bruxelles par Sart-lez-Walhain ; pour faire connaître sa position et connaître les intentions de Napoléon, Grouchy n’avait pas négligé d’établir ou de maintenir les communications avec Napoléon en lui envoyant un rapport, le 17 dès 22 heures, puis un autre, le 18 au matin vers deux heures du matin, ou peut-être seulement vers 6 heures selon d’autres sources, dans lesquels il faisait part de ses incertitudes, des deux directions de recherche et de poursuite sur lesquelles il hésitait à suivre, et il lui indiquait le point précis où il comptait d’abord se porter et de là enfin déterminer la direction qu’il suivrait résolument. Si des deux hypothèses émises également par Grouchy sur les directions de retraite supposées des colonnes prussiennes qu’il avait devant lui, si le point de Sart-lez-Walhain fixé initialement par Grouchy où il comptait bien se rendre avant de décider la direction ultérieure de sa marche, si Grouchy, ignorant complètement la position de l’armée principale, risquait ainsi de se fourvoyer dans une mauvaise direction qui l’en éloignerait en se portant trop vers l’Est, par Perwez, ou trop au Nord, sur Wavre par la rive droite de la Dyle, pour en espérer une coopération utile vers Bruxelles ou une rapide intervention sur Mont-Saint-Jean, si Grouchy avait reçu réellement pour mission de détacher une fraction de ses forces sur Chapelle-Saint-Lambert pour couvrir directement et au plus la droite de Napoléon ou lui venir promptement en renfort au besoin, il convenait dans tous les cas de répondre au plus tôt aux lettres de Grouchy et de modifier ou de rappeler les dispositions de l’aile droite car les deux lettres de Grouchy démontraient suffisamment qu’il ne plaçait pas en position pour lui donner l’espérance d’une coopération ou d’une intervention directe et rapide en temps utile sur la route de Bruxelles si Napoléon en avait bien ressenti la nécessité. En laissant Grouchy dans ses incertitudes légitimes, ne faisant rien pour l’éclairer sur ses intentions concernant le rôle de l’aile droite, et surtout en ne répondant que trop tardivement à Grouchy au risque même qu’il ne s’éloigne de l’armée principale, comme cela s’annonçait, il faut croire que Napoléon était satisfait des dispositions et des vues de son maréchal et qu’il n’avait pas cru à aucune urgence ni à l’appeler ni attirer tout ou partie de ses forces à lui ; et s’il ne le fit pas, c’est tout simplement parce qu’il n’avait jamais cru avoir besoin de Grouchy aussi vite et surtout n’avait pas envisagé l’éventualité d’une prochaine intervention, étroite, directe et immédiate des Prussiens dans la prochaine bataille qu’il s’apprêtait à livrer contre Wellington devant Mont Saint-Jean ou même au-delà de la forêt de Soignes tout comme il ne croyait pas que les Prussiens, même ralliés en masses sur Wavre, se seraient aussi vite rétablis et prêts à revenir au secours de l’armée anglo-batave avec Grouchy sur leurs traces; si Napoléon l’avait soupçonné, il devait et aurait dû prescrire à Grouchy de se rapprocher non seulement au plus vite de Wavre mais aussi et surtout de l’armée principale pour le mettre en mesure de couvrir ou d’appuyer celle-ci au plus près vers Bruxelles ou même de soutenir lui-même l’aile droite e marche sur Wavre.]

Il faut le remarquer encore, si Blücher, se fût retiré vers Liège et non vers Wavre et Bruxelles ou Louvain, le mouvement sur Mousty n’aurait pas compromis la ligne d’opérations de l’armée française, dans le cas même où de faux renseignements auraient conduit à le prolonger jusqu’à Wavre ; car tout en manœuvrant par sa gauche, Grouchy aurait pu, au moyen d’une partie de sa nombreuse cavalerie, bien s’éclairer dans la direction de Liège et s’assurer qu’il ne se passerait rien de grave de ce côté sans qu’il en fût informé assez tôt pour rétrograder et s’opposer à un retour des Prussiens. Il avait un détachement de dragons à Perwez ; il était donc certain, déjà, que, si l’armée prussienne s’était retirée vers Liège, elle était au delà du premier de ces points. Or, une fois à Wavre, il se serait trouvé en position de revenir avant elle sur la chaussée de Bruxelles. Il suffit de jeter un coup d’œil sur la carte pour s’en assurer.

[b][note du rédacteur de cete note : la pensée de Charras paraît complètement juste mais son raisonnement tient essentiellement par le fait qu’il connaît, à posteriori, la direction réelle de toute l’armée prussienne sur Wavre et de sa présence sur ce point. Mais n’oublions pas que Grouchy, en premier lieu, compte-tenu de ses renseignements, ignorait où se trouvait Napoléon ; il pouvant même le croire bien plus en arrière qu’il ne l’était en réalité, peut-être encore sur les Quatre-Bras. En écrivant son premier rapport, dans la nuit du 17 au 18 à Gembloux, puis le second, très tôt dans la matinée du 18, à Gembloux, Grouchy avait justement envoyé ses courriers sur les Quatre-Bras où Napoléon lui avait dit qu’il établirait son quartier-général en se rabattant contre Wellington pour lui livrer bataille ; la bataille avait peut-être duré aussi longtemps que celle qui avait été engagée sur Sombreffe et Napoléon, peut-être ou non victorieux, avait pu rester sur les Quatre-Bras en différant encore la marche la marche projetée sur Bruxelles. Grouchy se croyait et avait annoncé à Napoléon qu’il suivrait la masse de l’armée prussienne mais, incertain sur la route à suivre, hésitant entre Wavre et Perwez, se dirigerait-il vers Bruxelles ou Liège ou Louvain ; dans sa situation, il avait sollicité de nouvelles instructions à Napoléon et, pour lier les communications avec la quartier impérial, l’avait établie par la chaussée de Namur jusque sur les Quatre-Bras en passant par Sombreffe afin de se conformer à la ligne fixée par Napoléon et d’ailleurs non encore changée ; et par l’envoi de ces deux rapports, Grouchy pouvait bien espérer en recevoir réception afin de se conformer au mieux à ses vues et se placer favorablement en rapport d’ opérations avec l’armée principale. La décision de Grouchy de porter son mouvement sur Sart-lez-Walhain démontre son incertitude affirmée sur le mouvement que devait suivre la masse principale des Prussiens car ce point est intermédiaire entre Wavre et Liège, c’est-à-dire les deux directions de retraite vraisemblables et par-là même de recherche et de poursuite possibles ; Grouchy était manifestement indécis mais cette incertitude est dans la continuité même de la direction du mouvement indiqué initialement par Napoléon vers Namur et Liège, le 17, puis orienté plus positivement sur le village de Gembloux, cependant toujours dans les mêmes directions à explorer, qui lui aussi est un point intermédiaire entre Namur, Liège et Bruxelles. Que pouvait faire de plus Grouchy ? Si Grouchy attendait des informations plus précises, plus certaines, de ses reconnaissances de cavalerie sur la direction prise par la masse des Prussiens, il pouvait espérer et devait avoir nécessairement des nouvelles de Napoléon pour avoir une idée générale du théâtre des opérations et prendre la décision la plus sûre pour continuer à couvrir l’armée principale si elle avait déjà marché sur Bruxelles ; Napoléon n’a pas cru utile ni nécessaire de le faire rapidement : faut-il penser que Grouchy devait agir comme un corps complètement détaché vis-à-vis des Prussiens et non plus comme une flanc-garde à droite de l’armée dont l’objectif était Bruxelles ? Ne devait-il pas d’abord manœuvrer sur Namur et Liège avant d’être porté sur Gembloux ? En l’éloignant ainsi, en choisissant même de le porter sur Gembloux, au lieu d’agir sur Bruxelles en servant au plus près vers Wavre, Napoléon ne prenait-il pas de mettre Grouchy dans l’incapacité, voire dans l’impossibilité, de coopérer en temps utile dans la prochaine bataille qu’il voulait livrer contre Wellington qu’elle ait eu lieu d’abord sur les Quatre-Bras, puis Mont-Saint-Jean, peut-être même plus à l’ouest de ces deux points comme Nivelles ou Hal ? En tout cas, Napoléon agit comme s’il n’avait pas compté sur une coopération de Grouchy et surtout il ne croyait pas à une intervention de l’armée prussienne le 18 dans la batille qu’il venait chercher contre Wellington ? Napoléon a cependant prescrit formellement à Grouchy de lui communiquer constamment les mouvements opérés par les Prussiens afin d’en déterminer au mieux les intentions ; Grouchy n’a pas manqué de le faire dès son arrivée à Gembloux ni négligé de demander de nouvelles instructions.

Grouchy avait sollicité les conseils de Napoléon. Napoléon est informé par les lettres de Grouchy sur les mouvements de plusieurs corps d’armée prussiens retraitant par le Nord, au lieu de l’est, et se portant peut-être vers Bruxelles par Wavre et ou Liège par Perwez ; Napoléon, plus que Grouchy, pouvait en déduire que Blücher cherchait à se remettre en ligne avec l’armée anglo-batave pour défendre la Belgique sur des points plus ou moins rapprochés de Bruxelles et de Liège, comme Napoléon l’avait cru d’ailleurs envisagé, après Ligny, si Wellington et Blücher cherchaient encore à se réunir pour accepter une nouvelle bataille entre Bruxelles et Liège, mais son raisonnement pouvait tout aussi se porter sur cette possibilité vers Mont-Saint-Jean dès lors que l’armée anglo-batave semblait s’être arrêtée et que des masses de l’armée prussienne convergeaient sur Wavre et donc ensemble vers Bruxelles ; c’était une raison suffisante ...

La suite à demain. Il se fait tard.
Cordialement, Rodolphe.
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MessageSujet: grouchy pouvait-il éviter la féfaite à Waterloo   Lun 2 Juil 2007 - 9:12

; c’était une raison suffisante pour empêcher cette jonction au plus vite et au plus tôt, qu’elle se réalise ou non sur Bruxelles, ou entre Bruxelles et Liège par Wavre, ou plus directement sur la route de Bruxelles ou sur Mont Saint Jean, en plaçant Grouchy de manière à se rapprocher au plus près de l’armée principale pour en espérer un prompt renfort au besoin et intercepter un mouvement des Prussiens sur la route de Bruxelles, à défaut de pouvoir les fixer sur Wavre et de les empêcher de se porter sur Bruxelles, tout en le portant vers Wavre c’est-à-dire en attirant Grouchy sur la rive gauche de la Dyle ; bien mieux renseigné sur les mouvements de ses adversaires que ne l’était Grouchy, puisqu’il savait Wellington établi sur Mont-Saint-Jean, qu’il avait appris qu’une autre colonne prussienne, considéré comme assez forte, s’était dirigée sur Wavre par Géry et Gentinnes, donc loin de la zone d’exploration dédiée à Grouchy, qu’une concentration de masses prussiennes, même supposée partielle mais suffisamment menaçante, s’opérait loin de Gembloux et donc de Grouchy, alors que l’armée principale était peut-être arrêtée devant Wellington pour couvrir une jonction vers Bruxelles, qu’il était prêt à livrer une bataille générale, Napoléon n’a cependant pas cru utile d’éclairer son lieutenant-général sur sa position exacte, de la possibilité d’une bataille prochaine devant Mont-Saint-Jean, et surtout sur ses intentions concernant l’emploi de l’aile droite dans cette nouvelle situation pour un mouvement concentrique vers Bruxelles au risque qu’il s’en éloigne ; il n’a pas cru aussi nécessaire d’attirer ni d’appeler à lui tout ou partie de son aile droite vers ce point pour couvrir son flanc ou coopérer à cette bataille ; il ne songe pas plus à lui envoyer au plus vite des ordres prescrivant une marche formelle rapide et des plus rapides sur Wavre et il ne lui prescrira finalement de manœuvrer sur Wavre, en ne changeant rien aux dispositions prises par Grouchy : la direction de la marche par Sart-lez-Walhain est approuvée, son mouvement en une seule colonne est maintenu, le départ des troupes n’est pas précipité, l’exploration à la recherche des colonnes prussiennes doit s’étendre sur la droite et non sur la gauche, la poursuite doit se borner à suivre les traces des colonnes prussiennes se dirigeant sur Wavre, poussant et précipitant même leur concentration sur ce point, enfin aucune coopération ou intervention, rappelée ou seulement prescrite, de tout ou partie des forces de Grouchy, se serait-ce même d’un soi-disant détachement sur Chapelle-Saint-Lambert, n’est guère plus à envisager. Napoléon n’a rien fait de tels car tout simplement il est loin d’imaginer une intervention prochaine des Prussiens dans la bataille qu’il veut livrer contre Wellington devant Mont-Saint-Jean ; n’y croyant pas, il ne se presse donc pas à répondre aux deux rapports de Grouchy et se borne à lui prescrire de se porter finalement sur Wavre que trop tardivement sans que Grouchy puisse espérer intervenir dans la prochaine bataille de Napoléon sur Mont-Saint-Jean.

Ainsi, le 18, sans nouvelles de Napoléon qui auraient pu modifier ses intentions ou dissiper ses doutes, il n’est donc pas étonnant que Grouchy, faute de nouvelles certaines recueillies durant la nuit sur les mouvements des Prussiens, ait marché sur Sart-lez-Walhain, point signalé à Napoléon, avec l’espoir d’y déterminer une direction générale pour l’aile droite ; finalement mieux renseigné une fois arrivé à Sart-lez-Walhain , Grouchy est désormais bien déterminé à se porter sur Wavre où se concentrerait la masse principale de l’armée prussienne à coup sûr et où il veut arriver le plus vite et y déterminer les dispositions de bataille ou de poursuite à prendre une fois le contact assuré. Durant sa marche bien entamée sur Wavre avec Vandamme et Exelmans, Grouchy recevra enfin les premières et tardives instructions de Napoléon lesquelles appuyaient positivement le projet du mouvement sur Wavre en passant par Sart-lez-Walhain, donc par la rive droite de la Dyle et jamais par la rive gauche, de manière à y arriver le plus tôt possible : ainsi, en marchant sur Wavre par le chemin le plus direct après être passé par Sart-lez-Walhain où des Prussiens étaient passés, Grouchy était, dès lors plus encore qu’auparavant, convaincu de suivre leurs traces au plus près, malgré la colonne signalée par Napoléon en flanc de l’armée principale et sans prescrire formellement de se porter de ce côté, et s’être conformé ainsi par anticipation aux ordres, même tardifs, de Napoléon ; si Napoléon lui avait prescrit de manœuvrer pour le joindre directement ou s’en rapprocher au plus près pour l’appuyer si besoin, ne lui aurait-il pas ordonné de traverser la Dyle au plus vite ? Ainsi Grouchy, lui qui craignait se fourvoyer dans une direction peut-être non conforme aux intentions réelles de Napoléon et d’avoir à trop s’éloigner de Napoléon pour s’en trouver complètement séparé ou ne pas être en mesure de le soutenir en temps opportun, pouvait se montrer satisfait de sa décision et, n’étant ni attiré ni appelé par Napoléon sur un autre point, il était bien résolu à n’en pas déroger. En prescrivant finalement tardivement à Grouchy la direction qu’il avait pris la résolution de suivre, Napoléon avait pris le risque que Grouchy ne s’éloigne de lui en se dirigeant vers Liège plutôt que sur Wavre ce que Grouchy aurait tout naturellement fait s’il avait marché, dès le 17, vers Namur et Liège, directions de recherche et de poursuite d’abord indiquées comme par Napoléon avant de le porter ultérieurement sur Gembloux ; il est aussi à relever que Gembloux était une position intermédiaire entre Namur et Liège et Bruxelles comme le sera celle de Sart-lez-Walhain et l’est Wavre : Grouchy croyait agir pour le mieux pour observer les mouvements des Prussiens et reprendre le contact avec la masse principale de leurs forces pouvant représenter un danger réel et immédiat pour Napoléon dans sa marche projetée vers Bruxelles ; en n’éclairant guère Grouchy sur cette menace éventuelle, mais trop vraisemblable pour la négliger, et directe des Prussiens sur Mont-Saint-Jean que représente le rassemblement affirmé de fortes colonnes prussiennes sur Wavre, en ne lui indiquant pas de se porter au plus tôt sur ce dernier point, de manœuvrer de manière non seulement à se rapprocher de l’armée principale pour la soutenir au besoin et à contourner Wavre pour éviter d’avoir attaqué de front si les Prussiens étaient décidés à livrer bataille ou les surprendre s’ils visaient à se réunir aux Anglo-bataves directement sur Mont-Saint-Jean ou même plus indirectement par Bruxelles, Napoléon s’exposait lui-même au risque de favoriser une coopération ou une intervention dans la prochaine bataille qu’il comptait livrer contre Wellington que ce soit sur Mont-Saint-Jean ou une position plus proche de Bruxelles. Il faut croire que Napoléon, tout comme Grouchy, dans la nuit du 17 et du 18, et ce même jusque dans la matinée du 18 en se mettant en marche sur Sart-lez-Walhain, et qu’en ne modifiant pas ou en n’indiquant que trop tardivement la direction que devait suivre finalement Grouchy, ait pu croire que le gros des Prussiens pourrait se porter vers Liège plutôt que sur Wavre et qu’il n’a pas voulu prendre le risque de manquer l’occasion de reprendre un contact peut-être prochain et certain avec Blücher, qu’il ait cru la dispersion de l’armée prussienne bien plus accentuée qu’elle ne l’était en réalité et que le rassemblement sur Wavre ne pouvait représenter qu’une menace secondaire dans ses opérations contre Wellington ; peut-être même ce rassemblement sur Wavre n’était-il qu’une flanc-garde ou seulement un corps de liaison ou d’observation vers Bruxelles? De fait, Grouchy se rapprochait de lui-même de Napoléon vers Bruxelles et ce rapprochement de Grouchy pouvait l’assurer tôt ou tard de son appui sur ce point mais du même coup de rapprochement n’annonçait-il pas celui des Prussiens et des Ango-Bataves ? Si Napoléon avait redouté une telle jonction, Napoléon se devait de donner ou de mieux éclairer les dispositions prises par Grouchy.]


Ainsi, dans toutes les suppositions, c’était à Mousty et non à Sart-lez-Walhain que Grouchy devait se porter ; et la justification de son mouvement sur le second de ces points est impossible certainement : ce mouvement fut une faute.

[note du rédacteur de cette note : non en qui concerne Grouchy de crainte de perdre les traces si difficilement retrouvées et le contact des Prussiens si leur masse principale s’était réellement portée vers Liège par Perwez duquel ils s’en trouvaient peut-être déjà bien au-delà. Grouchy visait la principale masse des Prussiens, ne voulait pas manquer l’occasion de la joindre alors qu’il la croyait assez proche de Gembloux et pensait bien la combattre avec l’aile droite bien réunie tandis qu’il se bornerait à observer si possible les colonnes qui lui paraissaient d’un intérêt bien secondaire. Croyant pouvoir négliger la colonne prussienne s’étant portée vers Namur, Grouchy avait bien compris que la direction de Wavre ou celle de Perwez pouvaient se révéler les plus dangereuses pour lui et l’armée de Napoléon vers Bruxelles ; il allait y consacrer toute sa vigilance et toutes ses forces et était décidé à manœuvrer, soit en poussant devant lui plus au Nord ou se rabattre bien davantage à l’est, dans la direction où se révélerait être la masse principale de Blücher ; il négligeait celle conduisant vers Mont Saint Jean et la route Charleroi-Bruxelles parce que rien lui indiquait de le faire et où Napoléon ne l’appelait pas à le faire. Cette remarque n’est valable que pour Napoléon qui avait bien plus d’éléments pour admettre l’idée d’une concentration de colonnes prussiennes non négligeables sur Wavre et peut-être un mouvement vers Bruxelles, où Napoléon comptait bien se porter, ou vers Mont-Saint-Jean, où Wellington se trouvait en rapport d’opérations, pour se réunir, le 18 ou le 19, et accepter de livrer bataille ensemble en tentant de renouveler la jonction manquée le 16 juin.]

Mais cette faute n’exerça ni ne pouvait exercer aucune influence sur la bataille de Waterloo. Grouchy l’aurait évitée ; il aurait marché à Mousty, il y aurait marché dès trois heures du matin, que nos armes n’en auraient pas moins subi un désastre. La preuve de cette assertion, c’est l’infériorité numérique de la colonne du maréchal relativement à l’armée prussienne. Avec 33.000 hommes, il ne pouvait empêcher Blücher de porter à Wellington l’aide qui détermina la catastrophe.

[note du rédacteur de cette note : l’appui demandé d’un ou deux corps d’armée ; en réalité seulement un peu plus d’un corps d’armée prussien interviendra pour arracher la défaite, ou plutôt la déroute, de l’armée de Napoléon. On peut même supposer que cette victoire eût été plus rapide si Wellington ne s’était pas défait des 18.000 hommes de l’armée anglo-batave qu’il avait détachés sur Hal.]

L’armée prussienne réunie sur Wavre, dans la nuit du 17 au 18, était de 90.000 hommes, au moins. Il n’est pas un écrivain sérieux qui ne l’ait admis. Napoléon lui-même l’a reconnu, dans le premier de ses écrits sur la campagne de Belgique : « Malgré les pertes essuyées le 16, l’armée prussienne était encore (le 18) de quatre-vingt-dix mile hommes » Campagne de 1815, par Gourgaud. C’est dans ses Mémoires seulement qu’il s’est aventuré à dire que le feu et la désertion avaient réduit les forces de Blücher à 80, à 70, même à 60.000 hommes.

(voir suite peut-être à demain du récit de Charras )
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MessageSujet: Grouchy pouvait-il éviter la défaite à Waterloo   Lun 2 Juil 2007 - 9:15

(suite du récit de Charras ) + [quelques commentaires de ma part]

La bataille de Waterloo fut rendue indécise par l’entrée en ligne de Bülow, à 16 heures 30, vers Plancenoit. Elle fut décidée par l’irruption de Zieten sur la Haie et Papelotte, vers 19 heures 30 ; et, en ce moment, Pirch 1er, débouchant derrière Bülow, contribua beaucoup à porter le désastre à son comble.

Bülow eut près de 6.500 hommes hors de combat. Mais Zieten et Pirch 1er en eurent, chacun, trois cents seulement, ce qui indique qu’ils eurent peu d’efforts à faire.

Bülow agit avec 29.000 hommes (trois régiments - 12 escadrons – et deux bataillons du corps de Bülow furent retenus trop longtemps sur Wavre pour prendre part à la bataille de Waterloo) ; Zieten avec une division d’infanterie et presque toute sa cavalerie (les trois autres divisions d’infanterie de Zieten, étant trop en arrière, vers Ohain, ne furent pas engagées. En outre, trois bataillons et trois escadrons, sous les ordres du colonel Zepelin, restèrent sur Wavre.) ; Pirch 1er, avec deux divisions d’infanterie et deux brigades de cavalerie (les deux autres divisions d’infanterie, la troisième brigade de cavalerie de Pirch 1er, ne partirent de Wavre que vers 16 heures.). On peut donc estimer à 45.000 hommes au plus, la force des troupes prussiennes qui prirent part à la bataille de Waterloo.

Wellington et Blücher connaissaient d’une manière assez exacte l’effectif de l’armée française qui était entrée en Belgique. La correspondance du premier le prouve nettement (A La Haye, dans les archives du ministère de la guerre, une note montre à quel point les généraux alliés étaient renseignés sur les forces de l’armée française. Cette note, datée de Gand, le 10 juin, est signée par le duc de Feltre (Clarke), ministre de Louis XVIII, et adressée au chef d’état-major du prince d’Orange, le général Constant de Rebecque. Elle est très détaillée et fixe à 120.000 hommes (non compris le grand parc) l’effectif de la garde impériale, des 1er, 2e, 3e, 4e, 6e corps, dans lesquels elle confond les quatre corps de réserve de cavalerie. : »La personne qui m’envoie ces détails, écrit Clarke, et qui est instruite et parfaitement sûre, craignant d’être compromis, n’a pas voulu les donner par écrit. Ils ont été confiés à la mémoire d’un officier qui vient d’arriver, et sur les sentiments duquel on peut compter ».).

L’un et l’autre étaient convaincus, le 18 au matin, que la presque totalité de l’armée française était réunie sur les hauteurs de la Belle-Alliance. Il n’y manquait, croyaient-ils, que le corps de Vandamme ; et cette croyance, ils la gardèrent même le lendemain. (Rapport de Wellington, en date du 19 juin.)

Pendant la nuit, les communications furent permanentes entre les deux généraux ; et Wellington ne se décida à recevoir la bataille de Mont-Saint-Jean que sur l’assurance réitérée de la coopération de deux corps de l’armée prussienne.

Tous ces faits sont certains. Il est hors de doute aussi que Blücher ne manquait ni de coup d’œil, ni de confiance dans l’énergie de ses troupes, qu’il manquait encore moins de résolution, d’audace.

Cela suffit pour mesurer la puissance de l’action qu’aurait pu exercer Grouchy, dans la journée du 18 juin, au cas où, mieux inspiré, il aurait manœuvré comme il le devait.

Partant de Gembloux à 3 heures du matin et non à sept, se portant sur Mousty, et non sur Sart-lez-Walhain, marchant sur deux colonnes et non sur une seule, il serait arrivé à dix heures et demie sur la Dyle ; on doit en juger par le temps que mît la tête de colonne de son infanterie, le corps de Vandamme, à gagner Nil-Saint-Vincent.

Mais ce mouvement aurait été reconnu immédiatement par les éclaireurs du colonel Ledebur, qui occupait Mont-Saint-Jean ; Blücher, par suite, en aurait eu très promptement avis et aurait pris des dispositions pour s’y opposer.

Soit négligence, soit présomption, les ponts maçonnés de Mousty et d’Ottignies, à un quart de lieue l’un de l’autre, n’avaient pas été coupés. Zieten, qui était bivouaqué à Bierges (de Bierges à Ottignies, il n’y a que cinq kilomètres en ligne droite.) aurait reçu l’ordre d’aller en défendre l’accès ; et Pirch 1er, partant aussitôt de Sainte-Anne et d’Aisemont (de Sainte-Anne et d’Aisemont à Ottignies, il y a cinq kilomètre environ.), gagnant les ponts de Limal et de Limelette, serait allé le soutenir. A part même la nécessité de ne pas laisser tourner la position de Wavre, Blücher n’aurait pu manquer d’agir ainsi ; car il aurait eu à couvrir le mouvement de flanc qu’opérait alors Bülow, marchant sur Chapelle-Saint-Lambert.

En arrivant à Mousty et à Ottignies, Grouchy se serait donc trouvé en face de 40.000 hommes et de 150 bouches à feu, retranchés derrière une rivière non guéable et d’abords très difficiles. Il n’en fallait pas tant, en pareille position, sinon pour lui interdire absolument le passage, au moins pour le lui disputer toute la journée ; et, pendant cette lutte, Bülow et Thielmann, c’est-à-dire 50.000 hommes, seraient allés décidés la bataille de Waterloo à Plancenoit et à Papelotte. En un mot, le combat que Grouchy livra sur Wavre, ce jour-là, se serait livré à Mousty et à Ottignies. Or, on l’a vu, ce combat dura de 16 heures à 23 heures et fut une action indécise qui aurait dû se prolonger bien des heures encore avant de permettre à Grouchy d’aller appuyer Napoléon. En outre, il faut le remarquer, Grouchy, à Wavre, eut à lutter contre 16 et 18.000 hommes seulement.

Par un concours de circonstances bien peu probables, il aurait pu se faire, cependant, que Grouchy eût été assez heureux pour se saisir des ponts de Mousty et d’Ottignies, pour passer la Dyle avant que les Prussiens se fussent trouvés en mesure de s’y opposer.

Ne rencontrant aucun obstacle, il aurait eu achevé son passage avant midi. Sachant alors que l’armée prussienne était proche, il aurait marché à elle, rencontré Zieten et Pirch 1er, rangés sur les hauteurs en arrière du ruisseau de Limelette et les aurait attaqués au moment, à peu près, où le bruit intense du canon lui aurait appris qu’une grande bataille s’engageait sur la gauche, vers Mont-Saint-Jean.

En telle circonstance, à quel parti se serait-il arrêté ?

Renonçant à l’attaque, aurait-il manœuvré tout de suite pour rejoindre Napoléon ? On peut l’admettre. Mais, alors, Blücher aurait, de son côté, manœuvré en conséquence. Il aurait laissé Bülow continuer son mouvement sur Chapelle-Saint-Lambert et Plancenoit, dirigé le corps de Thielmann, partie à la suite de Bülow, partie vers Ohain, ordonné à Zieten et à Pirch 1er de suivre Grouchy, de le harceler, de le combattre, de retarder sa marche par tous moyens ; et la plus mauvaise chance qu’il aurait pu rencontrer eût été que ses deux lieutenants, n’ayant pas réussi à empêcher le maréchal français de prendre part au dernier acte de la bataille de Waterloo, fusent arrivés sur Plancenoit en même temps que ce dernier. Or, dans cette supposition, le résultat de la journée serait resté le même ; car l’armée française, ainsi réunie au moment de la crise suprême, aurait eu devant elle toutes les forces de Wellington et de Blücher, qui l’auraient écrasé sous leur poids.

Il convient d’y insister, d’ailleurs, pour rester dans le vrai : on ne peut guère regarder comme probable que Grouchy, partant de Limelette et ayant à combattre, c’est-à-dire à manœuvrer, eût pu arriver avant 21 heures sur Plancenoit. Les deux premières divisions de Pirch 1er, qui partirent de Wavre, qui n’eurent pas le moindre combat à livrer en chemin, ne rejoignirent Bülow, on l’a vu antérieurement, qu’à 19 heures 30.

Grouchy, au lieu de marcher pour rejoindre Napoléon, aurait-il, au contraire, persisté, malgré la canonnade de Mont6saint-Jean, à attaquer Zieten et Pirch 1er, formés derrière le ruisseau de Limelette ? On peut l’admettre aussi ; c’est même, sans doute, ce qu’il aurait fait. Mais Blücher qui aurait, dans ce cas comme dans l’autre, le temps e reconnaître les forces du maréchal français, aurait disposé, encore de Bülow et de Thielmann pour aller appuyer les Anglo-Hollandais, et confié à Zieten et à Pirch 1er la mission de résister à la diversion de Grouchy.

Etablis dans une bonne position, luttant à quatre ou trois, munis d’une artillerie d’un tiers plus nombreuse que celle de son adversaire, les deux généraux prussiens se seraient trouvés bien à même, à coup sûr, d’opposer une longue résistance ; et c’est rester en deçà de la vérité que d’admette qu’ils l’auraient prolongé jusqu’à 19 heures. Le lendemain, de ce jour, nous le verrons bientôt, il fallut à Grouchy près de huit heures pour battre et mettre momentanément hors de cause trois divisions prussiennes, fortes seulement d’une quinzaine de mille hommes.

Quelle que soit l’hypothèse où l’on se place, pourvu qu’on tienne compte des faits connus et qu’en supposant les opérations qui auraient été dû être faites d’un côté, on admette aussi les opérations qui auraient dû en résulter de l’autre, l’injustice de l’accusation portée contre Grouchy devient manifeste.

Il aurait marché plus tôt, manœuvré comme l’indiquaient les circonstances et les règles de la stratégie, que le désastre n’en eût été moins sûr, ni moins complet, nous le répétons. La raison absolue, péremptoire de cette assertion, c’est, nous le répétons aussi, l’infériorité des forces du maréchal relativement à l’armée prussienne. Cette armée comptait 90.000 hommes au moins. De ce nombre, la moitié combattit plus ou moins longtemps contre Napoléon et détermina la catastrophe. Grouchy, avec ses 33.300 hommes, retenant l’autre moitié près de Wavre, aurait fait certainement une œuvre difficile ; mais cette œuvre n’aurait pas suffi pour conjurer la malheur de nos armes. Et, si renonçant à combattre sur la rive gauche de la Dyle, il eût manœuvré directement pour rejoindre Napoléon ; si, contre toute probabilité, il l’eût rejoint assez tôt pour entrer en ligne près de lui, toute l’armée prussienne se serait trouvée réunie aux Anglo-Hollandais ; et la puissance du nombre l’aurait encore emporté ; 160.000 hommes et 440 bouches à feu auraient écrasé 100.000 et 340 bouches à feu.

On a blâmé très vivement aussi Grouchy de n’avoir pas écouté le conseil qui lui fut donné par Gérard, à Sart-lez-Walhain, au bruit de la canonnade de Mont-Saint-Jean. Ce blâme est très mérité, non pas, contrairement à ce qui a été dit, parce qu’il est de règle absolue de marcher au canon, car cette règle souffre bien des exceptions et en souffre surtout quand on a des forces ennemies devant soi ; mais parce qu’à Sart-lez-Walhain, la nécessité de manœuvrer par la gauche était devenue plus pressante qu’à Gembloux. Le maréchal le savait enfin, lui-même en est convenu, l’armée prussienne ne s’était pas retirée sur Liège ; elle s’était concentrée sur Wavre dans la nuit. Dès lors, le retentissement de la bataille qui s’engageait aux abords de la forêt de Soignes ne laissait guère la possibilité d’admettre que cette armée n’eût pas rejoint déjà, ou, tout au moins, ne fût en mouvement pour rejoindre les Anglo-Hollandais :si près l’in de l’autre, Blücher et Wellington avaient dû concerter une action commune, pour le jour même, contre Napoléon. Comme le proposa Gérard, il fallait donc se hâter d’aller passer la Dyle à Mousty pour se rapprocher de la masse de l’armée française, lier les communications, se mettre en rapport d’opérations avec elle, en position d’aller la renforcer ou d’agir, s’il en était encore temps, si l’on ne pouvait davantage, afin de gêner, de retarder la réunion de Blücher avec Wellington. Continuer la marche de Sart-lez-Walhain sur Wavre, c’était différer le moment où l’on serait à même d’atteindre ces résultats ; et, pareille circonstance, tout était fâcheux. Grouchy s’y décida, cependant, par la raison, a-t-il dit, qu’il croyait les Prussiens à Wavre, qu’il les y croyait d’autant plus, qu’Exelmans avait rencontré leur arrière-garde vers Neuve-Sart. Mais cela même n’excuse pas sa résolution, nous l’avons déjà fait remarquer. En supposant les Prussiens à Wavre, en supposant qu’il dût les y trouver à son arrivée sur ce point, il devait aller passer la Dyle beaucoup plus haut, afin de tourner leur position, d’éviter de les attaquer de front.
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MessageSujet: Grouchy pouvait-il éviter la défaite à Waterloo   Lun 2 Juil 2007 - 9:17

[note de Rodolphe : tout à fait d’accord car Grouchy, une fois arrivé sur Sart-lez-Walhain, avait recueilli des informations plus sûres qu’à Gembloux concernant la direction de retraite prise par l’armée prussienne, du moins concernant la masse de cette armée ; il savait que des masses de l’armée prussienne avaient convergé et se concentraient bien sur Wavre ; il avait donc résolu logiquement de se porter sur ce point, abandonnant une direction de poursuite vers Liège après avoir abandonné celle sur Namur. Il avait envoyé naturellement un officier à Napoléon pour l’avertir de sa décision et des mouvements des Prussiens afin que ce dernier se fasse une idée plus juste des intentions de Blücher mais il ne pouvait déterminer si les Prussiens s’arrêteraient sur Wavre pour livrer bataille ou continueraient leur marche pour joindre Bruxelles et Wellington tout comme il ignorait si Wellington avait subi un revers sur les Quatre-Bras, s’était replié sur Bruxelles ou sur un autre point, s’il s’était devant Napoléon pour livrer une bataille générale ou un combat d’arrière-garde, s’il était en mesure d’être appuyé ou non par les Prussiens ; plus encore, il ignorait encore où se trouvait Napoléon pour se faire une idée plus juste de la situation de Wellington et ainsi supposer ce que pourraient tenter les Prussiens qui s’étaient portés sur Wavre. Wellington avait-il été battu sur les Quatre-Bras ? Avait-il réussi à éviter cette bataille ou était-il parvenu à se replier vers Bruxelles, ou vers Nivelles, ou la mer pour se repositionner derrière l’Escaut ? Faute de nouvelles de Napoléon, Grouchy ne pouvait qu’être réduit à des conjectures : chargé de rechercher et de poursuivre les Prussiens dans les directions que Napoléon lui avait indiquées, Grouchy s’était borné à suivre scrupuleusement les ordres donnés depuis la veille et avait décidé, encore incertain de la direction prise par la masse des Prussiens, de manœuvrer sur Sart-lez-Walhain, position intermédiaire entre Wavre et Perwez.; l’information qu’une autre colonne assez forte de Prussiens s’était portée sur Wavre n’eût pas été inutile à Grouchy pour l’éclairer sur le danger d’une puissante concentration des Prussiens sur Wavre tout comme l’eût été celle sur la position de l’armée française arrêtée devant Mont-Saint-Jean, pour chercher à se lier plus promptement et se mettre plus étroitement en rapport d’opérations alors qu’il s’en éloignait en se portant sur Wavre en continuant sa poursuite par la rive droite de la Dyle ou alors qu’il s’en serait encore plus éloigné s’il s’était porté vers Liège. Faute de connaître la position réelle de Napoléon et faute de nouvelles de sa part sur ses intentions bien arrêtées pour livrer bataille à Wellington devant Mont-Saint-Jean, après avoir manqué l’occasion de l’engager sur les Quatre-Bras, Grouchy en était réduit qu’à des suppositions devant une armée qui paraissait réunie mais encore affaiblie ; néanmoins si Grouchy avait bien connu en temps utile la situation exacte de Napoléon, aurait-il toutefois été déterminé à manœuvrer par la rive gauche de la Dyle bien plus tôt comme il cherchera seulement à le faire, vers 16 heures 30, dès le contact assuré sur les Prussiens et dès réception de la première lettre de Napoléon l’informant enfin de toutes ces données : je ne le crois pas car, après la canonnade entendue et grandissant cependant en intensité vers Mont-Saint-Jean, il reste fixé sur l’objectif unique d’atteindre Wavre au plus vite et plus encore sera-t-il conforté dans cette idée par ce que Napoléon lui prescrira dans cette même lettre : se porter sur Wavre au plus tôt sans lui demander aucunement de se rapprocher ou de le joindre au plus tôt vers Mont-Saint-Jean, ni même y attirer tout ou partie des forces de l’aile droite, encore moins à porter ou avoir soustrait un quelconque détachement vers Chappelle-Saint-Lambert en lui rappelant s’il l’avait opéré ou en disposerait si besoin, et plus encore en lui rappelant qu’il devait opérer un quelconque mouvement sur Mont-Saint-Jean ou sur Bruxelles après avoir atteint Wavre. Entendant la canonnade vers Mont-Saint-Jean, Grouchy pouvait déterminer la position de Napoléon mais il pouvait s’agir, dans sa connaissance imparfaite des opérations de Napoléon, d’un combat d’une avant-garde contre une forte arrière-garde de l’armée anglo-batave devant la forêt de Soignes pour couvrir la retraite du gros de l’armée anglo-batatve et indirectement celle de l’armée prussienne vers Bruxelles tout comme le début de la grande bataille espérée contre Wellington se réalisant plus au Nord par rapport à celle annoncée sur la position des Quatre-Bras. Ayant repris sûrement le contact et certain et certain de joindre tôt ou tard l’armée prussienne vers Wavre, n’ayant pas de nouvelles de Napoléon, ignorant sa position et ses intentions pour la journée du 18, ayant été détaché de l’armée pour rechercher, poursuivre, observer et compléter la défaite de l’armée prussienne dans les directions indiquées au risque de l’éloigner de l’armée principale s’il avait dû et résolu de marcher sur Namur ou Liège, et d’ailleurs maintenues par Napoléon, jusqu’à réception de nouveaux ordres, il était déterminé à se porter sur Wavre parce que ce point lui paraissait naturellement la direction la plus menaçante pour Napoléon dans son projet annoncé de se porter sur Bruxelles ; si Grouchy avait connu ou appris la position et les intentions certaines de Napoléon, tout en apprenant la réunion de l’armée prussienne sur Wavre, en lui prêtant l’intention de marcher sur Bruxelles et non sur Mont-Saint-Jean, il aurait agi comme il le fera en se portant au plus vite sur Wavre et tenter de contourner cette position une fois le contact assuré près de ce point dans le vain espoir d’empêcher les Prussiens d’atteindre Bruxelles, comme il en avait affirmé l’intention ; n’étant pas appelé à intervenir dans la bataille contre Wellington, Grouchy n’aurait manœuvré sur Mont-Saint-Jean que si Napoléon l’avait formellement prescrit et ne se serait porté sur la rive gauche de la Dyle pour se rapprocher de Napoléon qu’une fois s’être assuré si la masse des Prussiens agissait pour venir directement au secours de Wellington : c’était d’ailleurs les instructions contenues dans la première lettre tardive de Napoléon et il n’aurait agi autrement, en suivant finalement le conseil de Gérard, que sur l’ordre positif de Napoléon pour se porter vers Mont-Saint-Jean. Au lieu de cela, Napoléon agit comme s’il n’avait prescrit ou n’avait pas compté sur un appui prompt et prochain de tout ou partie de son aile droite vers Mont-Saint-Jean, voire même sur Bruxelles, alors qu’il était susceptible, dès la veille, et au moment même qu’il s’apprêtait à livrer bataille contre Wellington ; il agissait comme s’il ne croyait pas ou ne redoutait une intervention de tout ou partie des Prussiens qu’il sait cependant en masses sur Wavre ; après avoir retenu auprès de l’état-major la première estafette de Grouchy, apportant de précieux renseignements sur le rassemblement de colonnes prussiennes et leur mouvement concentrique vers Wavre, dont Grouchy attendait en retour de nouvelles instructions, Napoléon non seulement tarde encore à les lui transmettre mais surtout ses intentions démontrent qu’il ne s’attendait pas à une prompte et puissante intervention des Prussiens vers Mont-Saint-Jean parce qu’il indique le mouvement de Grouchy sur Wavre comme conforme à ses intentions et sur lequel Grouchy doit se porter au plus vite, c’est-à-dire par la voie la plus directe, en passant par Sart-à-Walhain et nullement par un détour devant s’opérer par Mousty ou Ottignies. Que pouvait comprendre Grouchy ? Le conseil de Gérard paraissait donc mal avisé et il devait continuer son mouvement sur Wavre en marchant sur les traces des colonnes prussiennes s’étant rendues sur ce point précis pour les pousser droit devant lui et se borner, pour ne pas diviser les 3e et 4e corps d’infanterie, à observer par des détachements secondaires celles qui auraient marché par sa droite : le terrain sur la gauche n’est même pas signalée comme pouvant représenter un danger réel et immédiat pour la droite de Napoléon car aucun détachement sérieux ou l’appui d’un soi-disant détachement n’est envisagé vers Mont-Saint-Jean devant venir par Chapelle-Saint-Lambert alors que ce dernier connaît la présence de la colonne assez forte qui se serait dirigée sur Wavre ; de fait est-on sûr que cette colonne ait bien réellement marché sur ce point, ou d’abord égarée ne s’était-elle pas brusquement rabattue vers l’est, ou n’était-elle pas restée en observation ou ne s’apprêtait-elle pas à venir au secours de Wellington en guettant une occasion favorable pour se faire ? Napoléon n’en parlait-il pas à Grouchy pour lui indiquer que des forces prussiennes peut-être plus considérables s’étaient portées sur Wavre et qu’il devait se montrer prudent en ne désunissant pas ses forces au moment de les atteindre ? Ne l’invitait-il pas à ne pas aventurer les troupes de l’aile droite en les tenant toujours bien réunies ? Ne l’invitait-il pas à ne prendre aucune initiative et à se borner à qu’il lui prescrivait de faire et rien d’autre ? Grouchy aura pris la seule initiative, dans la matinée du 18, de s’éclairer en direction de la Dyle mais il ne poussera pas plus loin cette exploration et jamais vers Mont-Saint-Jean où rien ne lui indiquait ou ne l’incitait à le faire parce qu’il ignorait justement où se trouvait précisément Napoléon ; il couvrait seulement sa marche vers Wavre pour éviter toute surprise éventuelle de ce côté, peut-être de colonnes prussiennes égarées, peut-être même de troupes anglo-bataves pouvant être stationnées dans ce secteur, et, dans cette ignorance, il continuait à communiquer avec Napoléon en passant par Gembloux et les Quatre-Bras : son deuxième courrier, partant de Sart-lez-Walhain, ne se dirigera finalement vers Mont-Saint-Jean que parce, venant à peine de quitter ce point, il entendra le bruit du canon dans cette direction où devait probablement se situer l’armée de Napoléon ou du moins son avant-garde comme le croira Grouchy lui-même. Pour quelles raisons réellement valables, Napoléon aurait-il pris sur lui de manœuvrer vers Mont-Saint-Jean alors même que Napoléon supposait les Prussiens peut-être arrêtés sur Wavre ou continuant leur mouvement vers Bruxelles ? Ainsi, par cette croyance affirmée de Napoléon, Grouchy devait et fera tout pour se conformer strictement aux dernières instructions reçues : pousser droit devant lui pour atteindre au plus vite Wavre sans jamais déroger à un quelconque mouvement ou faire intervenir un quelconque détachement vers Chapelle-Saint-Lambert ; le mouvement prescrit sur Wavre devait se faire par Sart-lez-Walhain et toujours par la rive droite de la Dyle, mouvement que Napoléon avait très tôt en mesure de modifier ou d’approuver en se liant au plus vite à Grouchy puisqu’il connaissait non seulement la position de Grouchy mais également les intentions et les directions que voulait suivre Grouchy. Etant plus proche de Wavre, où se trouvait désormais avec plus de certitude, s’il en avait besoin encore, la masse des Prussiens qu’il ne l’était de Mont-Saint-Jean où ils avaient peut-marché avec tout ou partie seulement de leurs forces, Grouchy a pris la parti de marcher directement et résolument dans la seule direction fixée et confirmée par Napoléon lui-même alors que, tardant trop à l’approuver, il avait plus d’éléments que Grouchy pour envisager ou non une coopération possible des Prussiens sur Mont-Saint-Jean qu’ils manœuvrent en longeant la forêt de Soignes par le Sud ou le Nord de cette position.]
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MessageSujet: Grouchy pouvait-il éviter la défaite à Waterloo   Lun 2 Juil 2007 - 9:18

Ainsi, il eût tort de repousser l’avis ouvert par Gérard ; et c’est très justement qu’on l’en a blâmé. Mais on a été plus loin : on a prétendu qu’en exécutant la manœuvre conseillée par son habile lieutenant, il aurait empêché le désastre de Waterloo ; et rien n’est moins exact.

Ce que nous avons dit précédemment suffirait pour le prouver. Il convient, cependant, de préciser davantage, d’examiner les faits et les probabilités, en se plaçant dans les circonstances même de temps, de distance, de terrain où se trouva le maréchal ; circonstances inexactement rapportées ou complètement méconnues par ses critiques.

Gérard proposa de marcher sur Mousty lorsque le bruit intense du canon annonça qu’une bataille s’engageait vers Mont-Saint-Jean. Il était donc midi ou un peu plus ; car ce fut à cette heure-là seulement que la canonnade devint violente par l’ouverture du feu de la grande batterie placée à l’aile droite de Napoléon (Gérard dit que ce fut à 11 heures 30 qu’il donna son conseil à Grouchy – Dernières observations, p.50 - ; mais dans l’extrait d’une lettre du général Valazé, qu’il publie ensuite – p.31 et 32 -, on lit que ce fut au moment où se fit entendre « une épouvantable canonnade.» Or, la canonnade de Waterloo ne devint très forte, on le sait, qu’à midi passé. La différence d’une demi-heure est, du reste, ici de faible importance ; on va le voir.).

Le corps d’Exelmans était alors, partie à Neuve-Sart, partie vers Dion-le-Mont ; celui de Vandamme à Nil-Saint-Vincent ; celui de Gérard atteignait Sart-lez-Walhain ; Pajol et Teste s’avançaient de Grand-Leez sur Tourinnes.

Le conseil de Gérard, exposé par lui-même, fut « d’envoyer sur-le-champ, l’ordre au général Vallin, qui, en éclairant la gauche, se trouvait plus rapproché de la Dyle, de se porter en toute diligence sur le pont de Mousty, d’y passer la rivière, et, une fois sur la rive gauche, de pousser des reconnaissances dans la directionde Chapelle-Saint-Lambert et de Frichermont, pour avoir des nouvelles des Prussiens. Le 3e corps (Vandamme), qui se trouvait à Nil-Saint-Vincent, aurait fait tête de colonne à gauche en se dirigeant également sur Mousty. Le 4e corps (Gérard) et la cavalerie d’Exelmans auraient suivi ce mouvement. En même temps, le général Pajol aurait reçu l’ordre de se rendre devant Wavre avec sa cavalerie et la division Teste ; ces troupes réunies auraient été chargées spécialement de repousser au-delà de Wavre la faible arrière-garde ennemie qui était restée sur la rive droite et ensuite d’observer le corps de Thielmann et de masquer notre mouvement sur l’armée de l’empereur. » (Dernières observations, etc. .Nous n’avons pas besoin de faire remarquer l’erreur de Gérad dans ces dernières lignes : à midi, trois corps prussiens étaient encore à Wavre ou auprès ; il y avait 18.000 hommes, ce qui n’était pas une faible arrière-garde, sur la rive droite de la Dyle ; et le corps de Thielmann devait partir, alors, pour marcher sur Couture. Quant à Pajol et Teste, dans la supposition où Gérard se place, seraient arrivés devant Wavre, Thielmann en aurait déjà été loin.).

Quel pouvait être le résultat de la manœuvre ainsi conseillée ?

(voir suite prochainement dès que possible )

L’avant-garde prussienne, qui était restée à Mont-Saint-Guibert presque toute la matinée, avait battu en retraite jusque vers la Baraque, où elle faisait ferme contenance devant Exelmans. Les ponts de Mousty et d’Ottignies n’avaient pas été détruits ; ils n’étaient pas gardés ; Vallin pouvait donc aller les saisir facilement et assez promptement. Cela n’est pas douteux.

A Nil-Saint-Vincent, Vandamme se trouvait en ligne droite à deux lieues et demie, sinon plus, par les traverses à suivre. Il aurait reçu l’ordre de changer et aurait changé de direction à 12 heures 30, ou un peu plus tard ; les chemins étaient autrement bien plus difficiles que ceux qu’il venait de parcourir de Gembloux à Nil-Saint-Vincent ; il serait donc arrivé sur Mousty et Ottignies vers 17 heures, au plus tôt. (Pendant un long exil, le génarl Lamarque eut le loisir de visiter le théâtre des opérations de Grouchy. Voici ce qu’il dit du terrain qu’auraient eu à parcourir Vandamme et Gérard pour se porter de Nil-Saint-Vincent et de Sart-lez-Walhain sur Mousty et Ottignies : « Le terrain offrait de grandes difficultés : on est tout étonné de trouver dans cette partie des montagnes élevées, des ravins profonds, enfin comme une espède de contre-forts des Alpes et des Pyrénées, à travers lesquels il eût été difficile de traîner l’artillerie. » Mémoires du général Lamarque.-Notice sur les cent-jours).

Gérard, qui, à Sart-lez-Walhain, en était plus éloigné, mais, qui, par compensation, aurait commencé son mouvement un peu avant Vandamme, aurait franchi la rivière vers 18 heures.

A Mousty, on se serait trouvé à deux lieues et demie en ligne droite, à plus de trois lieues encore de Plancenoit par les traverses à prendre ; traverses très mauvaises. Il aurait donc été impossible à l’infanterie de paraître sur le champ de bataille de Napoléon avant 21 heures 30 ou 22 heures. Or, à ce moment, le désastre, on l’a vu, était déjà complet. Grouchy ne serait arrivé que pour s’y faire envelopper.

Quinze ans après le funeste événement, Gérard, écrivant dans l’irritation d’un violent dévat, a avancé qu’on aurait pu arriver « à Chapelle-Saint-Lambert ou Frichermont vers quatre heures et demie » ( Dernières observations, etc., p.31) ; puis, par grande concession, qu’on aurait pu y parvenir, au moins, « à sept heures et demie » ; et, a-t-il ajouté, « en nous montrant alors à l’ennemi, en faisant diversion aux attaques qu’il dirigeait contre la droite et les derrières de notre armée, surtout en le plaçant lui-même entre deux feux…,on voit que nous pouvions, non-seulement prévenir les désastres de la journée, mais que nous aurions placé l’armée prussienne elle-même dans la plus critique des positions. » ( Dernières observations, etc., p.37).

Ces assertions, corroborant l’accusation lancée par Napoléon, contre Grouchy, ont trouvé généralement créance.

Cependant, elles ne supportent pas la critique.

Gérard s’appuie sur une inexactitude ; il dit que « de Sart-lez-Walhain à Chapelle-Saint-Lambert ou Frichermont, il n’y a plus de quatre lieues »( ( Dernières observations, etc., p.31.A cette brochure de Gérard se trouve jointe une carte très inexacte du théâtre des opérations de Grouchy.) tandis qu’en ligne droite, il y en a plus de quatre et demie entre les deux premiers points, et plus de cinq lieues et demie entre le premier et le dernier, ce qui, par chemins, en donne plus de six pour la plus courte de ces distances. Cette rectification suffit tout d’abord pour prouver l’impossibilité de parvenir à Chapelle-Saint-Lambert, vers 16 heures 30.

Mais Gérard, concédant qu’il aurait bien pu être 19 heures 30 quand on y serait parvenu, n’a pas encore assez concédé.

20.000 hommes et plus d’infanterie, traînant avec eux de l’artillerie, n’auraient pas franchi une distance de six lieues, entre midi et 19heures 30, à travers tant de défilés, dan l’état affreux où la pluie avait mis les chemins à parcourir. On n’en trouve la preuve dans la lenteur forcée de la marche des corps prussiens qui allèrent de Wavre à Plancenoit et à Papelotte ; dans la lenteur aussi de celle de Gérard lui-même et de Vandamme, le 17 juin et dans la matinée du 18, ces deux généraux avaient mis sept heures, « en marchant aussi vite qu’il était humainement possible » (Quelques documents sur labataille de Waterloo, par le général Gérard) pour se rendre de Ligny à Gembloux ; ils en avaient mis quatre pour aller de Gembloux à Sart-lez-walhain.

Il importe, d’ailleurs, de faire observer que, si Grouchy eût marché sur Chapelle-Saint-Lambert et y fût arrivé à 19 heurs 30 même, comme Gérard avance que cela était possible, il aurait fait un mouvement inutile ; car il s’y serait trouvé séparé du champ de bataille de Napoléon par plus d’une lieue et par les défilés si difficiles du ruisseau de Lasne. C’eût donc été, non sur Saint-Lambert, mais sur Frichermont ou Plancenoit, qu’il aurait dû se diriger tout d’abord, ce qui aurait rallongé sa route d’une lieue et remis, au compte de Gérard lui-même, à 21 heures son entrée en ligne vers l’un ou l’autre de ces points.

A moins de négliger absolument les circonstances de temps, de distance, de terrain ; à moins d’admettre que les troupes prussiennes, malgré leur ardeur, malgré les excitations de leurs chefs et du canon, n’ont pas marché aussi vite qu’elles le pouvaient ; à moins d’admettre que Gérard n’a pas dit vrai en donnant pour motif péremptoire à la lenteur de son mouvement, le 17, la difficulté extrême des chemins ; que Vandamme et lui n’ont pas marché, dans la matinée du 18, aussi vite qu’ils l’auraient pu, il est impossible, on le voit, de croire aux assertions formulées contre Grouchy par son lieutenant et inconsidérément répétées par tant d’écrivains.

Mais il y a plus : c’est qu’en acceptant pour aussi bien fondée qu’elle l’est mal, l’affirmation de celui-ci sur le temps nécessaire pour atteindre Frichermont ou Plancenoit, il n’en résulte nullement que le maréchal aurait pu exercer une influence heureuse sur le résultat de la bataille de Waterloo.

Gérard, en effet, calcule et conclut comme si Grouchy eût dû trouver la route absolument libre devant lui. Mais il en aurait été bien autrement ; cela ne saurait faire l’objet d’un doute. Sa manœuvre aurait indiqué à l’ennemi qu’il devait exécuter une manœuvre correspondante ; et il l’aurait exécutée.

A midi, on l’a vu, Bülow avait sa division d’avant-garde massée à Chapelle-Saint-Lambrt ; ses autres divisions cheminaient entre Wavre et ce point ; et deux de ses bataillons, douze de ses escadrons, aux ordres du colonel Ledebur, étaient restés sur la rive gauche de la Dyle, evrs la Baraque, en face d’Exelmans. A la même heure, Zieten partait de Wavre, se dirigeant sur Fromont et Ohain, en laissant trois bataillons et trois escadrons sous le colonel Stengel, en observation sur Limal. A la même heure encore, les deux premières divisions de Pirch 1er, ayant passé la Dyle, s’avançaient vers Chapelle-Saint-Lambert, sur les traces de Bülow ; ses deux dernières divisions, une de ses brigades de cavalerie, celle de Sohr, s’ébranlaient pour les uivre ; et Thielmann allait se porter sur Couture, direction de Plancenoit, confiant la défense de Wavre à une faible arrière-garde.

Les mouvements d’Exelmans, sa réunion à la division Vallin, puis l’arrivée de Vandamme à la Baraque, enfin la marche sur Wavre, firent modifier l’ordre de Blücher, en vertu duquel agissaient les généraux prussiens.

Bülow, Zieten, les deux premières divisions de Pirch 1er continuèrent leur route ; les colonels Ledebur, Stengel, les deux dernières divisions de Pirch 1er, Sohr, Thielmann suspendirent leur marche ; mais, à 16 heures, c’est-à-dire au moment même où Vandamme commençait l’attaque de Wavre, où Gérard paraissait sur les hauteurs de la Dyle, la marche interrompue était reprise ; Thielmann et Stengel seuls restaient en face de Grouchy.

Voilà comment les choses se passèrent.

Cordialement à tous, Rodolphe
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MessageSujet: Grouchy pouvait-il éviter la défaite à Waterloo   Lun 2 Juil 2007 - 9:19

Bonjour à tous,

Extraits du livre de A. Grouard « La critique de la campagne de 1815 » : de la page 187 à la page 191.

Grouard émet quelques hypothèses sur un éventuel mouvement de Grouchy vers Mont-Saint-Jean

Je me suis permis d’ajouter quelques faits "contestés" entre [ } mais sans réel commentaire de ma part en espérant que les suppositions de Grouard susciteront des observations ou des remarques.

« Pour nous, il ressort manifestement de l’exposé des faits que si dans cette journée Grouchy n’a pas cherché à se rapprocher du principal champ de bataille, c’est bien moins sa faute que celle de Napoléon. Il reste à savoir si, en cherchant à se joindre avec l’Empereur, il aurait pu modifier la tournure des événements. Pour apprécier les conséquences d’une pareille détermination, il faut faire intervenir la considération des heures.

1ère hypothèse de Grouard:

« Supposons d’abord que, dans la nuit du 17 au 18, dès qu’il apprend la marche des Prussiens sur Wavre, Grouchy, subitement illuminé, ait compris qu’ils voulaient aller joindre les Anglais à Mont-Saint-Jean et qu’il ait pris ses mesures pour marcher lui-même vers Napoléon.

[note de Rodolphe :Ne négligeons pas cependant que Grouchy ignore totalement que Napoléon est arrêté devant la forêt de Soignes , qu’il peut d’ailleurs le croire sur les Quatre-Bras où Napoléon, en le quittant sur le champ de bataille de Ligny, lui avait annoncé vouloir livrer bataille et y établir son QG, que Napoléon ne semble pas lui-même certain, dans cette nuit, que Wellington acceptera la bataille à Mont-Saint-Jean mais pourrait profiter de l’obscurité et de la proximité de la forêt de Soignes pour traverser cete dernière ; que Grouchy est lui-même dans l’incertitude de la direction générale de l’armée prussienne : Wavre ou vers Liège].

"Ses troupes étaient autour de Gembloux, sauf Pajol qui était au Mazy sur la route de Sombreffe à Namur. Il pouvait les mettre en marche à 4 heures du matin en utilisant plusieurs routes. Gérard, qui était encore en deçà de Gembloux, aurait conduit le gros de ses forces par Gentinnes, Villeroux et Cout-Saint-Etienne sur Mousty ; la troisième division marchait par Cortil et Mont-Saint-Guibert sur Ottignies avec une division de Vandamme et d’Exelmans, il aurait pris la direction de Wavre pour couvrir le mouvement et dissimuler, ayant l’ordre d’attaquer les Prussiens s’il les rencontrait en deçà de la Dyle, mais sans se compromettre. Quant à Pajol, le plus simple était de le ramener à Napoléon par la grande route de Sombreffe. Une fois à Genappe, il aurait fait ce qu’il aurait voulu. Il pouvait, par exemple, le porter sur Maransart afin de se relier rapidement avec Gérard arrivant par Mousty.

Dans ces conditions, Gérard, bien protégé sur son flanc droit, et malgré le mauvais état des chemins, n’ayant que 15 kilomètres à faire, serait arrivé facilement à Mousty à 9 heures, alors que la colonne centrale atteignait Otignies ; il eût été à Maransart avant midi, couvert au delà de la Dyle par les dragons et la division du 3e corps qui prenaient position dans la direction de Chapelle-Saint-Lambert.

D’ailleurs, une fois le passage de la Dyle assuré, Vandamme n’avait plus rien à faire sur Wavre ; vers midi, il pouvait lui-même marcher sur Ottignies et y passer la Dyle. Dans l’après-midi, toute les troupes de Grouchy pouvaient donc être dans la main de Napoléon et intervenir dans la bataille.

Cependant CHARRAS prétend que de semblables dispositions n’auraient rien changé aux résultats de la journée. Or, nous croyons cette appréciation fort contestable ; pour la soutenir, Charras s’appuie sur cette considération que Grouchy n’ayant que 35.000 hommes à opposer aux Prussiens qui étaient au nombre de 90.0000 hommes n’aurait pas réussi à les arrêter ; qu’avec la moitié de leurs forces, ils l’auraient contenu sur la Dyle, tandis que l’autre moitié aurait marché aux Anglais, et que, comme en réalité il n’en est pas arrivé davantage sur le champ de bataille de Waterloo, rien n’eût été changé à la défaite de l’armée française, si ce n’est que Grouchy lui-même aurait été entraîné dans la déroute.

Mais il est facile de répondre que sans doute s’il avait fallu avec 35.000 hommes livrer bataille à 90.000 Prussiens bien concentrés, Grouchy ne pouvait avoir aucun espoir de les contenir ; mais, en réalité, il s’agissait de bien autre chose.

Ce qu’il fallait seulement c’était de contenir les têtes de colonne des Prussiens assez longtemps, pour laisser à Napoléon la libre disposition de toutes ses forces contre les Anglais, jusqu’à ce qu’il les eût battus.

Or,il est à peu près certain que la tâche ainsi limitée pouvait être remplie. D’abord, il est hors de doute que les ponts de la Dyle de Mousty et d’Ottignies auraient été enlevés presque sans coup férir, car Blücher n’aurait été prévenu QUE PAR l’arrivée de la colonne centrale à Mont-Saint-Guibert où se trouvait l’arrière-garde du colonel Ledebur. Comme les Français n’y seraient arrivés que vers 7 heures, Blücher n’aurait connu leur marche que vers 9 heures, alors que la colonne de gauche avait déjà sa tête à Mousty. D’ailleurs, voyant en même temps la colonne de droite sur le chemin direct de Wavre par la Baraque, Blücher pouvait bien croire que celle qui arrivait par Mont-Saint-Guibert, avait aussi le même objectif. Ses premières dispositions n’auraient dons pas été probablement changées ; peut-être, un peu plus tard voyant Vandamme marcher aussi sur Otignies, il aurait porté contre lui Pirch et même Thielman ; mais alors il aurait été un peu plus de midi, et Gérard se serait déjà trouvé à Maransart, à portée de Napoléon, laissant Vandamme et Exelmans pour défendre le terrain pied à pied entre le ruisseau de LASNE et la DYLE . L’Empereur, de l’autre côté du ruisseau, pouvait opposer à Bülow Gérard rejoint par Pajol. Dans ces conditions, il avait au moins jusqu’à 6 heures du soir pour utiliser Lobau contre les Anglais, car Lobau seul avec la cavalerie de Domon a pu contenir Bülow jusqu’à la même heure, et il n’avait que 10.000 hommes, tandis que Gérard et Pajol en auraient eu plus de 15.000. Même en admettant toutes les fautes commises dans la première partie de la bataille, il est probable que Napoléon, rassuré par l’approche de Grouchy, n’aurait pas hésité à soutenir les cuirassiers par tout le corps de Lobau et une partie de la Garde ; et par suite qu’avant 5 heures les Anglais auraient été chassés de leur position. Il est même bien possible que dans ces conditions, en raison de l’arrivée tardive des Prussiens, Wellington se soit mis en retraite beaucoup plus tôt, en leur donnant rendez-vous sur Bruxelles, et c’est même ce qu’il aurait eu de mieux à faire ; car malgré les pertes qu’il aurait pu faire en se retirant, s’il se résolvait à la retraite assez tôt, il l’aurait exécutée ne ordre, à travers la forêt de Soignes ; les Prussiens de leur côté auraient évité la bataille ,et, le jour suivant, Napoléon se serait trouvé toujours avec110.000 hommes contre plus de 160.000 hommes.

Mais si malgré l’arrivée de Grouchy, Wellington [note de Rodolphe : Wellington et Blücher croyaient toutes les forces de Napoléon devant la forêt de Soignes, sauf un corps de 15.000 hommes tout au plus lancé à la poursuite de l’armée prussienne vers Gembloux puis vers Wavre] avait voulu tenir ferme il en aurait été sans doute tout autrement. La route directe de Bruxelles pouvait lui être interdite [note de Rodophe : voir cet objectif bien visé dans le plan de bataille initial de Napoléon, bien maintenu malgré « l’approche connue » de Bülow et encore bien résolu malgré l’intervention de ce dernier] , la séparation des Anglais et des Prussiens accentuée, et ces derniers forcés le lendemain à une retraite rapide et excentrique.

Nous croyons donc que si Grouchy s’était mis en marche à 4 heures du matin dans le but de se rapprocher de Napoléon, les résultats de la journée pouvaient être absolument transformés. Mais on comprend bien qu’il n’ait pas pris de lui-même une pareille détermination, car, ainsi que nous l’avons déjà fait remarquer, Napoléon seul possédait toutes les données du problème à résoudre ; et il faut reconnaître que si le soir du 17 il n’avait pas de motif d’appeler Grouchy, il en était tout autrement à partir de 2 heures du matin." [note de Rodolphe : suite à la dépêche envoyée par Grouchy et datée de Gembloux à 22 heures du soir le 17; Mais Napoléon n’y répondra que trop tardivement et il veut porter Grouchy sur Wavre en approuvant un mouvement de son aile droite par la mauvaise rive de la Dyle…] ]

Pour continuer le partage des écrits et des idées :

2ème hypothèse émise par GROUARD:
"Or, nous dirons maintenant que si pendant la nuit, l’Empereur eût prescrit à Grouchy de venir à lui, cela aurait encore suffi pour amener ce dernier en temps utile sur le champ de bataille. Supposons, en effet, l’ordre parti seulement à 3 heures du matin. Le porteur n’ayant que 30 kilomètres à faire, en grande partie par la route, serait arrivé à Gembloux à peu près vers 6 heures, admettons 6 heures et demie. Les troupes de Grouchy n’avaient pas encore bougé, sauf Pajol ; il pouvait les mettre en mouvement à 7 heures sur les trois chemins que nous avons indiqués plus haut, rappelant de suite Pajol sur Mont-Saint-Guibert derrière la colonne centrale. L’ensemble du mouvement était retardé de trois heures. Gérard arrivait à Mousty à midi au lieu de 9 heures, à Maransart avant 3 heures ( comprendre 15 heure ) ; on peut même admettre que l’on eût marché un peu plus vite, car le temps était devenu meilleur ; d’ailleurs Napoléon aurait été prévenu de son approche bien plus tôt, car Grouchy pouvait lui faire connaître ses dispositions par un officier qui l’aurait rejoint avant midi. Il est hors de doute que rien n’aurait empêché Gérard d’exécuter son mouvement, car il aurait été protégé sur son flanc droit par la colonne de Vandamme et ensuite par Pajol qui aurait passé la Dyle à sa suite. Avant midi, Napoléon aurait donc su que Gérard serait vers 2 heure et demie à Maransart et, s’il le voulait, vers 3 heures 30 à Plancenoit. Dans ces conditions, l’apparition des Prussiens ne l’empêchait pas de disposer de presque toute son armée contre es Anglais : il suffisait d’envoyer au-devant de Gérard, la cavalerie de Subervie afin d’entrer rapidement en relation avec lui et de faire occuper Plancenoit par quelques bataillons de la Gard. Le reste ainsi que le corps de Lobau pouvaient être employés à appuyer les attaques de d’Erlon et des cuirassiers et, par conséquent, Napoléon avait encore le moyen de battre les Anglais avant 5 heures.

Voilà ce qui était possible, si l’arrivée de la dépêche de Grouchy à 2 heures du matin avait éclairé l’esprit de Napoléon. Au contraire, convaincu a priori, qu’à la suite de la bataille de Ligny les Prussiens étaient incapables de rentrer en ligne avant plusieurs jours, il n’eut pas un instant l’idée qu’ils allaient essayer de se rapprocher de suite aux Anglais. [ Note de Rodolphe : faudrait-il pousser l’imagination que Soult, « trahissant », n’ait pas communiqué les dépêches de Grouchy à Napoléon ou plutôt les lui aurait donnés « sciemment » trop tardivement ? Il reste que Napoléon, répondant « très tardivement » aux deux dépêches de Grouchy, lequel ne lui a rien caché de son approche ou de sa compréhension personnelle de la situation, approuve les directions d’exploration prises par son aile droite et affirme, avant de la confirmer par la suite dans une autre lettre plus tardive encore, le mouvement sur Wavre et non sur Mont-Saint-Jean parce que tout simplement il persistera trop longtemps dans l’idée préconçue qu’il n’avait pas besoin de Grouchy et dans son idée que les Prussiens ne pouvaient pas être immédiatement menaçants dans sa lutte contre les Anglais.

Quant à Grouchy, il n’avait pas plus de raison de marcher vers Napoléon à 7 heures du matin qu’à 4 heures, et l’on comprend bien que n’ayant reçu aucun ordre malgré les renseignements qu’il avait envoyés à Napoléon, il ait pris le parti de suivre les Prussiens sur Wavre."

La Troisième hypothèse sera donnée PROCHAINEMENT.

Cordialement à tous, Rodolphe.

suite des extraits de Charras

3e hypothèse émise par Grouard ( extraits page 191 « La critique de la campagne de 1815 »

"Enfin, il nous reste à examiner ce qui aurait pu arriver si, cédant aux sollicitations de Gérard, Grouchy eût marché au canon de Mont-Saint-Jean quand i était à Walhain vers 11 heures et demie. Vandamme était sur Nil-Saint-Vincent, Exelmans un peu plus loin, le corps de Gérard en-deçà de Walhain, Pajol vers Tourinnes. Il convenait de marcher en deux colonnes , Gérard par Mont-Saint-Guibert sur Mousty, Vandamme et Exelmans, partie sur Ottignies, partie sur Wavre, pour attirer l’attention des Prussiens de ce côté ; Pajol aurait été rappelé de suite sur Mousty. Prenant le temps de donner les ordres, le mouvement n’aurait pas commencé avant midi et Gérard ne serait pas arrivé à Mousty avant 4 heures ( soit 16 heures ) ; il en aurait été plus de 6 quand il aurait atteint Maransart. Il est vrai que Napoléon aurait pu être prévenu entre 4 et 5 heures : mais ce qu’il aurait su, c’est que Gérard ne pouvait être à Plancenoit avant 7 heures.

Cela n’aurait pas empêché Lobau d’être occupé par les Prussiens ainsi qu’une partie de la Garde. Napoléon aurait peut-être pu avancer la dernière attaque contre les Anglais d’une heure en y employant quelques bataillons de plus, mais cela n’aurait pas changé sensiblement le résultat, car on admettant que les Anglais n’aient pas suffi à repousser cette dernière attaque , il ne faut pas oublier que Blücher arrivait, et que si les bataillons de la Garde avaient fait d’abord quelques progrès, ils auraient été vite arrêtés. En suivant l’avis de Gérard, Grouchy n’aurait donc pas donné à Napoléon le moyen d’obtenir la victoire ; tout ce que l’on peut admettre, c’est qu’en arrivant à Plancenoit Gérard aurait dégagé la droite de Napoléon, tandis que Grouchy avec Vandamme, Exelmans et Pajol auraient contenu Pirch et Thielman ; cette dernière tâche n’aurait pas été aussi facile, car il n’est pas douteux que, dès que Vandamme aurait abandonné la direction de Wavre, Thielman aurait appuyé Pirch, et les deux corps prussiens étaient très supérieurs aux forces françaises qui seraient restées à Grouchy sans Gérard. Toutefois, en utilisant bien le terrain, il pouvait arrêter ses adversaires, et Gérard pouvait servir de centre de ralliement à l’armée française en arrêtant la poursuite de Blücher.

Dès lors, l’armée françaises aurait pu exécuter sa retraite en bon ordre.

Voilà tout ce qu’aurait pu obtenir Grouchy en marchant au canon à partir de midi.

Quelques-uns, dont Charras, prétendent qu’il aurait été entraîné dans la déroute. Nous sommes d’un avis opposé, parce que les Anglais et les Prussiens étaient eux-mêmes épuisés, et nous croyons que Gérard aurait suffi à les contenir avec les quelques bataillons qui seraient venus se grouper autour de lui.

Nous pensons donc qu’en suivant le conseil de Gérard dont le bruit du canon montrait l’opportunité, Grouchy aurait encore été utile à Napoléon.

……………………En jetant, un coup d’œil d’ensemble sur les premières opérations de cette fatale journée, nous dirons donc que la cause première du désastre de l’armée française réside dans le manque de sagacité de Napoléon, qui n’a pas prévu l’arrivée des Prussiens, alors qu’il avait tant de bonnes raisons d’y penser. C’est cette erreur capitale qui l’a empêché d’appeler Grouchy à lui dans la nuit du 17 au 18 et c’est elle aussi qui l’a conduit à retarder l’attaque des Anglais jusqu’à midi ; autrement la considération du terrain n’eût pas été suffisante. …."

Etude très intéressante et bien construite que l'on partage ou non l'ensemble. A vos commentaires, merci.


Cordialement, Rodolphe.
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Rigoumont
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MessageSujet: Re: Grouchy pouvait-il éviter la défaite de Napoloén à Waterloo?   Mar 24 Juil 2007 - 22:50

Bonjour Rodolphe,

Le sujet m'intéresse fortement. Je vais prendre le temps de lire tous vos messages et je répondrai ensuite.

Je ne suis pas sûr de le faire avant mon retour de vacances mi-août.

A bientôt,

Richard.
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Rigoumont
Curieux


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MessageSujet: Re: Grouchy pouvait-il éviter la défaite de Napoloén à Waterloo?   Dim 19 Aoû 2007 - 19:31

Bonjour Rodolphe,

Une première petite réflexion:

En admettant un mouvement de Grouchy depuis Gembloux vers Mousty puis Mont-St-Jean en parallèle (ou en "convergence" plutôt) avec celui des Prussiens depuis Wavre; je ne crois pas qu'il soit correct d'estimer qu'une grande bataille de 160000 contre 100-110000 hommes ait eu lieu.

En effet, le déroulement de la bataille nous apprend que le 2e corps prussien (Pirch) qui suivait le 4e (Bülow) n'est engagé que vers 19h30 soit 3 heures après le 4e.
Ces 3 heures représentent le temps d'écoulement du 4e corps sur les chemins le menant au champ de bataille et ne peuvent être éludées.

Le 1er corps (Zieten) passant par un chemin plus au Nord et ayant laissé passer le 4e à Wavre (c'est le seul corps "frais", Blücher le place très logiquement en tête), n'arrive que vers 19h00 sur le champ de bataille et, sans l'arrivée de Grouchy à Wavre, aurait été suivi du 3e corps.

Par déduction, on peut estimer que les chemins empruntés permettent le passage de 10000 hommes/heure donc il faut 5h - 5h30 pour que les 4e et 2e corps soient au complet et 4h - 5H pour les 1e et 3e corps.
L'armée prussienne au complet n'aurait donc pas été déployée sur le champ de bataille avant 23h ou minuit!

En faisant marcher Grouchy par Mousty dès l'aube, il aurait été déployé sur le champ de bataille en fin d'après-midi.

Ce que je veux dire c'est que, SI on fait l'hypothèse d'une bataille générale, tout le détachement de Grouchy aurait pu y participer alors que les fait historiques nous montrent que les Prussiens ne pouvaient pas engager plus de 50000 hommes avant la nuit, ce qui donne des statistiques bien plus équilibrées (donc favorables à Napoléon).

Toutefois, je ne crois pas beaucoup aux "histoires alternatives" car l'enchaînement des événements est souvent très complexe et c'est lui qui conditionne ces événements...

Il me semble que Napoléon était plutôt dans le doute ce qui a occasionné de longs délais quant à la rédaction et la transmission des ordres notamment vers Grouchy le 16, le 17 et le 18.
Ce doute est, par ailleurs, bien compréhensible puisqu'il mène campagne à 4 contre 7 et que battre partiellement l'un des ennemis ne suffit absolument pas à lui garantir l'avantage dans le combat suivant or, vu la situation politique en France, il ne peut pas se permettre de perdre une bataille...

Je pense aussi qu'il (Napo) souffre d'un complexe de supériorité vis-à-vis de ses lieutenants (Ney, Soult,...) qui ont combattu Wellington en Espagne. Leurs mises en garde sur les qualités de l'armée "britannique" ne sont, pour lui, que le reflet de leur incapacité à trouver une solution contre un ennemi qui ne peut "qu'être inférieur à l'homme qui a vaincu l'Europe pendant 15 ans"...

Cordialement,

Richard.
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rodolphe
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MessageSujet: Grouchy pouvait-il éviter la défaite de Waterloo ?   Jeu 27 Sep 2007 - 4:39

Bonjour Rigoumont,

Votre intervention ( pour ne pas dire vos posts ) est encore pertinente.

Une rapide réponse à votre questionnement-constat.

Votre calcul me paraît très précis et correspond aux analyses de plusieurs historiens ou écrivains militaires.

Je crois que Grouchy aurait pu aussi intervenir en temps utile dans la bataile de Waterloo mais cela a été rendu impossible par le seul fait qu'il a ( selon ses propres informations sur les mouvements des Prussiens se repliant devant lui - vers Bruxelles par wavre -ou vers l'est ) et devait continuer ( selon l'ordre formel de Napoléon du 18 ) la poursuite sur Wavre par la rive droite de la Dyle ( direction par Corbaix reconnue finalement conforme à la pensée impéraile ) au lieu de maneouvrer par la rive gauche. Cette possibilité existait et pourvait se réaliser si Grouchy avait fait mouvement dès le matin en traversant la Dyle ( ce qui lui aurait permis de couper la route aux corps de Bülow et de Pirch 1er ) en le précédant - peut-être - et en occupant les défiles de Lasne ( il lui suffisait - peut-être- de se positionner pour empêcher ou retarder les têtes des colonnes prussiennes de déboucher ou d'appuyer Wellington en temps opportun sur le champ de bataille; même en l'opérant, plus tardivement dans la matinée, aurait-il pu espérer suprendre et faire une diversion suffisante pour détourner une bonne fraction des troupes prussiennes de Bülow et ou de Picrh 1er déjà engagées ou devant s'engager contre Plancenoit même si l'on peut admettre que Grouchy aurait pu se trouver lui-même arrêter devant les défilés de Lasne. Mais dans ce dernier cas, Napoléon pouvait également détacher une fraction de ses forces pour soutenir l'action de Grouchy ( c'est d'alileurs ce que Napoléon a cru pouvoir faire à partir de l'après-midi du 18 - l'esprit de Napoléon est encore là mais encore trop tard ). Napoléon aurait pu songer à faire obstacle lui-même à Bülow en faisant occuper les défilés de Lasne pour se donner l'espace et le temps nécessaires pour espérer battre Wellington ou l'obliger à se retirer FAUTE D'UNE INTERVENTION RAPIDE, MASSIVE ET PUISSANTE DE BÜLOW dans sa bataille. . Blücher - bien plus vieux - ne s'y est pas trompé et n'a pas hésité - profitant de l'aubaine - à y précipiter les deux premières brigades de Bülow.

Mais pour que le mouvement de Grouchy puisse être efficace, il fallait que Napoléon ne lui indique pas trop tardivement la position de l'armée anglo-batave devant la forêt de Soignes ( Grouchy pouvant le croire PLUS AU SUD - Napoléon, en le quittant sur Ligny, lui avait parlé d'établir son quartier-général sur les Quatre-Bras le 17, ou seulement à peine engagé sur la route de Bruxelles s'il avait eu d'abord à livrer bataille contre Wellingtoncome il le lui avait annoncé - et que Napoléon l'attire à lui en croyant à une intervention prochaine des Prussiens sur Mont-Saint-Jean ( les informations données par Grouchy - quoique encore incomplètes dans la nuit du 17 au 18 - et les siennes propres ( présence d'une forte colonne prussienne en flanc de l'armée et seulement supposée en retraite sur Wavre ) laissaient trop fortement présager à un retour offensif possible d'une fraction de l'armée prussienne pour le négliger : le mouvement utile pour Napoléon, autant vers Bruxelles par Wavre que vers Mont-Saint-Jean, était de porter Grouchy sur la rive gauche de la Dyle et non de le maintenir sur la rive droite.

Mas Napoléon ne songe qu'à Bruxelles et un mouvement très probable des Prussiens sur ce point. Son esprit a déjà battu Wellington avant même d'engager la bataille : la lutte sera rapidement menée; mieux vaut ne pas perdre les traces enfin retrouvées d'une fraction importante des Prussiens supposés devoir s'arrêter sur Wavre avant de poursuivre leur retaite vers Bruxelles où Grouchy doit se porter au plus¨tôt et au plus vite( donc par Corbais ). Courir après deux lièvres à la fois.......

Il est vrai que les Prussiens auraient pu agir selon les événements et que Blücher était plus que résolu à apporter son soutien le plus actif à Wellington. IL DISPOSAIT DE SUFFISAMMENT DE FORCES POUR ENVISAGER DE COMBATTRE GROUCHY ET NAPOLEON. MAIS IL EST AUSSI VRAI QUE LES PRUSSIENS N'AURAIENT PU DISPOSER DE TOUTES LEURS FORCES AVANT LA NUIT, SAUF S'ILS AVAIENT MARCHE PLUS TÖT QU'ILS NE LE FERONT - EN SE CONFORMENT TROP SCRUPULEUSEMENT AUX INSTRUCTIONS TRES PRUDENTES DU CHEF D'ETAT-MAJOR PRUSSIEN (Gneisenau) - DES QUE LE BRUIT DU CANON AURAIT ETE ENTENDU SUR MONT-SAINT-JEAN ( c'était le signal attendu pour les autres corps d'armée prussiens ). Il est vrai aussi que Wellington était en mesure de rompre la bataille car ses dispositions de bataille s'y prêtaient merveilleusement ( arc de cercle ) et que les dispositions de Napoléon pour engager brutalement la bataille ( tous les feux aderses ne peuvent que cnoverger sur les assaillants ) ne pouvaient que les favoriser comme il est aussi vrai que Wellington est décidé à s'engager à fond d'autant plus que ¨Blücher va lui apporter le renfort, non pas d'un corps d'armée, mais de toute son armée et qu'il est convaincu - il le restera bien plus tard malgré son admiration non feinte pour Napoléon - qu'il est en mesure de contenir les assauts furieux et violents de l'armée française.

Il et aussi vrai que Wellington a cru Napoléon plus fort numériquement qu'il ne l'était en réalité, que Napoléon n'a pas manoeuvré le front anglo-batave et que Napoléon n'a ni attiré Grouchy à lui ni cherché à arrêter efficacement Bülow dans les défilés de Lasne alors que seulement près de 50.000 Prussiens ne se trouveront en mesure d'intervenir directement ou en soutien direct des brigades réellement engagées dans la bataille.

Je vais tâcher de vous transmettre des extraits de livres parlant sur ce sujet précis dès que j'en trouverai le temps.

Cordialement, Rodolphe.

PS: Il me semble que vous demeurez près de la Butte du Lion; n'hésitez à vous rendre à la bibliothèque du Caillou ( 1er étage ) : l'acceuil est très sympa. Voir AUSSI Francky Simon à la Bibliothèque Royale de Bruxelles
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Grouchy pouvait-il éviter la défaite de Napoloén à Waterloo?
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